L'heure du choix pour la droite

Afin d’éviter toute contestation, le décompte des voix sera réalisé par la Haute autorité. [CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / POOL / AFP]

Les sept candidats abattent leurs ultimes cartes à deux jours d’un scrutin à l’issue incertaine, conditionnée par la mobilisation des électeurs. 

L’heure du choix. Au lendemain d’un troisième débat offensif, les sept candidats à la primaire de la droite entament leur sprint final, au terme d’une campagne tendue. A deux jours du premier tour, entre les déplacements et les meetings dans toute la France, ils n’ont désormais plus que quelques heures pour changer la donne. Car, le scrutin, qui semblait vaincu d’avance il y a encore quelques semaines, s’annonce en réalité beaucoup plus serré que prévu.

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Les écarts se resserrent

Pour le duo de tête, c’est l’inquiétude qui domine. En effet, longtemps en avance sur ses concurrents, Alain Juppé accuse ces dernières semaines une baisse notable dans les sondages. Si bien que, selon une enquête Ipsos-Storia parue jeudi, il serait désormais crédité de 36 % d’intentions de vote. Soit seulement sept points de plus que son principal concurrent, Nicolas Sarkozy.

Ce dernier mène d’ailleurs une fin de campagne offensive, avec deux meetings cette semaine à Nîmes et à Nice, territoires à fort vote FN, sur les thèmes de la sécurité et de l’identité. L’objectif : rattraper son retard sur le maire de Bordeaux. Mais, crédité de 29 % dans les sondages, l’ex-président de la République a subi un coup de pression inattendu cette semaine.

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En cause, la remontée spectaculaire de François Fillon, en hausse de dix points. Avec 22 % d’intentions de vote, l’actuel troisième homme pourrait bien faire basculer la primaire à son avantage. D’autant qu’une récente étude Opinionway le donne gagnant au deuxième tour, s’il y parvient, et ce quel que soit son adversaire.

Seule certitude : l’issue de la primaire dépendra du nombre d’électeurs qui se déplaceront. C’est sur ce point que comptent s’appuyer les autres candidats, Bruno Le Maire en tête. Avec 7 % d’intentions de vote, tout l’enjeu sera pour lui, comme pour Nathalie Kosciusko-Morizet (3 %), Jean-Frédéric Poisson (2 %) et Jean-François Copé (1 %), de marquer leur singularité. Avec, à la clé, un ralliement et l’espoir d’un portefeuille régalien en cas de victoire de la droite en 2017.

Le risque de divisions

Après cette lutte interne, tout l’enjeu sera de rassembler. Les candidats craignent en effet un nouveau déchirement de la droite, comme ce fut le cas lors de l’élection entachée de fraudes pour la présidence de l’UMP, en 2012. D’autant que la campagne de la primaire a été marquée par des propos particulièrement violents entre les concurrents.

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Afin d’éviter toute contestation, le décompte des voix sera ainsi réalisé par la Haute autorité, et par les représentants des candidats, qui mèneront un dépouillement en parallèle. Le risque de divisions est d’autant plus crucial que le vainqueur de la primaire sera directement menacé par Emmanuel Macron, déclaré candidat pour 2017 cette semaine, dont le discours séduit un grand nombre de centristes et de déçus de la politique «traditionnelle». 

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