Fillon fait son mea culpa sur la Sécu et parle d'Assad comme d'un «dictateur»

François Fillon lors de ses voeux à la presse le 10 janvier 2017 à Paris [THOMAS SAMSON / AFP] François Fillon lors de ses voeux à la presse le 10 janvier 2017 à Paris [THOMAS SAMSON / AFP]

François Fillon s'est efforcé mercredi de relancer sa campagne en faisant son mea culpa au sujet de son projet de réforme de la Sécu, attaqué de toutes parts, et en mettant l'accent sur ses propositions en matière d'immigration.

Ni «bons», ni «clairs» sur la Sécu : une nouvelle fois, mercredi matin, François Fillon a tenté de clore l'empoisonnant procès instruit par ses adversaires coalisés contre son projet de réforme de l'assurance maladie. Sur BFMTV-RMC, l'ancien Premier ministre a redit avoir été «mal compris» sur ses propositions, pour partie «retirées» de son site internet. Il a rappelé avoir «lancé un débat avec l'ensemble des responsables de la santé, les médecins», avec de nouvelles propositions «avant la fin du mois de janvier ou début février».

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L'ex-locataire de Matignon, en baisse dans les sondages de premier tour, qui le qualifient toutefois toujours unanimement pour le second et le donnent net vainqueur de Marine Le Pen avec environ 30 points d'avance, a toutefois tenté de justifier de l'urgence de sa réforme. «On voit que (la Sécu) ne marche pas (...) Une simple épidémie de grippe est en train de paralyser le système. Ce qui montre que quand Madame Touraine explique que tout va bien, que tout est formidable, que c'est le programme de François Fillon qui menace la Sécurité sociale, ça n'a juste aucun sens», a-t-il accusé.

François Fillon à son arrivée aux vaeux à la presse le 10 janvier 2017 à Paris [Thomas SAMSON / AFP]
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François Fillon à son arrivée aux vaeux à la presse le 10 janvier 2017 à Paris

 

Outre ce mea culpa, François Fillon s'est aussi escrimé à éteindre des débuts d'incendie dans son propre camp: il a ainsi dit non à des députés de droite qui insistaient pour qu'il revienne sur la loi de 2014 renforçant les entraves au cumul des mandats. François Fillon a également renvoyé mercredi matin dans les cordes Laurent Wauquiez, vice-président du parti, qui lui demandait, plutôt que «du sang et des larmes», le retour de la sarkozyste défiscalisation des heures supplémentaires.

Assad ? Un «dictateur»

L'ancien Premier ministre a par ailleurs changé radicalement de ton au sujet de Bachar al-Assad, présenté en novembre comme le meilleur rempart contre le jihadisme pour les chrétiens d'Orient, et qualifié mercredi de «dictateur» et «manipulateur». Il s'en est en particulier pris aux médias français qui ont diffusé une interview du dirigeant syrien dans laquelle il jugeait «bienvenue» la position sur la Syrie du candidat de la droite.

Le président syrien Bachar al-Assad le 9 janvier 2017 à Damas  [HO / SANA/AFP]
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Le président syrien Bachar al-Assad le 9 janvier 2017 à Damas

Pour relancer une campagne qui connaît un faux plat depuis plusieurs semaines, François Fillon mise aussi sur le terrain, avec un déplacement mercredi après-midi dans les Alpes-Maritimes sur l'immigration et la sécurité. Dans Nice Matin et sur BFMTV-RMC, il a commencé à détailler ses propositions en la matière, plutôt consensuelles dans son camp : il faut «une immigration minimale et très contrôlée, répondant à nos besoins économiques et à nos capacités d'accueil et d'intégration», via des «quotas» annuels au Parlement «dans un débat démocratique transparent».

«Le nombre de visas qui ont été accordés en France depuis cinq ans n'a cessé d'augmenter, dans un pays qui a près de 6 millions de personnes qui sont inscrites à Pôle emploi, qui a près de 9 millions de pauvres», s'est justifié le candidat des Républicains.

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