La semaine de Philippe Labro : un maître incontesté, un film prometteur

Philippe Labro, écrivain, cinéaste et journaliste. [THOMAS VOLAIRE]

Philippe Labro est écrivain, cinéaste et journaliste. Chaque vendredi, pour Direct Matin, il commente ce qu'il a vu, vécu et observé pendant la semaine. Un bloc-notes subjectif et libre.

 

MARDI 16 DÉCEMBRE

Comme 236 000 personnes l’ont déjà fait (on observe une moyenne de 4 100 visiteurs par jour), je vais à la découverte de Hokusai (1760-1849), au Grand Palais, à Paris. On est littéralement stupéfait, captivé, envoûté, impressionné par l’œuvre de celui qui fut, sans conteste, le plus grand artiste du Japon, qui se définissait lui-même comme un «fou de dessin». Ses portraits, paysages, estam­pes, croquis – plus de 500 pièces – sont présentés grâce à une scénographie et une pédagogie d’une immense habileté.

On va de salle en salle et de période en période de sa vie (six), rencontrer la finesse, la délicatesse du trait, l’utilisation, entre autres couleurs, du bleu de Prusse, tout ce qui, lorsque l’Occident et plus particulièrement la France, le découvrit, aura contribué au «japonisme». La série des Trente-six vues du Mont Fuji et celle de Voyages au fil des cascades des différentes provinces possèdent une force, une agilité sans pareil. Je ne sais que retenir de toutes ces merveilles, devant lesquelles, au milieu d’écoliers et lycéens ébahis, je me suis arrêté : ces carpes et moineaux, ces orchidées, ce tigre qui regarde la lune, ces lacs, cette mer, ces vagues, ce ciel, ces soleils, ces "belles à leurs miroirs", ce garçon balayant des feuilles d’érable tombées… Il vous reste un mois pour profiter de ce cadeau : l’exposition s’arrête le 18 janvier 2015.

 

MERCREDI 17 DÉCEMBRE

Ça y est ! Voici le "feel good movie" de la saison. Nos confrères du Parisien ne s’y sont pas trompés, consacrant leur une au film français La famille Bélier, dont, il y a encore un mois, peu de gens avaient entendu parler. Mais il bénéficie d’un bouche à oreille flatteur, grâce à une avalanche de messages sur les réseaux sociaux. Ceci annonce que cette histoire, inspirée d’une situation réelle, celle d’une jeune fille seule capable d’entendre dans une famille de sourds, devrait connaître le succès.

La notion du "feel good movie" ("un film qui fait du bien") avait été imposée par Intouchables. En période de crise, de morosité, de grisaille psychologique, un film dont on ressort plus heureux, s’il est bien construit et ne verse ni dans le sentimentalisme ni dans le mélodrame, mérite, en effet, l’attention. Ce fut le cas, autrefois, des grandes comédies de Frank Capra (La vie est belle, entre autres), qui, comme souhaite l’obtenir Eric Lartigau, le réalisateur, fabriquent ce petit miracle : un sourire sur les visages des spectateurs à la sortie.

 

JEUDI 18 DÉCEMBRE

Je bavarde avec Fabrice Luchini. Il me confie qu’il va entamer, début janvier, une série de lectures qui le conduira d’une toute petite salle en une salle plus grande, puis plus grande (de la Villette au Lucernaire pour aller aux Mathurins – et quoi, ensuite ?) pour un spectacle qu’il intitule Poésie ? – tout repose sur ce point d’interrogation.

Il dira du Rimbaud, du Baudelaire, mais, me dit-il, «n’y a-t-il pas de la poésie, aussi, chez Flaubert ou dans Molière ?» Ce sera le thème de ce qu’il appelle, de façon volontairement pudique, sa «prestation» – et pour laquelle, d’ores et déjà, les places s’arrachent. Il existe un engouement massif dont, à chacune de ses «prestations» (que ce soit une pièce de théâtre, un film, ou un spectacle seul), bénéficie mon ami Fabrice Luchini. Il n’y en a pas deux comme lui.

 

VENDREDI 19 DÉCEMBRE

Ultime chronique de l’année 2014. Nous nous retrouvons en janvier. Je vous souhaite bonheur et repos pour ce qu’on appelle les «fêtes de fin d’année» et que je préfère identifier comme «Noël» (oui ! Noël), et le nouvel an.

A bientôt.

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