Le jour où un avion est passé sous l’Arc de triomphe

Exploit acrobatique ou acte insensé ? [MUSEE DE L'AIR ET DE L'ESPACE LE BOURGET / AGENCE PRIEUR BRANGER]

Le 7 août 1919, c'est le jour où un avion est passé sous l'arc de triomphe. Exploit acrobatique ou acte insensé ?

 

En ce matin du 7 août 1919, l’audace dont a fait preuve un pilote d’avion est sur toutes les lèvres à Paris. Et pour cause, à 7h20, Charles Godefroy (1888-1958) vient de transgresser la loi en passant sous l’Arc de triomphe à bord de son biplan Nieuport XI.

Un vol interdit et inédit dans la toute jeune histoire de l’aviation. L’homme, qui est instructeur de vol dans l’armée de l’air, a pris tous les risques pour faire passer son petit avion de 7,52 mètres d’envergure, à une vitesse de 140 km/h, sous la grande voûte de l’édifice de seulement 29,19 mètres de hauteur et 14,62 mètres de large. Une prouesse encore inimitée à ce jour et réalisée non sans raison.

 

Une question de fierté 

Car Charles Godefroy a été choisi près de deux mois plus tôt pour réparer un affront que des militaires de l’armée de l’air n’ont pas digéré.

Cette rancœur est née lors des préparatifs du défilé du 14 Juillet sur les Champs-Elysées, le premier depuis la fin de la Der des ders. Considérés comme des héros, les aviateurs ayant servi notamment à Verdun en 1916 voulaient survoler l’avenue, mais ont été contraints de parader à pied aux côtés des autres soldats de la Marine et de l’armée de terre.

Un ordre venu de leur hiérarchie et vécu comme une insulte par les pilotes. Pour laver leur honneur, quelques-uns vont décider de préparer un coup d’éclat pour marquer les esprits lors de la fête nationale : «Voler sous l’Arc de triomphe» et prouver que les avions peuvent parader.

Cet acte symbolique échoit à Charles Godefroy, âgé de 30 ans, qui totalise alors 500 heures de vol. Mais l’as de l’aviation, qui se prépare en secret, ne sera finalement pas prêt pour le jour J. Sans se décourager, il s’entraîne en volant à très basse altitude à la campagne avant d’entrer dans l’Histoire le 7 août 1919.

 

 

Une aventure qui va diviser les Parisiens, tout comme la presse : Le Matin titrant en une «La téméraire prouesse d’un pilote» ou L’Humanité dénonçant «L’acte insensé d’un aviateur».

Charles Godefroy subit quant à lui le courroux de sa hiérarchie. Mis à la retraite, il ne sera reconnu qu’à sa mort en 1958 en étant décoré. Aujourd’hui, le fameux biplan Nieuport de Charles est à voir au musée de l’Air et de l’Espace dans l’exposition Les as de 14-18. 

 

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