Bruno Roblès : "Nos auditeurs sont exigeants"

[Vision by AG]

Sa bonne humeur est contagieuse. Tous les matins depuis 2010, Bruno Roblès réveille les auditeurs de RFM avec "Le meilleur des réveils" (6h/9h). Une matinale dans laquelle sa complicité avec sa co-animatrice Justine Fraioli fait des étincelles.

                    

Comment se porte la matinale de RFM ?

Très bien. Selon les derniers sondages, nous sommes le 1er morning musical adulte*. Donc on est super content. C’est toujours compliqué un format "adulte" parce que les auditeurs sont plus exigeants. Il faut leur donner une vraie valeur ajoutée – de l’information, des services, etc. – au-delà de la musique. Il y a ce côté éditorial qui est important et sur lequel nous travaillons tous les jours. La concurrence est rude, mais nos auditeurs sont fidèles.

 

Dans quel état d’esprit attaquez-vous votre émission chaque matin ?

Le piège à éviter, c’est la routine. Et c’est le risque quand on se lève car, à cette heure-là, les sentiments sont exacerbés. Quand on est fatigué, on est très fatigué. Quand on est content, on est très content, au risque de l’être trop, et l’antenne peut vite devenir un joyeux bordel (rire). Il faut savoir se tempérer, se donner un "coup de pompe dans le cul" parfois. Mais il faut que tous les matins, ce soit un renouveau, qu’on ait l’impression de refaire la première émission. Parce qu’il y a aussi des gens qui arrivent, et qui ne nous connaissent pas. Il y a comme un mouvement migratoire, comme les oiseaux, ça vient, ça part.

J’assimile toujours l’auditoire à des oiseaux. Pour la simple et bonne raison que, pour les apprivoiser, il faut avancer doucement avec eux. Si à un moment donné vous changez de route, ou vous les choquez, ils vont s’envoler comme une nuée de moineaux. Je pense que les auditeurs sont comme ça. Il faut les apprivoiser, et ceux qui ne vous connaissent pas, il faut leur expliquer rapidement dans quel univers ils se trouvent pour qu’ils se sentent à l’aise.

 

Quelle est votre manière de vous démarquer de la concurrence ?

Selon moi, ce qui fait la différence, c'est la déconne et notre complicité avec Justine (Fraioli, ndlr). On amène un côté jovial qui fait marrer les gens ! On se connaît depuis pas mal d’années maintenant, et cette amitié ne se fabrique pas. C’est quelque chose qui est là, ou pas.

Et en l’occurrence, avec Justine, ça fonctionne très bien. Parfois même trop. On peut avoir l’impression d’être dans une cours de récré à l’antenne. Mais c’est aussi ce que les gens attendent.

 

Justement, comment fonctionne votre binôme avec Justine Fraioli ?

Au début, c’est toujours pareil quand on est en couple avec quelqu’un. On fait "pipi la porte fermée". On cache ses travers parce qu’on est encore dans la séduction. Mais au fil des années, comme dans un vieux couple, on se connaît par cœur. Et d’un simple regard, on sait qui va faire quoi, qui va prendre la parole. C’est un mécanisme bien huilé. Et cela nous permet d’être dans un certain confort. Je pense qu’un duo fabriqué ne fonctionne pas. La réussite réside dans le fait qu’on se connaît bien. Et à partir de là, tout est possible.

On se chamaille, on n’hésite pas à raconter des petites anecdotes sur notre vie privée aussi, et les gens adorent ça. Les couples s’identifient souvent à nous. J’aime bien entretenir cette petite guéguerre entre les hommes et les femmes. La "guerre des sexes", c’est quelque chose qui fonctionnera toujours, que ce soit en plaisantant sur les travers des mecs, ou ceux des nanas. Et je pense que c’est ce qui donne son âme à l’émission.

 

Beaucoup disent que le rythme d’une matinale, qui vous oblige à vous lever en pleine nuit pour aller au boulot, n’est supportable que quelques années. Vous animez la matinale de RFM depuis 2010. Vous tenez le coup ?

Cela fait 26 ans que je fais ce métier. Et pendant cette période, les trois quarts des émissions étaient des matinales. Bon, il y a eu des coupures quand même (rires).  Je me suis retrouvé sur des tranches dîtes "civilisées", donc cela m’a permis de me refaire une santé. Le plus fatiguant reste la période automne/hiver, surtout à partir de novembre. Jusqu’en mars, c’est un tunnel. Il fait froid. Il fait nuit tout le temps. C’est un enfer (rires). C’est la partie la plus dure pour moi. Après, il faut avoir une bonne hygiène de vie.

C’est vrai que socialement, ce n’est pas la meilleure tranche pour ce faire des amis. Pour sortir non plus. De nombreuses fois, je suis invité à des cocktails ou à des soirées. Et je n’y vais pas. Ou je dis ‘ok, mais il faut que ça démarre à 19h !’. Donc ça fait un peu le mec qui fait ses mots croisés dans son coin avec son chat et son plaid, et qui regarde Questions pour un champion. Mais on est un peu obligé car à partir de minuit, on se transforme en citrouille. Il faut impérativement être au lit.

Moi je me couche pas plus tard que 22h, sinon, c’est mort. Si je vais au lit un quart d’heure ou une demi-heure plus tard, je peux vous assurer que je le sens le lendemain. C’est une enclume sur la tête pour se lever.

 

C’est un rythme difficile pour l’organisme…

Oui, un peu. Mais heureusement, on a une période de relâche d’un mois et demi car l’émission s’arrête en juin et ne reprend que fin août donc on a le temps de récupérer et de se reposer. Une fois que le réveil a sonné, le plus compliqué, c’est de poser le premier pied par terre alors qu’il est 5h du matin. Après ça, on est tous tellement content d’être là, on s’éclate tellement, que la fatigue passe au second plan.

 

Certaines rumeurs  - notamment celles autour du prochain jeu de France 2 Joker qui sera finalement présenté par Olivier Minne - annonçaient votre possible retour à la télévision… Qu’en est-il ?

J’ai effectivement fait le casting de ce jeu avec Benjamin Castaldi en Turquie au printemps dernier. Je faisais partie de la short-list. Nous étions trois, dont Olivier (Minne). Pour ce qui est d’un éventuel retour à la télévision, oui, bien sûr cela m’intéresse. Maintenant, il faut trouver le bon programme, mais aussi, et surtout, le diffuseur qui veut travailler avec vous. Tout simplement.

Sur ce qui s’est passé ces dernières années - et je pense également à des animateurs de premiers plans tels que Christophe Dechavanne ou Vincent Lagaff - on constate que l’écurie des animateurs est en train de "partir à vélo" comme dirait Bourvil. Tout le monde est en train de partir car nous sommes de plus en plus sur des émissions "tout en images", ou alors on met des personnes lambda à l’écran comme dans certaines émissions de téléréalité. Et puis je pense qu’il y a un réel problème d’économie. Seules TF1 avec The Voice ou M6 avec Rising Star ont encore les moyens de faire des émissions grand spectacle.

Pour le reste, on se situe sur une échelle économique moindre, avec des coûts de production qui ont été rabotés. Ce qui ne veut pas dire que c’est de la télévision "low-cost". Mais on sent que nous ne sommes plus sur la même échelle économique qu’a connue TF1 pendant les grandes années.

 

Une période que vous avez connu d’ailleurs…

Oui, j’ai eu cette chance-là. Je suis resté 7 ou 8 ans sur TF1. J’ai pu toucher un peu à tous les styles, hormis la littérature et la politique. Mais pour tout ce qui est magazine de société, télé-réalité, émission événement, comme le spécial Coluche que j’avais fait sur la première chaîne, ce sont de très belles expériences. Après, c’est cyclique. La roue tourne à la télévision. Mais oui, je confirme que j’aimerais bien revenir à la télévision.

 

Ce serait compatible avec une matinale ?

Je l’ai fait sur TF1. J’avais déjà une matinale.

 

Il faut trouver la bonne émission …  

Oui. Il faut vraiment être très organisé. Et le reste du temps, on le passe à dormir dans la loge avant qu’on vienne vous réveiller pour aller sur le plateau. Pour moi, le record a été de présenter une matinale, puis de partir à la Plaine-Saint-Denis pour enregistrer deux primes pour TF1 dans la même journée, avec du public et des invités. J’ai fait quelques trucs assez fous.

 

Comme en 2005, où vous avez animé l’émission La 1ère Compagnie en direct depuis la Guyane sur TF1, tout en présentant une matinale depuis un studio installé sur place spécialement pour l’occasion.

Je faisais la matinale de RFM déjà à l’époque. La société de production Endemol lançait ce jeu et Alexia Laroche-Joubert, qui travaillait pour eux à ce moment-là, me dit qu’elle aimerait bien que je présente l’émission. Je suis honoré et flatté. Mais elle me dit : "Le seul problème, c’est qu’il faut que tu partes en Guyane pendant 7 semaines". Je lui ai rappelé que j’avais une émission de radio et que cela allait être compliqué de leur expliquer que j’allais partir pendant un mois et demi. Elle me propose de trouver une solution. Du coup, j’organise une petite réunion entre RFM, Endemol et TF1, et cela débouche sur un partenariat.

Et me voilà parti en Guyane où ils m’ont aménagé un studio. Le problème, c’est que là-bas, il y a quatre heures de décalage en moins par rapport à la France. Donc au lieu de faire un morning de 6h à 9h, vous le faîtes de 2h à 5h du matin. Sans compter qu’après, je devais enchaîner avec la quotidienne, et une fois par semaine, un prime. J’ai perdu quinze kilos pendant cette période. Mais le plus dure a été l’humidité et les bestioles. C’était un peu ambiance Indiana Jones quand même. J’ai également eu la fièvre dès mon arrivée. À peine avais-je posé le pied à l’aéroport en Guyane que j’ai commencé à avoir des tremblements. J’ai passé une nuit horrible avec 40 de fièvre. Je me suis dit qu’avec la chance que j’ai, un moustique m’avait piqué et m’avait transmis le paludisme.

Le lendemain, c’était le grand prime qui devait lancer l’émission. J’étais angoissé. Je suis allé voir le médecin qui m’a demandé quand j’avais fait mon vaccin et m’a confirmé que cela était probablement lié. On m’avait fait un rappel de tout ce que je n’avais pas fait depuis des années. Et cela n’a pas été une bonne idée. Du tout.

Le meilleur des réveils, du lundi au vendredi de 6h à 9h, sur RFM.

 

* RFM 1ère matinale musicale adulte en nombre d’auditeurs

Source : Médiamétrie 126000. Avril-Juin 2014 vs Janvier-Mars 2014 et Avril-Juin 2013. Moyenne lundi-vendredi. 5h-24h / 6h-9h.

Cibles : 13 ans et + / 35-49 ans Univers des stations musicales adultes : RFM, RTL2, CHERIE FM, NOSTALGIE, MFM

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