Wendy Bouchard : "La terre : une partie de mes racines"

Wendy Bouchard a présenté Europe 1 Midi en direct depuis la porte de Versailles durant tout le salon de l'Agriculture. [VISION BY AG / EUROPE 1]

Durant tout le Salon de l'Agriculture, Wendy Bouchard a présenté Europe 1 Midi en direct depuis la porte de Versailles de 12H00 à 14H00. Alors qu'elle conclut cette expérience vendredi avec Stéphane Le Foll, le ministre de l'Agriculture, elle tire le bilan de cette semaine.

 

Vous animez tous les jours Europe 1 Midi en direct du salon de l’Agriculture. On dit le climat moins positif que les années précédentes. Le ressentez-vous ?

Difficile de vous dire l'impression générale car une matinée au salon à préparer l'émission et à l'animer en public dans une vraie chaleur humaine vous met KO ! J'ai perdu ma voix et on m' a apporté du bon lait, du bon fromage et plein de gentillesses de la part des exposants, des jeunes agriculteurs, des éleveurs et des visiteurs. Pour moi, ce salon était dense, intense et chaleureux en dépit de la crise que traversent certaines filières. Mon impression personnelle est donc très positive.

 

Les surfaces agricoles se réduisent, les agriculteurs sont souvent étranglés, et pourtant la Salon suscite toujours un engouement énorme. Pourquoi cette tendresse des Français pour leur agriculture ?

Je crois que la crise rapproche les gens, que les agriculteurs qui développent les circuits courts, la vente directe, sont encore plus en demande de rencontres et de partages avec les "citoyens-consommateurs". De notre part, nous sommes à la recherche des valeurs de la terre et du "bon sens paysan", ce n'est pas une insulte, c'est une réalité tellement vérifiée ! Donc que nous soyons citadins, ou habitants des campagnes, car ils sont nombreux à connaitre les pâturages et à passer au Salon, nous aimons ceux qui parlent vrai, qui sont courageux. J'ai rencontré des jeunes qui ont 22 ans et font des prêts de 400 000 euros pour créer leurs exploitations. Ca donne la foi !

 

Quel regard portez-vous sur le ballet des responsables politiques qui tous y viennent s’y prendre en photo au côté des agriculteurs. Un exercice de communication un peu vain au regard du contexte ? 

C'est peut être devenu un passage obligé, mais au fond, ce ballet au Salon, c'est en grandeur XXL ce qu'un homme ou une femme politique de terrain, engagé, qui aime les gens, se doit de faire sur les marchés par exemple, donc ca me parait légitime. Par ailleurs certains responsables politiques sont vraiment des adorateurs du terroir et de l'agriculture, ils y prennent un vrai plaisir et par la même occasion, un bain de jouvence !

 

Si l’exercice d’assurer pour Europe 1 un direct sur le terrain est bien plus complexe que depuis un studio, qu’appréciez-vous dans cet exercice dont vous êtes familière ?

La proximité. Un peu comme un homme politique justement. Le journaliste entre à la maison, avec la télé ou la radio.. alors rencontrer les auditeurs et les téléspectateurs qui me suivent sur Europe 1 et M6 m'est nécessaire. Ca me touche : je les découvre, je comprends leurs habitudes d'écoute, ce qu'ils aiment, ce qu'ils aiment moins. C'est fondamental. Ca nous prouve que notre métier, parfois critiqué, est profondément humain et pas désincarné.

 

A titre plus personnel, quel regard portez-vous sur les paysans, la ruralité, les paysages et terroirs de France ?

Je suis née, j'ai grandi à Paris, j'y travaille, j'y habite cinq jours sur sept et le week-end, depuis toute petite, je pars à la campagne. J'ai toujours vécu proche de la nature les samedi et dimanche, entourée d'animaux, à Joigny dans l'Yonne, avec mes parents, et aujourd'hui près de Castres, ou j'ai créé un Groupement Foncier Agricole et acquis une vieille ferme à retaper. J'y fais mon foin, j'y ferai un potager, j'y recueillerai des animaux et je m'y installerai un jour avec ceux que j'aime. Ce n'est pas du chiqué, c'est mon oxygène et mon ADN !  Donc la terre, c'est une partie de mes racines : un mélange de nostalgie et d'avenir. Je comprends la souffrance de certains paysans, leur courage, leur passion  et je regrette le manque de perspectives politiques à leur égard. 

 

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