Le XV de France s'impose 40 à 15 face aux Fidji

[AFP/Archives]

Le XV de France a outrageusement dominé son premier test-match de novembre face aux Fidji (40-15) samedi au stade Vélodrome de Marseille, sans que cette victoire acquise au terme d'un scénario décousu n'offre encore de sérieux gages pour l'avenir.

 

Au moins, la revoilà ! Après quatre défaites d'affilée, le XV de France renoue avec la victoire et c'est déjà un immense pas.

C'est un peu de baume pour la confiance en souffrance des Bleus et ils pourront capitaliser sur ces sourires esquissés au coup de sifflet final en vue des réceptions autrement plus ardues des Australiens puis des Argentins, lors des deux prochains samedis, au Stade de France.

Ce résultat a aussi le mérite de ne pas faire tâche dans le CV immaculé du XV de France face aux Fidji, avec un neuvième succès en autant de confrontations. Il faut dire qu'un destin contraire à cette partie aurait constitué l'une des pires humiliations du rugby hexagonal et aurait mis l'encadrement des Bleus en sérieuse difficulté, surtout au vu des nombreux coups de poker tentés pour l'occasion.

Car dans l'ensemble, ce XV de France new look, avec trois novices alignés dès le coup d'envoi et une charnière inédite Tillous-Borde/Lopez, a tenu debout. Mieux, il a laissé entrevoir quelques promesses, à l'image du triplé du jeune ailier Teddy Thomas, 21 ans, qui n'aurait pu espérer mieux pour sa première sélection.

Au final, sept joueurs français ont étrenné sur la pelouse du Vélodrome leurs galons d'internationaux sans faillir leur examen de passage. 

En face, on n'a guère vu la magie sous les crampons des trois-quarts fidjiens, bien contenus par la défense française et de manière générale peu inspirés. La triste pénalité tentée (et ratée) de 50 mètres par Nemani Nadolo, le meilleur marqueur d'essai du dernier Super 15, au coeur de la seconde période incarne ainsi un étonnant manque d'ambition des îliens qui n'ont jamais réussi à enflammer la partie.

Pourtant, il y avait sans doute matière à mieux faire pour les hommes de John McKee qui s'étaient, un temps, rapprochés à 14-8 alors que les Français accomplissaient un début de seconde période catastrophique. Mais, ils ne sont pas parvenus à semer davantage le doute dans l'esprit du XV de France et se sont peu à peu éteints dans une fin de partie qui a pris des allures de calvaire.

Si le score a soudainement gonflé sous une pluie d'essais dans la dernière demi-heure, les Bleus ont longtemps tâtonné.

 

Sursaut salvateur 

L'essai dès la première minute de Thomas, alerté sur un bijou de passe au pied par l'ouvreur Camille Lopez, ne fut qu'un trompe l'oeil.

Maîtres du terrain et du ballon - 74% d'occupation, 66% de possession à la pause - les Français ont aussi beaucoup gâché, à l'image d'errements en touche où quatre munitions furent gaspillées en première période.

La stratégie annoncée de pratiquer un jeu plus direct, illustré par de nombreux ballons portés, n'a guère donné de fruits, du moins dans les 50 premières minutes. Les Fidjiens, préparés à être resserrés dans l'axe, s'y sont bien adaptés en se consommant très peu dans les zones de ruck afin de contrôler les extérieurs.

Cela offrit une première période bien terne au terme de laquelle les Bleus viraient en tête à 14 à 0, sans convaincre.

Il y eut ensuite la petite frayeur procurée par l'essai de l'ailier fidjien de Perpignan Watisoni Votu (46), précédé d'une pénalité de Nadolo (44).

Mais cela provoqua un sursaut salvateur chez les Français qui enclenchèrent enfin la marche avant. Thomas ajoutait deux essais, en bénéficiant au passage d'un très bon travail de l'arrière néophyte Scott Spedding.

Le pack était ensuite récompensé de ses efforts sur un essai en force, après un groupé-pénétrant, du deuxième ligne Pascal Papé (66). Puis Wesley Fofana, là encore parfaitement servi au pied par Camille Lopez, plongeait à son tour dans l'en-but pour sceller de manière express la victoire.

Le baroud d'honneur de 80 m de Timoci Nagusa, qui atténuait ainsi la défaite des siens, rappelait aussi aux Français que si ce succès était mérité, il n'était pas non plus accompli.  

 

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