Mondial de rugby : Angleterre-Australie, souffle de peur sur Twickenham

L'entraîneurt de l'Angleterre Stuart Lancaster (blanc) avec ses joueurs lors de l'échauffement avant le match du Mondial contre les Gallois, le 26 septembre 2015 à Twickenham  [Glyn Kirk / AFP/Archives] L'entraîneurt de l'Angleterre Stuart Lancaster (blanc) avec ses joueurs lors de l'échauffement avant le match du Mondial contre les Gallois, le 26 septembre 2015 à Twickenham [Glyn Kirk / AFP/Archives]

Il plane au-dessus de l'Angleterre le spectre d'une humiliation sans précédent: être évincé de "sa" Coupe du monde avant les quarts de finale, un cas de figure qui pourrait se présenter à moins d'une réaction salvatrice contre l'Australie samedi (21H00 françaises) à Twickenham.

 

Imaginez-un peu: là, dans le berceau même de ce sport, dans un stade étiqueté comme le Temple du rugby, sous l'oeil de quelque 80.000 spectateurs et de millions d'amateurs, le XV de la Rose prend piteusement la porte de la Coupe du monde qu'il organise.

Un affront ultime auquel toutes les nations-hôtes ont jusque-là échappé mais qui rôde autour des hommes de Stuart Lancaster, soumis à une énorme pression depuis leur defaite samedi dernier face au pays de Galles (28-25).

L'hypothèse était certes envisageable au vu du groupe très relevé qui avait échu au XV de la Rose, concurrencé par Gallois et Wallabies pour deux places seulement en quarts. Mais maintenant qu'elle prend corps, l'état d'urgence est décrété.

Evidemment, les conséquences d'une sortie de piste dépasserait le simple cadre du terrain et les égos meurtris. World Rugby et la Fédération anglaise (RFU) ont massivement investi sur l'événement, dessiné pour être la Coupe du monde la plus lucrative de tous les temps en même temps qu'une vaste opération de communication pour le ballon ovale.

 

"Les enjeux seront énormes" 

Sans l'Angleterre en course, l'intérêt du pays pourrait tomber en flèche, au détriment des diffuseurs, pubs, partenaires etc. Bref, on flaire la catastrophe à tous les échelons et la visite de soutien du prince Harry à l'entraînement du XV de la Rose jeudi est sans doute loin d'être anodine.

"C'est un match qu'il faut gagner car si on perd on ne sortira pas du groupe. Pas la peine de tricher avec les faits", a résumé le sélectionneur Stuart Lancaster, qui dirigera le match le plus important de son mandat entamé début 2012, au lendemain d'une Coupe du monde déjà ratée (élimination en quarts).

"Ca ne sert à rien de le cacher, les enjeux seront énormes pour nous, mais les gars seront prêts", a-t-il promis, après avoir essuyé avec son groupe le feu roulant des critiques durant toute la semaine.

Car la défaite face aux Gallois a eu du mal à passer auprès des observateurs. En cause, la gestion déficiente d'une dernière demi-heure qui a viré au cauchemar, notamment à la suite d'une décision controversée du capitaine Chris Robshaw.

Il a donc fallu solder en mode express ce revers et se concentrer sur ce qui peut encore être sauvé face à l'Australie donnée moribonde il y a encore un an mais en plein regain, dans le sillage d'une victoire dans le Four nations cet été. Et puis autant positiver: si une défaite serait rédhibitoire, un succès qualifierait virtuellement l'Angleterre qui n'aurait qu'une formalité à accomplir ensuite contre l'Uruguay pour le composter.

 

"Comme une finale de Coupe du monde" 

Si l'on excepte trois petits changements, dont l'inclusion du remuant centre Jonathan Joseph à la place des gros bras de Sam Burgess, Lancaster a donc offert aux vaincus de samedi dernier la possibilité de se racheter.

Charge à eux d'imposer leur jeu à l'équipe-type australienne, en muselant les poisons des lignes arrières (Folau, Ashley-Cooper, Giteau...) et en gagnant la bataille du sol face à une troisième ligne australienne réputée en la matière, avec les spécialistes Michael Hooper et David Pocock.

L'entraîneur de l'Australie Michael Cheika (d) lors d'une séance d'entraînement à Dulwich College (Londres), le 1er octobre 2015   [Martin Bureau / AFP]
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L'entraîneur de l'Australie Michael Cheika (d) lors d'une séance d'entraînement à Dulwich College (Londres), le 1er octobre 2015
 

 

"Le groupe est déterminé à rendre tous les Australiens fiers de la manière dont on les représente à la Coupe du monde, et le match de samedi est une nouvelle opportunité de le faire", a prévenu le sélectionneur australien Michael Cheika, qui a dit considérer chaque match "comme une finale de Coupe du monde" et compte bien lui-même décrocher dès samedi le billet pour les quarts.

Les Wallabies ont en tout cas l'occasion de faire un pied de nez à l'histoire, 12 ans après avoir vu le XV de la Rose sacré Down Under, sur un drop de Jonny Wilkinson au bout de la prolongation. La revanche est-elle un plat qui se mange froid ?

 

Les XV de départ

Angleterre: Brown - Watson, Joseph, Barritt, May - (o) Farrell, (m) B. Youngs - Robshaw (cap), Morgan, Wood - Parling, Launchbury - Cole, T. Youngs, Marler

Australie: Folau - Ashley-Cooper, Kuridrani, Giteau, Horne - (o) Foley, (m) Genia - Hooper, Pocock, Fardy - Simmons, Douglas - Kepu, Moore (cap), Sio

 

Remplaçants

Angleterre: Webber, M. Vunipola, Brookes, Kruis, Easter, Wigglesworth, Ford, Burgess

Australie: Polota-Nau, Slipper, Holmes, Mumm, McCalman, Phipps, Toomua, Beale

Arbitre: Romain Poite (FRA)

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