380 matchs de football auraient été truqués

Le directeur d'Europol Rob Wainwright (au centre) lors d'une conférence de presse à La Haye aux Pays-Bas, le 4 février 2013 Le directeur d'Europol Rob Wainwright (au centre) lors d'une conférence de presse à La Haye aux Pays-Bas, le 4 février 2013 [Robin van Lonkhuijsen / AFP]

Une enquête d'Europol d'une ampleur sans précédent a mis au jour l'existence de plusieurs centaines de matches truqués, dont des rencontres de Ligue des champions, mettant en jeu l'intégrité du football.

"Il nous semble clair qu'il s'agit de la plus grande enquête de tous les temps sur des matches truqués présumés", a déclaré le directeur d'Europol Rob Wainwright lundi lors d'une conférence de presse à La Haye, où siège Europol.

Le but des trucages, qui ont eu lieu à partir de 2008, était de gagner d'importantes sommes d'argent grâce à des paris sportifs. Un cartel criminel basé à Singapour est à la tête de ces opérations.

"C'est le travail d'un cartel criminel sophistiqué et organisé qui est basé en Asie et travaille avec des relais en Europe", a ajouté M. Wainwright.

Ce dernier a assuré qu'il écrirait au président de l'UEFA Michel Platini pour lui transmettre les résultats de l'enquête, dont le football "devrait prendre bonne note".

Le réseau criminel a réalisé plus de 8 millions d'euros de bénéfices dans le cadre des matches truqués, pour une mise totale de 16 millions d'euros.

En janvier, Interpol avait mis en garde le monde du football sur le fait que la corruption en son sein aide à financer d'autres activités criminelles comme la prostitution ou le trafic de drogues.

Le trophée de la Ligue des champions au siège de l'UEFA à Nyon, en Suisse, le 20 décembre 2012 [Fabrice Coffrini / AFP/Archives]
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Le trophée de la Ligue des champions au siège de l'UEFA à Nyon, en Suisse, le 20 décembre 2012
 

Dans un premier temps, quelque 380 matches truqués ont été identifiés, principalement en Europe, dans le cadre desquels environ 425 arbitres, dirigeants de clubs et joueurs, notamment, sont impliqués, a précisé à l'AFP Friedhelm Althans, enquêteur en chef de la police de Bochum, en Allemagne.

La plupart des matches truqués ont été joués dans les championnats turcs, allemands et suisses, a précisé Europol lors de la conférence de presse, mais d'autres matches à travers le monde sont concernés.

Europol a d'ailleurs notamment montré les images d'une rencontre internationale entre les moins de 20 ans argentins et boliviens en 2010 lors de laquelle un arbitre hongrois avait accordé un penalty plus que litigieux en faveur de l'Argentine.

Deux rencontres de Ligue des Champions, dont une jouée sur le sol britannique, ont en outre été mises en cause, a précisé Rob Wainwright, sans pour autant préciser de quelles rencontres il s'agissait.

L'enquête a été menée par les autorités allemandes, finlandaises, hongroises, autrichiennes et slovènes en collaboration avec Europol et a été soutenue par huit autres pays européens. Quatorze suspects ont déjà été condamnés, pour un total de 39 ans de prison, mais une centaine d'autres doivent encore comparaître.

Cette première enquête, désormais close, a révélé qu'environ 300 autres matches auraient été truqués à travers le monde. Ceux-ci font l'objet d'une enquête.

Le Singapourien Wilson Raj Perumal, condamné pour matches truqués lors du son procès au tribunal de Rovaniemi en Finlande, le 22 juin 2011 [Kaisa Siren / AFP/Archives]
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Le Singapourien Wilson Raj Perumal, condamné pour matches truqués lors du son procès au tribunal de Rovaniemi en Finlande, le 22 juin 2011
 

M. Althans a mis en garde contre les conséquences d'un tel phénomène: des pertes pour les sociétés de paris sportifs et une atteinte à la crédibilité des clubs et des joueurs.

"Des sommes d'argent allant jusqu'à 100.000 euros par match ont été payées en liquide", a assuré M. Althans.

Ralf Mutschke, ancien directeur d'Interpol devenu le M. Sécurité de la Fifa, avait averti le 16 janvier qu'aucune région du monde n'était à l'abri des matches truqués.

La nature internationale du problème est d'ailleurs notamment illustrée par l'affaire impliquant un homme d'affaires singapourien, Wilson Raj Perumal. Son nom avait été cité dans plusieurs affaires de corruption de premier plan, notamment en Afrique du Sud et au Zimbabwe, quand il a été condamné en Finlande en 2011 pour avoir acheté des joueurs du championnat national.

En Italie, en 2011, le scandale des matches truqués "calcioscommesse" avait entraîné plusieurs arrestations de joueurs professionnels, une cascade de sanctions touchant notamment quatre clubs de Série A, et provoqué la suspension de l'entraîneur de la Juventus Turin Antonio Conte.

Et toujours sur Direct Matin.fr :

Vidéo : Argentine-Bolivie, le match qui aurait été truqué

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