Rugby : de la cortisone chez les Bleus au Mondial 1995 ?

Laurent Bénézech (à gauche) aux côtés de  Olivier Brouzet (partiellement caché), Christian Califano, Olivier Roumat, Franck Mesnel et Jean-Michel Gonzalez lors d'un entraînement lors du Mondial 2015 en Afrique du Sud le 20 juin 1995 [Jean-Pierre Muller / AFP] Laurent Bénézech (à gauche) aux côtés de Olivier Brouzet (partiellement caché), Christian Califano, Olivier Roumat, Franck Mesnel et Jean-Michel Gonzalez lors d'un entraînement lors du Mondial 2015 en Afrique du Sud le 20 juin 1995 [Jean-Pierre Muller / AFP]

L'ancien international de rugby Laurent Bénézech a évoqué jeudi sous serment devant le Sénat "une conviction forte" d'avoir eu à son insu "un accompagnement médicalisé à la performance" durant la Coupe du monde 1995.

"J'ai une conviction forte que sur cette période (Coupe du monde 95, ndlr), j'ai été traité à la cortisone", a déclaré Bénézech lors de son audition par la commission d'enquête sur l'efficacité de la lutte contre le dopage.

L'ancien pilier demi-finaliste du Mondial-1995 a développé son raisonnement en commençant par évoquer une opération subie en 1999 pour un décollement de rétine, et au cours de laquelle il a reçu un traitement à la cortisone.

"J'ai découvert une certaine euphorie physique, je ne ressentais plus de fatigue (...) Or ce ressenti me révèle que je l'avais déjà eu à un moment donné précis de ma carrière", a expliqué Bénézech.

"J'ai travaillé sur mon souvenir. Je me suis souvenu d'un mode de fonctionnement d'équipe, où nous les joueurs étions personnellement responsables de notre propre boisson pendant les entraînements, avec des bidons personnalisés, et nous avions été sensibilisés au fait de ne pas prendre celui des autres, officiellement pour des risques de maladies", a raconté l'ancien joueur.

"Au moment des prises alimentaires, on nous donnait des produits qui étaient censés être des fortifiants et qui me paraissaient moi, à l'époque, naturels. Quand j'ai remis les pièces du puzzle ensemble, je me suis retrouvé avec la conviction forte que sur cette période j'avais été traité à la cortisone, sans en avoir été informé et sans mon accord", a-t-il ajouté.

"Cette période, c'était la Coupe du monde 95 avec l'équipe de France de rugby", a asséné Bénézech.

"Il semblerait, et j'en ai la conviction, qu'on ait eu un accompagnement médicalisé de la performance. J'en ai la certitude sur la cortisone", a-t-il ajouté quelques minutes plus tard.

Interrogé par les sénateurs, Bénézech a par la suite évoqué les différentes responsabilités de l'encadrement du XV français d'alors, en particulier le médecin Marc Bichon, le manageur Pierre Berbizier et le président de la Fédération française de rugby de l'époque Bernard Lapasset.

"L'équipe de France avait un médecin responsable qui était Marc Bichon, un manageur qui était Pierre Berbizier. Je ne pense pas que Marc Bichon ait pris de son fait la responsabilité de mettre en place un protocole médicalisé sans en référer au manageur général. Et le manageur général Pierre Berbizier - que je connais bien pour l'avoir eu aussi en entraîneur de club - je ne pense pas qu'il ait pris la décision sans en référer au président de la Fédération française de rugby de l'époque", a-t-il déclaré.

Contacté par l'AFP, Pierre Berbizier a indiqué n'avoir "aucune déclaration à faire sur le sujet". "Je le découvre, je n'ai pas de problème là-dessus mais je vais me renseigner sur les tenants et les aboutissants", a-t-il ajouté.

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