L'esprit "familial" de Nanterre, la recette d'un miracle

L'entraîneur de Nanterre Pascal Donnadieu le 31 mai 2013 lors de la finale contre Strasbourg en Pro A [Patrick Hertzog / AFP] L'entraîneur de Nanterre Pascal Donnadieu le 31 mai 2013 lors de la finale contre Strasbourg en Pro A [Patrick Hertzog / AFP]

Passé en 26 ans du rang d'équipe de quartier à la finale de ProA, Nanterre a réussi en gardant les mêmes dirigeants et ses valeurs, celles d'un club "familial" qui a su "se débrouiller avec les moyens du bord", selon d'ex-joueurs.

"Peu de choses ont changé. Je suis impressionné que cela puisse encore fonctionner comme ça aujourd'hui", estime Gérard Héloïse, 49 ans, qui a participé au début de l'épopée à la fin des années 1980, lorsque le club, actuel avant-dernier budget du championnat (2,6 millions d'euros cette saison), évoluait au plus bas.

L'ex-pivot, qui travaille dans une maison d'édition, ne tarit pas d'éloges sur le président Jean Donnadieu et son fils entraîneur, Pascal, des gens "humbles", qui "n'ont pas vendu leur âme".

Lorsque les deux Morbihannais ont relancé le club en 1987 avec quelques bénévoles, il évoluait en Départementale (13e niveau français).

La JSFN (Jeunesse sportive des Fontenelles de Nanterre) n'était alors qu'"un petit patronage de quartier" où l'ambiance était "très familiale" et l'organisation "artisanale", se souvient François Godener, 52 ans, ancien ailier et aujourd'hui dentiste dans les Yvelines.

"Quand les dirigeants voulaient attirer un joueur, ils lui promettaient de lui payer la carte orange (qui donnait accès aux transports en commun, ndlr)", dit-il.

La salle de l'époque était "bien plus petite" que l'actuel Palais des sports Maurice-Thorez qui, avec sa capacité de 1.500 places, n'est pas aux normes pour accueillir mardi et samedi les matches N.3 et 4 de la finale contre Strasbourg, délocalisés au stade Pierre-de-Coubertin, à Paris.

"Quand il y avait cinquante spectateurs, c'était archi-plein. Et elle était mal éclairée", se remémore Philippe Boullanger, un autre ancien basketteur de Nanterre, âgé de 48 ans.

"On était obligés de rajouter des bancs le long de la touche pour que les gens puissent regarder la rencontre", renchérit Gérard Héloïse.

Le club-house, où les joueurs se retrouvaient pour faire la fête, était un préfabriqué situé derrière une église. "On pouvait y mettre deux tables de ping-pong et un baby-foot. Je ne sais même plus comment c'était chauffé", affirme François Godener.

A proximité, le club organisait à chaque fin de saison une kermesse pour renflouer ses caisses.

Entre dégustation de sandwiches, de merguez et jeux de chamboule-tout, le public pouvait regarder les basketteurs de Nanterre tâter de la balle orange, en plein air, sur un terrain en goudron.

"C'était un événement à ne pas rater pour un joueur, un super moment que l'on passait ensemble", assure Gérard Héloïse.

"Cela conditionnait la saison suivante. S'il pleuvait, on n'avait plus d'argent", nuance le président Jean Donnadieu.

"Fiers" et "admiratifs" de la formidable ascension de la JSFN, ces anciens joueurs disent avoir vécu eux-mêmes une période "exceptionnelle" durant laquelle le club n'est jamais descendu de division mais montait au contraire "quasiment chaque année".

Comme aujourd'hui, Pascal Donnadieu ne recherchait pas d'excellentes individualités "mais des bons joueurs avec un bon état d'esprit", estime Amath Diagne, 48 ans, ancien intérieur d'origine sénégalaise qui dit devoir sa naturalisation au président Jean Donnadieu.

"On formait un groupe soudé, de copains. Mais Pascal savait faire la part des choses et passer ses exigences. Sur le terrain, il voyait d'abord le bien de l'équipe. Mais quand il sortait de la salle, il savait redevenir le pote. Cela le crédibilisait", explique Gérard Héloïse.

Aux dires de ses anciens joueurs, Pascal Donnadieu a su rester "accessible" et va jusqu'à donner "un coup de main de temps en temps" pour entraîner ses copains des vétérans de Rueil-Malmaison, club voisin où il a lui-même évolué en tant que meneur.

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