Le XV de France dans l'inconnu face au mythe All Blacks

Les joueurs de l'équipe de France s'entraînent à l'Eden Park d'Auckland le 7 juin 2013 [Michael Bradley / AFP] Les joueurs de l'équipe de France s'entraînent à l'Eden Park d'Auckland le 7 juin 2013 [Michael Bradley / AFP]

Le XV de France a dans ses bottes des montagnes de questions avant de s'attaquer samedi (09H35 françaises) à l'Everest du rugby: la Nouvelle-Zélande dans le mythique Eden Park d'Auckland pour le premier de ses trois test-matches de juin.

Verra-t-on l'équipe pleine d'assurance et de maîtrise du mois de novembre dernier, capable de terrasser l'Argentine et l'Australie et prête pour un immense exploit ? Ou celle dont la confiance s'est évaporée soudainement, fébrile et empruntée, du dernier Tournoi des six nations péniblement achevé à la dernière place ?

Personne, des joueurs aux entraîneurs, ne s'est jusque-là risqué à un semblant de réponse, s'en remettant à la fameuse "vérité du terrain" (le deuxième ligne Yoann Maestri) et du "je vous dirai après le match" (le capitaine Thierry Dusautoir).

C'est en tous cas dans un lieu chargé de symboles que le XV de France cherchera à dissiper le long nuage blanc qui menace au-dessus de sa tête. Dix-neuf mois plus tôt, les Bleus y perdaient la troisième finale de Coupe du monde de leur histoire, au terme d'un match au couteau face à ces mêmes All Blacks (8-7).

"Il faut laisser ce qu'il s'est passé il y a deux ans derrière", a toutefois balayé Dusautoir. Il ne restera en effet samedi que 11 des 46 acteurs de cette finale, dont cinq seulement côté français.

Aussi, dix-neuf ans plus tôt, en 1994, Philippe Saint-André se fabriquait à l'Eden Park le "plus beau souvenir" de sa carrière de joueur: une victoire 23 à 20 en tant que capitaine de l'équipe de France, une semaine après avoir déjà battu les All Blacks à Christchurch (22-8).

Depuis, la Nouvelle-Zélande n'a plus perdu dans son antre: un défi forcément appétissant pour des Bleus en quête de rédemption.

"On est conscient qu'on est en fin de saison, que les joueurs ont énormément joué... Mais quel privilège d'affronter la meilleure nation au monde", s'enthousiasme Saint-André, rabâchant depuis des mois que ce voyage serait "la tournée d'une vie" pour ses joueurs.

PSA et ses adjoints Patrice Lagisquet et Yannick Bru ont cependant dû composer avec des états de forme très divers pour ce premier test: "il y en a qui n'ont pas joué depuis un mois, d'autres qui ont arrêté il y a quelques jours" en finale du Top 14, rappelle Lagisquet qui craint par dessus tout les "signes de fatigue""à partir de la 50e-60e minute"

Le capitaine de l'équipe de France Thierry Dusautoir (à droite) lors de l'entraînement de l'équipe de France à l'Eden Park d'Auckland le 7 juin 2013 [Michael Bradley / AFP]
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Le capitaine de l'équipe de France Thierry Dusautoir (à droite) lors de l'entraînement de l'équipe de France à l'Eden Park d'Auckland le 7 juin 2013
 

Le jeu des circonstances a ainsi précipité quatre novices dans le grand bain, dont deux dès le coup d'envoi: l'ouvreur Camille Lopez, qui aura donc en mains les clés du jeu associé à Maxime Machenaud, et l'ailier Adrien Planté. Pour le reste, l'encadrement a choisi de reconduire l'ossature du Tournoi des six nations (Szarzewski, Maestri, Picamoles, Fofana, Huget...) avec la mission d'être d'abord irréprochable défensivement.

"Les All Blacks sont capables d'avoir de fulgurances telles qu'en trois minutes ils peuvent marquer deux essais", relève Lagisquet.

Les Bleus pourraient en revanche jouer leur carte en conquête, où ils ont traditionnellement l'avantage sur les All Blacks qui se présentent aussi avec une équipe renouvelée, sans Richie McCaw (repos) et Dan Carter (blessure), mais non moins redoutable. Il faudra notamment surveiller la ligne de trois-quarts où les centres Conrad Smith et Ma'a Nonu sèment toujours la terreur.

Reste à voir comment les Néo-Zélandais, réunis seulement lundi, gèreront leur faible temps de préparation. "C'est peut-être sur ce match-là qu'il faut essayer de les bousculer", glisse ainsi Lagisquet.

Composition des équipes de Nouvelle-Zélande et de France qui s'affrontent samedi (19h35 locales, 09H35 françaises) à l'Eden Park d'Auckland:Nouvelle-Zélande: Dagg - B. Smith, C. Smith, Nonu, Savea - (o) Cruden, (m) A. Smith - Cane, Read (cap), Messam - Retallick, Romano - O. Franks, Coles, Crockett.France: Huget - Planté, Fritz, Fofana, Médard - (o) Lopez, (m) Machenaud - Ouedraogo, Picamoles, Dusautoir (cap) - Maestri, Vahaamahina - Ducalcon, Szarzewski, Domingo

Remplaçants:Nouvelle-Zélande: Mealamu, B. Franks, Afeaki, Thrush, Vito, Kerr-Barlow, Barrett, RangerFrance: Guirado, Debaty, Kotze, Flanquart, Nyanga, Doussain, Michalak, Mermoz

Arbitre: Wayne Barnes (ENG)

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