Roland-Garros : Tsonga à deux marches du rêve

Jo-Wilfried Tsonga célèbre sa victoire contre Roger Federer en quart de finale de Roland-Garros le 4 juin 2013 à Paris [Martin Bureau / AFP]

Jo-Wilfried Tsonga est à deux marches d'accomplir son rêve de remporter Roland-Garros mais devra se méfier de son prochain adversaire, le robuste Espagnol David Ferrer, vendredi en demi-finales.

Avant de penser à succéder à Yannick Noah, dernier vainqueur français il y a trente ans, Tsonga peut déjà mettre fin à une autre disette en devenant le premier finaliste tricolore à Roland-Garros depuis Henri Leconte en 1988.

La France y croit. Impressionnant depuis le début de la quinzaine, "Jo" a ravivé une flamme qu'on pensait éteinte en faisant ressembler Roger Federer à un petit garçon sur le Central mardi en quarts.

Depuis, Tsonga, zen comme un bonze, a eu deux jours pour préparer son prochain défi qui s'annonce très différent: après le génie déclinant de Federer, place au rouleau compresseur de Ferrer.

Affublé de surnoms peu flatteurs ("la bête", "le pou"), Ferrer est un homme discret et gentil qui ne brillera jamais dans les salons. Mais sur le court, c'est un guerrier qui impose une cadence terrible et galope sans fin.

"Le mec, c'est un taureau, il ne s'arrête jamais ! Il met une intensité dans chaque point. Il y a jamais un moment de répit. C'est peut-être le N.2 mondial sur terre battue après Nadal", selon Arnaud Di Pasquale qui avait perdu deux fois au début des années 2000 contre "la bête".

 

Ferrer, forces et limites

"Il va falloir que Jo serve très bien. Ferrer va retourner à 50 cm de la ligne de fond à chaque fois. Il va faire mal. En essayant de grappiller 20 cm. Et sur la durée c'est terriblement dur", ajoute Di Pasquale.

Tsonga sait que s'il a battu Ferrer à Wimbledon en 2011, il a également subi deux revers cuisants, à Bercy l'année dernière et à Rome en 2010 (6-4, 6-1) lors de leur unique rencontre sur terre battue.

L'Espagnol David Ferrer après sa victoire contre Tommy Robredo en quart de finale de Roland-Garros à Paris le 4 juin 2013 [Patrick Kovarik / AFP]
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L'Espagnol David Ferrer après sa victoire contre Tommy Robredo en quart de finale de Roland-Garros à Paris le 4 juin 2013
 

"C'est un joueur très régulier, très accrocheur, qui couvre énormément de terrain. Il fait mal avec son coup droit. Il est véloce, rapide, endurant, il a vraiment beaucoup de qualités", reconnaît le Français.

Voilà de quoi calmer tous ceux qui pensent que Tsonga est déjà en finale dimanche face à Rafael Nadal ou Novak Djokovic. Sans parler que Ferrer doit se dire, lui aussi, qu'il a une chance inespérée d'aller enfin plus loin.

Il est vrai aussi que Ferrer a aussi ses limites. Vainqueur de vingt titres, dont la moitié sur terre battue, il n'a, comme Tsonga, remporté qu'un trophée majeur, à Bercy en 2012.

Il fait un complexe contre les plus grands et aussi face à certains joueurs comme Gaël Monfils qui l'a battu deux fois à Roland-Garros.

 

Tsonga, "où est la faille"

En Grand Chelem, il est même pour l'instant une sorte de Tim Henman. S'il perd aussi sa sixième demi-finale du Grand Chelem, il égalera le record du Britannique, éternel maudit à Wimbledon, au nombre de tentatives avortées.

Tsonga est persuadé d'avoir "les armes" pour le battre. "Je suis devenu plus endurant, plus régulier et je frappe beaucoup plus fort que lui", dit-il.

Entre les deux seuls joueurs du tournoi à ne pas avoir perdu un set, le physique ne devrait pas jouer un rôle. "Une grosse partie du match se jouera dans la tête. Il faudra imposer sa volonté, sa détermination", analyse Eric Winogradsky, l'ancien entraîneur de Tsonga.

A ce niveau, Tsonga a donné des gages, Ferrer pas forcément. "Jo dégage un sentiment de solidité qui est dur pour ses adversaires. Ils se demandent où est la faille?", raconte son capitaine de Coupe Davis, Arnaud Clément.

Face à son destin, Tsonga semble avoir les clés en main. Ce sera dur. "Il va falloir avoir tout un trousseau pour ouvrir la porte", dit-il. Mais Tsonga sait aussi qu'il pourra compter sur un Central tout acquis à sa cause, beaucoup plus que l'autre jour face à Federer, le chouchou suisse.

Jamais, dans aucun tournoi, Tsonga n'a encore atteint une finale sur terre battue. Y a-t-il plus bel endroit que Roland-Garros pour une première ?

 

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