Rugby: Le Roux, la "machine" est en marche

Le 3e ligne Bernard Le Roux à Auckland le 13 juin 2013 [Michael Bradley / AFP] Le 3e ligne Bernard Le Roux à Auckland le 13 juin 2013 [Michael Bradley / AFP]

Le troisième ligne Bernard Le Roux, d'origine sud-africaine, va faire ses premiers pas internationaux samedi avec le XV de France face aux All Blacks; un "rêve de petit garçon" pour ce plaqueur hors-pair.

Il aurait fallu longuement s'employer jeudi pour parvenir à décoller le sourire du visage de Bernard Le Roux, quelques heures après l'annonce de sa titularisation pour le deuxième test-match à Christchurch face aux All Blacks.

"C'est mon rêve de petit garçon", a-t-il répété, avouant avoir "sauté" de joie en apprenant la nouvelle.

Invité surprise parmi les 35 joueurs retenus pour cette tournée, le Racingman de 24 ans est récompensé d'une belle saison au poste de flanker (20 matches en Top 14) au sein d'un pack Ciel et Blanc redouté.

"C'est un joueur qu'on suit car il a énormément d'activité, il est bon dans les zones de ruck, il a des qualités de jumper (sauteur en touche, ndlr), il a aussi un gabarit intéressant (1,97 m, 117 kg, ndlr)", a détaillé le manager Philippe Saint-André. Tout en relevant que Le Roux devenait le premier "Jiff" (jeune issu des filières de formation) étranger à "jouer en équipe de France".

Arrivé au Racing-Métro en 2009 à la demande de Pierre Berbizier, initialement pour un contrat de trois mois comme joker médical, Le Roux a effectivement poursuivi sa formation au club francilien trois saisons durant pour obtenir le fameux label.

Il s'est progressivement taillé sa place, jusqu'à repousser une offre pour retourner jouer en Afrique du Sud, chez les Blue Bulls, l'an dernier et prolonger au Racing jusqu'en 2015.

Polyvalent sur les trois postes de la troisième ligne, même s'il a surtout joué N.7 cette année, Le Roux compte même "apprendre 4 et 5 aussi (deuxième ligne, ndlr), juste pour faire un bon remplaçant, au cas où".

Grand fan de Thierry Dusautoir, auquel il sera associé samedi, il partage avec lui ce goût immodéré du plaquage.

"J'aime les plaquages, pour moi c'est la meilleure chose du rugby: un grand plaquage c'est meilleur qu'un essai", martèle celui que ses amis surnomment "Terminator", quand sa mère l'appelle "La Machine", à grand renfort de banderole déployée dans le stade, comme mardi lors de la victoire face aux Auckland Blues (38-15).

"Quand j'étais petit en Afrique du Sud, ma mère ne s'inquiétait pas pour moi mais pour les autres garçons contre qui je jouais car je plaque très fort", rigole le joueur.

"J'ai pris deux K.O. cette saison, relève-t-il encore. Avant je jouais sans protège dents, sans casque mais maintenant c'est fini."

Originaire de Moorreesburg, une petite ville à une centaine de kilomètres du Cap, Le Roux s'est découvert des lointains ancêtres français, originaires de Nantes.

Le 3e ligne Bernard Le Roux lors d'un match avec le quinze de France contre la province des Auckland Blues le 11 juin 2013 en Nouvelle-Zélande [Michael Bradley / AFP]
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Le 3e ligne Bernard Le Roux lors d'un match avec le quinze de France contre la province des Auckland Blues le 11 juin 2013 en Nouvelle-Zélande

Son destin aurait pu basculer chez les Springboks, puisqu'il avait été appelé chez les -20 ans en 2009, avant de se casser un poignet.

Il s'envole donc pour la France rejoindre les Sébastien Chabal et Juan Martin Hernandez, qu'il avait vu en 2008 depuis des tribunes et les yeux un peu écarquillés, au stade Vélodrome de Marseille lors d'un test-match de novembre France-Argentine.

"J'avais fait 16 heures de bus pour les voir car j'étais à Amsterdam. Il y avait tous les grands joueurs et un an plus tard, je me retrouve avec eux. Ca va vite", remarque-t-il.

Avenant, belle gueule et plein d'humour, il dit être tombé amoureux de la France et ne manque pas de clamer son attachement au pays et à la langue qu'il continue d'apprendre.

"J'ai répété la Marseillaise avec ma prof de Français, avec Youtube aussi, 6 ou 700 fois, explique-t-il. Je chantais très fort, les voisins m'ont appelé pour me demander ce que je faisais!"

Il aura une nouvelle occasion de pratiquer, sans que personne ne lui reproche le volume, samedi à Christchurch pour des débuts en fanfare, face aux champions du monde.

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