Mondial de rugby féminin: Le pack, l'ADN du XV de France

Les joueuses de l'équipe de France de rugby célèbrent un essai contre l'Afrique du Sud, lors d'un match de poule de la Coupe du Monde, le 5 août 2014 à Marcoussis, près de Paris. [Stéphane de Sakutin / AFP/Archives] Les joueuses de l'équipe de France de rugby célèbrent un essai contre l'Afrique du Sud, lors d'un match de poule de la Coupe du Monde, le 5 août 2014 à Marcoussis, près de Paris. [Stéphane de Sakutin / AFP/Archives]

Le XV de France dames pourra de nouveau compter sur son paquet d'avants, souverain en phase de poules, pour tenter de se qualifier mercredi contre le Canada à Paris pour la finale de la Coupe du monde.

Galloises, Sud-Africaines, et même les robustes Australiennes, samedi: toutes les adversaires des Françaises se sont fait laminer devant depuis le début de la compétition, en mêlée fermée et, surtout, sur les ballons portés.

"On ne s'attendait pas à détruire tout le monde (devant), mais on savait que c'était notre point fort. On mise sur ça, c'est une évidence. C'est une bonne rampe de lancement pour nos trois-quarts. C'est même dommage qu'on ne sublime pas plus nos gazelles de derrière!", explique à l'AFP le pilier droit Christelle Chobet.

"C'est l'ADN de cette équipe, tout simplement", résume le deuxième-ligne Assa Koïta.

Si le XV de France est si fort devant, c'est d'abord évidemment, comme le souligne le co-entraîneur des Bleues Christian Galonnier, parce qu'"on a quand même, en France, une culture du jeu d'avants."

Mais encore faut-il avoir en stock le matériel pour mettre en place cette stratégie: "On a les filles qui nous permettent d'avoir cette qualité du jeu d'avants. Elles sont physiques, coureuses et très techniques", relève ainsi Nathalie Amiel, l'autre entraîneur du XV de France.

Physiquement, ce huit est composé de "gabarits très imposants, plus que les autres nations" d'après Koïta.

"Et deux individus sont très fortes sur le plan physique: Assa (Koïta, 1,82 m pour 100 kg), qui n'a pas aujourd'hui d'équivalent dans la compétition en termes de force et de puissance. Et Safi (Ndiaye, la N.8, 1,83 m pour 96 kg), qui elle aussi est d'un gabarit hors normes", détaille Galonnier.

- 'On se connaît presque par coeur' -

Les Françaises fêtent leur victoire sur l'Australie en demi-finale de la Coupe du monde, le 9 août 2014 à Marcoussis [Lionel Bonaventure / AFP]
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Les Françaises fêtent leur victoire sur l'Australie en demi-finale de la Coupe du monde, le 9 août 2014 à Marcoussis

A ces capacités physiques s'ajoutent des qualités techniques et de mobilité, un alliage que n'ont pas forcément les autres nations.

"On a des filles solides mais qui se déplacent, note ainsi Ndiaye. Des filles comme +Elo+ (Portariès) ou Christelle Chobet (les deux piliers droits) peuvent faire des passes de 15 mètres, jouer des deux contre un car elles font du rugby depuis qu'elles sont toutes petites. C'est un régal et c'est quelque chose qu'on a en plus par rapport aux autres nations."

L'autre force de ce pack est sa "grosse complémentarité", selon Galonnier: "Coumba (Diallo, troisième-ligne, 1,80 m pour 74 kg) est grande, l'autre seconde ligne (Marine De Nadaï) est une joueuse de devoir et fait un sacré boulot dans les phases obscures, le pilier gauche est une fille réfléchie par sa formation (Hélène Ezanno, chercheuse au CNRS), Gaëlle (Mignot, talonneur et capitaine) est un trublion..."

Puissant, technique et complémentaire, ce paquet d'avants se connaît de surcroît parfaitement.

En partie grâce à son identité montpelliéraine, puisque cinq joueuses dont la capitaine Gaëlle Mignot, évoluent ensemble en club (De Nadaï, Djossouvi, Ndiaye et Portariès outre Mignot).

"Certainement que cela doit resserrer les liens. Je ne le ressens pas en tant que staff, mais sur le terrain, ces affinités ou ces habitudes doivent nous aider", reconnaît Galonnier.

D'une manière générale, ce paquet d'avants "se connaît presque par cœur", d'après Koïta, parce qu'il travaille ensemble depuis deux-trois ans.

Marjorie Mayans (g), trois-quart centre de l'équipe de France de rugby, au cours du match de Coupe du monde contre le pays de Galles le 1er août 2014 à Marcoussis [ / AFP/Archives]
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Marjorie Mayans (g), trois-quart centre de l'équipe de France de rugby, au cours du match de Coupe du monde contre le pays de Galles le 1er août 2014 à Marcoussis

Il vit bien, donc, une expression qui, en l'espèce, ne relève pas du poncif selon Ndiaye: "On le répète mais c'est vrai: on aime être ensemble, s'entraider. C'est primordial dans le rugby mais encore plus chez les femmes. Car sinon on se crêperait le chignon, et dans ce cas on n'a pas envie, inconsciemment d'aider l'autre à plaquer."

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