JO 2018 : une juge canadienne a-t-elle pénalisé les Français Papadakis-Cizeron en patinage ?

Les médaillées d'argent Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron et les médaillées d'or canadiennes Tessa Virtue et Scott Moir sur le podium après l'épreuve de patinage artistique, le 20 février 2018.

Le président de la Fédération française des sports de glace (FFSG), Didier Gailhaguet, a remis en cause la partialité d’une juge canadienne, ce mardi, après la médaille d’argent de Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron en danse sur glace, derrière les Canadiens.  

Didier Gailhaguet n’est pas d’accord avec la note attribuée par une membre du jury aux Français, médaillés d’argent derrière les Canadiens Tessa Virtue et Scott Moir malgré leur record du monde lors du programme libre.

Le dirigeant a remis en cause la présence de la juge Leanna Caron, présidente de la fédération canadienne, de faire partie du jury, alors que les grands rivaux du couple français sont canadiens. «Il y a un problème que nous avons mentionné depuis un bon moment, a expliqué Didier Gailhaguet. Les règles permettent à la juge canadienne d’être aussi présidente de la Fédération canadienne en même temps. Si elle peut le faire, elle a le droit de juger. Sur le plan de l’éthique, c’est quelque chose qui n’est pas terrible, ça donne une mauvaise image.» 

Le dirigeant est revenu sur la note attribuée aux Français lors du programme court : «L’ensemble des juges les a mis premiers sur la note artistique. Elle les met huitièmes. Bon. No comment». Katia Krier-Beyer, directrice technique nationale adjointe de la FFSG, partage elle aussi le point de vue du président : «Elle utilise le règlement au bénéfice du Canada. On peut se poser la question, est-ce que c’est vraiment bien déontologiquement que la présidente de la fédé canadienne juge les patineurs canadiens dans une épreuve olympique ?»

Les notes données par la juge canadienne sont les plus basses attribuées aux Français en court comme en libre. Elle est la seule à ne pas avoir accordé le moindre 10 au couple tricolore. En revanche, elle s’est montrée bien plus généreuse avec Virtue-Moir, crédités de quatre 10 sur cinq possibles.

Dans tous les cas, la meilleure et la pire note sont retirées du comptage, de manière à pondérer le résultat final, mais avec ces notes de la juge canadienne, les français perdaient clairement un joker, puisque la juge française, qui avait elle-même un peu «surnoté» le couple tricolore lors du programme court, n'a pas été tirée au sort pour participer à la notation du programme libre. Le tirage au sort était donc «décalé» avec cette note basse, qui aurait pu, à l'inverse, changer la donne pour les Français.

Dans le détail, la juge canadienne a donné presque sept points de moins sur le programme court aux Français par rapport aux Canadiens, et a donné la note la plus basse sur le programme libre à Papadakis-Cizeron, plus de cinq points derrière Moir-Virtue. Il en résulte un écart infime de 0,79 point au final, alors que la juge canadienne est la seule à n’avoir donné aucune note parfaite au couple français sur le programme libre, leur point fort.

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