Israël-Argentine, quand la politique s'en mêle, par Pierre Ménès

La rencontre entre Israël et l'Argentine a été annulée en raison des menaces à l'encontre de Lionel Messi et ses coéquipiers. La rencontre entre Israël et l'Argentine a été annulée en raison des menaces à l'encontre de Lionel Messi et ses coéquipiers.[Firo / Icon Sport]

L’idée n’est pas de prendre position dans un conflit qui dure depuis des décennies. Mais quand la politique gagne contre le sport, il y a toujours de quoi s’inquiéter, surtout à quelques jours de la Coupe du monde en Russie qui laisse pas mal de zones d’ombre.

En effet, Israël et l’Argentine devaient s’affronter, demain, à Jérusalem. Mais, dans la nuit de mardi à mercredi, le match a été annulé quelques heures après une mobilisation devant le terrain d’entraînement des Argentins à Barcelone. Des militants palestiniens avaient, en effet, brandi à cette occasion un maillot de la sélection argentine maculé de peinture rouge sang. Selon les médias argentins, cet incident a marqué les joueurs sud-américains. Et Jorge Faurie, le ministre argentin des Affaires étrangères, a ensuite indiqué que «les joueurs ne souhaitaient pas jouer.»

L’annonce officielle de l’annulation est venue de la représentation diplomatique israélienne à Buenos Aires, déplorant «les menaces et provocations dirigées contre Lionel Messi, qui ont logiquement suscité la crainte de ses pairs». La Fédération palestinienne s’est, elle, réjouie de l’annulation de la rencontre en félicitant «les joueurs de l’équipe argentine menée par la star Messi, pour avoir refusé d’être utilisé comme pont à des fins non sportives.»

De son côté, la Fédération israélienne a annoncé, mercredi, le dépôt d’une plainte auprès de la Fifa contre la Fédération palestinienne, en raison de «menaces» proférées, selon elle, à l’encontre de joueurs argentins. «Nous avons affaire à un acte de terrorisme footballistique de la part de la Fédération palestinienne et de son président», selon le vice-président de la fédération israélienne, Rotem Kamer. Toute cette histoire est navrante et scandaleuse. Menacer Lionel Messi et ses coéquipiers pour un match de foot n’a pas de sens. On ne devrait jamais laisser la politique la plus sordide s’approcher d’un jeu de ballon. Dans cette affaire, il n’y a que le foot qui a perdu. 

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