Les Warriors viennent-ils de casser la NBA après la signature de Cousins ?

DeMarcus Cousins a accepté de rejoindre les Golden State Warriors, champions en titre, pour un contrat d’un an à 5,3 millions de dollars. Un recrutement perçu comme une injustice par une partie des fans de la NBA.

Mais on ne pourrait pas être plus loin de la vérité. Oui, le cinq majeur des Warriors compte plus de sélections «All-NBA» que l’ensemble des joueurs de la conférence Est.

Oui, la NBA n’avait plus vu d’équipe avec 5 All-Stars dans le cinq de départ depuis la saison 1975-1976 et les Celtics, comme le révèle le journaliste du New York Times Marc Stein.

Ceux qui sont écœurés par la signature de DeMarcus Cousins à Golden State devraient diriger leur frustration vers les dirigeants de leur équipe préférée. Selon Marc J. Spears du site The Undefeated, l’ex-pivot des Pelicans n’a reçu aucune offre à l’ouverture de la free agency.

Les Pelicans, qui n’avaient pas cessé de dire que Cousins étaient leur priorité, n’ont pas bougé le petit doigt. D’autres clubs se seraient montrés hésitants en raison, notamment, de la mauvaise réputation de Cousins dans les vestiaires, et/ou des doutes concernant sa capacité à revenir de son déchirement du tendon d’Achille (l'historique des joueurs qui se remettent de cette blessure n'incite pas à l'optimisme).

Finalement, seuls les Celtics et les Warriors auraient proposé une offre pour le pivot. DeMarcus Cousins aurait lui-même appelé le manager général de l'équipe, Bob Myers – un coup de fil qui a totalement pris le front office des Warriors par surprise – pour s’assurer que Golden State était véritablement intéressé par sa venue. Selon les observateurs, Cousins aurait pu gagner plus d’argent en acceptant un contrat dans les 10 millions de dollars avec une équipe en reconstruction. Mais l’intérieur a préféré signer sur le court terme avec les champions en titre, et espère que son exposition au sein de l’équipe lui permettra de disposer d’une offre plus conséquente lors de la prochaine free agency. Après, quand on voit cette image, on comprend tout à fait que les fans crient au scandale. Car ils font très, très, très, très peurs.

Ce que cela signifie pour les Warriors de Golden State

Pendant que les Lakers signent des vétérans ne sachant pas shooter pour entourer LeBron James, les Warriors viennent de s’offrir les services d’un pivot ultra-dominant quand il est en bonne santé – 25,2 points/match, 12,9 rebonds, 5,4 passes, 1,6 interceptions et 1,6 contres – et qui sait tirer à longue distance : 47% de réussite aux tirs la saison passée, dont 35,4% à trois points (sur 6,1 tentatives en moyenne).

Alors que tout le monde s’extasiait sur la signature de LeBron James à Los Angeles, ou conversait sur la prochaine destination de Kawhi Leonard, les Warriors viennent de rappeler au monde entier qu’ils possèdent un des meilleurs front office de la NBA (avec Boston et San Antonio) capable d’utiliser tous les outils à sa disposition pour continuer d’asseoir sa domination sur le reste de la ligue. Mieux encore, si Cousins assure qu’il sera disponible dès le training camp en septembre, il semble plus probable que son retour se fasse fin décembre ou début janvier. La force de frappe des Warriors est telle qu’ils peuvent se permettre d’attendre patiemment que le pivot se remette tranquillement de sa blessure, avant de l’intégrer au fur et à mesure avant le début des playoffs. Si jamais Cousins devient un problème dans le vestiaire, ils pourront toujours l'échanger pour des futurs picks de draft d'ici la date limite des transferts en février (ils sont gagnants sur toute la ligne).

Critiquez tant que vous voulez, mais les Warriors sont effectivement à des «années lumières» des autres franchises en termes de management. Il faut bien le reconnaître.  

Ce que cela signifie pour DeMarcus Cousins

Depuis son arrivée dans la ligue en 2010, Cousins traîne une mauvaise réputation. Ses sautes d’humeur sur et en dehors des terrains sont légendaires. Son repli défensif est parfois risible (il passe son temps à argumenter avec les arbitres au lieu de se replacer en défense). Et ses décisions balle en main peuvent plomber un match (5 balles perdues en moyenne la saison dernière, 1er de la ligue la saison passée, ce qui frôle le grotesque). Mais Cousins est également un spécimen physique doté d’une adresse rare pour un joueur de sa taille.

Son sens de la passe est étonnant pour un pivot. Défensivement, quand il est concentré, il est infranchissable. Et il est surtout capable de bombarder à trois points avec ses 35,4% de réussite longue distance sur 6,1 tentatives/match (autant que Kevin Durant) la saison passée. A tel point que la twittosphère s’amuse déjà à le baptiser le 3e Splash Brother.

DeMarcus Cousins a dû se prendre une violente claque au visage quand il s’est aperçu qu’aucun club jouant pour une place en playoffs (Hello les Lakers !) ne souhaitaient le recruter. La décision de rejoindre les Warriors – que certains qualifieront comme le «choix de la facilité» – est d’une logique imparable. Il intègre un effectif où sa présence n’est pas essentielle en début de saison (voir même tout court), ce qui lui laisse le temps de gérer sa rééducation. Il pourra ensuite faire une démonstration de force en enchaînant les victoires, sans pour autant forcer, et séduire les recruteurs potentiels en vue de la prochaine intersaison. Il faut rappeler que, avant sa blessure au tendon d’Achille, Cousins espérait signer un contrat de 175 millions de dollars sur cinq ans avec les Pelicans. Le pivot vient de s’assurer que tous les projecteurs seront braqués sur lui la saison prochaine, et que cela sera payant dans un an.

Petit bonus, voici la réaction de Cousins quand il apprend qu'il rejoint les Warriors.

Ce que cela signifie pour le reste de la NBA

Les Warriors étaient déjà les immenses favoris pour remporter le titre la saison prochaine. Et la présence de Cousins dans l’effectif ne fait que renforcer cette idée. 29 autres équipes avaient une chance de le recruter. Ceux qui râlent parce que la NBA n’est pas compétitive, et qui pensent que ce sont toujours les mêmes qui gagnent, et «je-ne-sais quel autre argument» de la sorte feraient bien de se replonger dans leur livre d’histoire. La NBA est une ligue dominée par les dynasties (à quelques exceptions près). Seules 10 équipes – Pistons, Bulls, Rockets, Heat, Spurs, Lakers, Celtics, Mavericks, Cavaliers, et Warriors – ont remporté le Larry O’Brien Trophy depuis 1990. La ligue n’est pas une grande loterie où tout le monde a sa chance. Elle ne l’a jamais été.

La capacité des dirigeants à construire un effectif sur le court, le moyen et le long terme, de drafter les bons joueurs, de ne pas plomber les comptes du club pour recruter des stars quand l’opportunité se présente, le coaching, la capacité à développer les jeunes talents, etc. c’est ça qui distingue les équipes championnes des autres. C’est pour ça que les joueurs changent d’équipes et rejoignent des clubs réputés pour leur excellente gestion. Assurer la parité en NBA n’a jamais fonctionné (et ils ont essayé lors des lock-out en 1998-1999 et plus récemment en 2011), et ne fonctionnera probablement jamais.

La NBA est fascinante pour les multiples raisons exposées plus haut, et le titre de champion n’est qu’une partie d’un ensemble beaucoup plus vaste et tout aussi captivant.

DeMarcus Cousins n’a signé qu’une seule saison à Golden State. Un jour, la roue tournera. Et les Warriors ne seront plus qu’un lointain souvenir d’une dynastie révolue, comme toutes celles avant eux.

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