Le soir du deuxième rêve, par Pierre Ménès

Vingt ans après, la bande de Didier Deschamps peuvent succéder aux Bleus de 1998. Vingt ans après, la bande de Didier Deschamps peuvent succéder aux Bleus de 1998.[Sputnik / Icon Sport]

On a fêté, ce jeudi 12 juillet, les vingt ans du sacre de la France en Coupe du monde. Avec les attentats du 11 septembre 2001, c’est la journée où les Français se rappellent exactement où ils étaient à ce moment-là.

Pour ma part, le 12 juillet 1998, j’étais en stage à Hendaye avec l’OM et j’avais regardé le match avec les joueurs olympiens sur un écran géant. Vingt ans et trois jours plus tard, les Bleus ont l’occasion de broder une deuxième étoile sur leur beau maillot. L’équipe de 1998 était plus forte, plus expérimentée, et elle jouait à domicile, alors que la bande de Didier Deschamps, qui est plus jeune, a le mérite de se retrouver en finale en Russie. Comme les Tricolores en 2006 en Allemagne (défaite contre l’Italie).

Hugo Lloris et ses coéquipiers auront face à eux une équipe de Croatie novice à ce stade de la compétition et plus entamée sur le plan physique avec trois prolongations disputées dans leurs matchs à élimination directe. Soit l'équivalent d'un match de plus dans les jambes des copains de Luka Modric, qui risquent d’être un peu lourdes au coup d’envoi. D’autant que les Croates bénéficient d’un jour de moins de récupération. Et même si jouer une finale de Coupe du monde doit nettoyer les têtes et les organismes, il y a de grandes chances qu’ils ressentent en début de match une certaine fatigue et il serait judicieux pour les Tricolores d’en profiter.

Dans cette Coupe du monde, la Croatie a montré plusieurs visages. Au premier tour, ils ont été très séduisants avec notamment leur éclatante victoire contre l’Argentine (3-0) avant d’être beaucoup moins chatoyants dans les matchs à élimination directe avec des qualifications aux tirs au but face au Danemark, à l’issue d’un match épouvantablement ennuyeux, et la Russie, après avoir été menés au score. Ils ont aussi inversé la tendance en demi-finale face à l’Angleterre pour arracher leur qualification pour la finale sans que l'on ne retrouve l’équipe séduisante et technique du premier tour. Ce qui prouve qu’elle peut montrer des visages différents.

Mais on peut faire la même remarque pour l’équipe de France, qui a su être efficace sans la possession du ballon contre l’Argentine ou avec, comme face à l’Uruguay. En demi-finale, elle a beaucoup subi et défendu, mais elle s’est imposée en créant un plus grand nombre d’occasions que les Belges.

Le ballon d'or en jeu

Cette finale est assez difficile à décrypter tactiquement. Didier Deschamps aimerait sûrement bien laisser le ballon aux Croates et profiter des contres. Mais ces derniers ne sont pas obligés d’être d’accord avec cette idée et peuvent décider, compte tenu de leur fatigue physique, de laisser venir les Français.

Elle peut également décider du futur Ballon d’or, même si les joueurs s’en moquent et souhaitent soulever la Coupe du monde avant tout. Quatre joueurs, qui vont disputer cette finale, sont susceptibles d’être le grand vainqueur. Côté croate, il y a Modric, qui a remporté la Ligue des champions avec le Real Madrid. Tout comme Raphaël Varane, qui fait partie des possibles lauréats. Kylian Mbappé et Antoine Griezmann, vainqueur de la Ligue Europa avec l’Atletico Madrid, peuvent également prétendre à cette distinction.

Une chose est sûre, je ne m’attends pas à un spectacle footballistique de très haute voltige. Il faudra que l’étincelle vienne d’un talent. Et il y en a dans les deux camps. Du côté de l’équipe de France, la douleur de la finale de l’Euro 2016 perdue contre le Portugal est encore très vive. Un deuxième échec serait quasiment impossible à avaler. Il n’y a que trois mots à dire pour conclure : ALLEZ LES BLEUS !

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