Destins contradictoires, par Pierre Ménès

Les Lyonnais ont réussi une incroyable performance en allant battre Manchester City.[PA Images / Icon Sport]

Pour leurs débuts en Ligue des champions, Lyon et le PSG avaient deux grands d’Angleterre au menu. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les deux clubs français ont livré des matchs très différents.

Honneur aux vainqueurs avec les Lyonnais, qui ont réalisé un véritable exploit, mercredi soir, en s’imposant à Manchester City (1-2). Et pas contre le cours du jeu. Cette victoire est aussi éclatante qu’inattendue. Même Jean-Michel Aulas donnait l’impression de faire un peu l’impasse sur cette rencontre. Il faut dire aussi que rien n’incitait à l’optimisme, et sûrement pas le début de saison catastrophique de l’OL, déjà à huit points de Paris après cinq journées de championnat. Encore moins la prestation médiocre à Caen (2-2).

Mais les hommes de Bruno Genesio ont su se sublimer et faire preuve de solidarité. Ils se sont battus jusqu’au bout, même si la fatigue s’est fait grandement sentir à la fin. Et puis, il y a Genesio, régulièrement assassiné par la majorité des supporters lyonnais, qui a fait de vrais choix, avec notamment Pape Cheikh Diop au milieu de terrain, et qui a été récompensé. Il faut lui reconnaître une certaine habileté. Car, à chaque fois que sa tête semble penchée sur le billot, il arrive à s’en extirper. On peut être à peu près sûr qu’une nouvelle victoire, dimanche contre Marseille, lui offrirait au moins trois semaines de tranquillité. Avec ce succès, conjugué au match nul entre le Shakhtar et Hoffenheim dans l’autre match de ce groupe, Lyon réalise un excellent début et on ne peut que s’en réjouir.

Évidemment, le tableau est beaucoup plus sombre côté PSG. Sombre comme leur maillot «Jordan» si magnifique et si bien marketé. Mais il faudrait que le club parisien commence à songer à être autre chose qu’une bête de marketing et qu’il devienne la bête que beaucoup attendent en Ligue des champions. Qui plus est à l’extérieur, où cette équipe souffre d’une véritable infirmité dès qu’elle se déplace sur la pelouse d’un grand club. Perdre dans les arrêts de jeu contre Liverpool (3-2), qui a dépensé plus que le PSG lors du mercato, n’est pas infamant. Mais le score est plus que flatteur et ne reflète pas la pauvreté de la prestation parisienne, où l’on trouve toujours aussi peu d’engagement et d’envie. Le désastre du mercato et les choix de Thomas Tuchel n’arrangent rien. Il est difficile de comprendre qu’un joueur comme Juan Bernat puisse être aligné. Il a certainement des qualités, mais il n’a quasiment pas joué depuis deux ans. Il est d’autant plus incompréhensible de voir Marquinhos évoluer au milieu. Le Brésilien était déjà à la rue à Nîmes, comment pouvait-il être bon à Liverpool ?

Un milieu parisien à la peine

Et comment le PSG, qui a perdu deux milieux avec Thiago Motta et Giovani Lo Celso, n’a pas été en mesure de se renforcer ? C’est une faute majeure. C’est facile de tomber sur Neymar, Edinson Cavani et Kylian Mbappé, qui ont effectivement manqué leur match. Mais, même si ce sont trois attaquants de classe mondiale, ils ne peuvent pas faire la différence contre une équipe comme Liverpool, livrés à eux-mêmes et sans jamais être servis par le moindre ballon de décalage du milieu de terrain.

Pour terminer, il faut que Thomas Meunier arrête avec ses déclarations. Qui est-il pour attaquer Neymar de cette manière ? Qu’il défende déjà de son côté et après, il pourra parler. Ou alors, c’est le fait d’avoir marqué qui lui confère une forme de légitimité. Ça ne se fait pas dans un grand club. Ça ne se fait pas dans un club tout court. Que ce soit un bon client pour les médias, c’est un fait. Mais cela ne l’autorise pas à allumer ses coéquipiers. Finalement, s’il y a quelque chose qu’on peut reprocher au PSG, c’est un manque de solidarité. Et avec ses déclarations, le défenseur belge l’incarne

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