L'OM droit au doute, par Pierre Ménès

Battus à Nantes, Luiz Gustavo et les Marseillais se sont déjà inclinés à dix reprises depuis le début de la saison. Battus à Nantes, Luiz Gustavo et les Marseillais se sont déjà inclinés à dix reprises depuis le début de la saison.[Icon Sport]

L’OM a subi, mercredi soir, déjà sa sixième défaite en Ligue 1, sur la pelouse de Nantes (3-2). Si on ajoute les quatre revers en Ligue Europa, le club olympien s’est incliné à dix reprises en 21 rencontres depuis le début de la saison. C’est évidemment un bilan indigne des ambitions supposées du club.

Ce qui fait dire que jusqu’à maintenant, l’«OM Champions Project» est, dans le meilleur des cas, une surestimation des capacités réelles de ce club ou, dans le pire des cas, un enfumage absolu de la nouvelle direction. A la lecture de ces performances et résultats, les interrogations ne font que s’accroître au fil des semaines sur la pertinence du recrutement. Cet été, les dirigeants ont dépensé près de 65 millions d’euros sur trois joueurs – Kevin Strootman, Duje Caleta-Car et Nemanja Radonjic – qui s’avèrent être des achats extrêmement décevants. Strootman n’est qu’une très pâle copie de Luiz Gustavo.

Que dire des deux autres, à part que ce sont deux échecs cuisants ? Caleta-Car a été acheté une petite fortune, mais il suffisait de voir ses performances avec le Red Bull Salzbourg pour s’apercevoir qu’il avait certaines limites. C’est un bon défenseur, mais il est lent. Quelle drôle d’idée de vouloir l’associer en défense centrale avec Adil Rami, qui n’est pas le joueur le plus rapide. De son côté, Radonjic ne joue jamais, et on se demande même s’il a le niveau. Surtout, Marseille n’a pas recruté d’avant-centre, alors que c’était déjà le défaut de l’équipe la saison dernière. Ce manque a été masqué par l’énorme saison de Florian Thauvin et la fin d’exercice de Dimitri Payet, qui ont empilé les buts.

Mais, aujourd’hui, Payet est branché sur courant alternatif et si Thauvin tient son rang, cela ne suffit pas. Autant, on peut s’étonner que le PSG cherche un numéro 6 depuis deux ans, autant, on peut s’émouvoir également que l’OM cherche un buteur depuis autant de temps, alors que ni Valère Germain, et encore moins Kostas Mitroglou, ne font l’affaire. C’est une véritable faute de recrutement. Et le plus grave, c’est qu’on parle d’arrière gauche et toujours pas d’attaquants pour le mercato d’hiver. Quand on voit les matchs des Marseillais, tantôt c’est l’attaque qui est aphone, comme face à Reims, tantôt c’est la défense qui passe au travers, comme à Nantes.

Rudi Garcia comme responsable

Face à ce constat, la responsabilité de Rudi Garcia est fortement engagée. Il est responsable de ce recrutement inepte et sa relation avec Andoni Zubizarreta est floue, pour parler poliment. Si, la saison dernière, il avait trouvé un schéma tactique auquel il s’était tenu, il ne cesse de tripatouiller son équipe dans tous les sens sans trouver la formule adéquate cette saison. Un autre reproche qu’on peut lui faire, c’est de ne jamais se remettre en question. Ce n’est jamais de sa faute. Cela n’a pas de sens, mais ça se passe à Marseille, qui n’est pas une ode à la patience et à la nuance.

Quand le club va bien, le public du Vélodrome est une force, capable de transcender les joueurs. Par contre, quand la situation est plus délicate, cela peut vite se retourner contre eux. On peut s’inquiéter pour la suite, car on sait comment cela se passe quand les supporters marseillais mettent la pression. Les fans de l’OM n’aiment pas lorsqu’on dit du mal de leur équipe, mais quand les résultats ne suivent pas, ce sont les plus cruels de tous. Maintenant, est-ce que l’OM va avoir l’envie et la latitude financière de corriger les manques criants de cette équipe au mercato ? C’est à souhaiter, car si Marseille ne se qualifiait pas pour la Ligue des champions pour une troisième année consécutive, ce serait un très lourd échec. Et la patience des supporters risque rapidement d’atteindre ses limites. 

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