Open d'Australie : Naomi Osaka a tout d'une N.1

La Japonaise Naomi Osaka victorieuse en finale de l'Open d'Australie face à la Tchèque Petra Kvitova, à Melbourne, le 26 janvier 2019 [WILLIAM WEST / AFP]

Quatre mois après son premier sacre à New York, Naomi Osaka a confirmé en s'offrant l'Open d'Australie qu'elle a tout d'une N.1 mondiale, samedi à Melbourne. Elle qui naviguait autour de la 70e place mondiale il y a un an va devenir la reine du tennis féminin dès lundi.

En finale, Osaka est venue à bout de la Tchèque Petra Kvitova (N.6) après quasiment 2h30 min de match (7-6 (7/2), 5-7, 6-4).

Et si le tennis féminin venait de se trouver une nouvelle patronne ?

La jeune Japonaise, couronnée à l'US Open il y a quatre mois, à vingt ans seulement, n'est que la troisième joueuse depuis quinze ans, hors Serena Williams, à rafler deux tournois majeurs consécutifs, après les Belges Kim Clijsters (2010-2011) et Justine Hénin (2003-2004).

Elle met aussi fin à la valse des lauréates en Grand Chelem : les huit derniers avaient été remportés par des joueuses différentes.

La manière dont elle avait tenu le choc, imperturbable, à l'US Open début septembre, tout au long d'une finale explosive face à Serena Williams, qui s'était emportée contre l'arbitre, laissait penser que la Japonaise avait les nerfs solides.

Loin d'un coup d'éclat sans lendemain, elle a prouvé à Melbourne sa capacité exceptionnelle à se sublimer dans les grandes occasions.

Trois titres, deux Grand Chelem !

Son palmarès ne déborde pas de titres, au contraire. Mais parmi les trois trophées qu'elle possède, deux sont ceux de tournois du Grand Chelem, et le dernier est un des plus prestigieux du circuit hors tournois majeurs (Indian Wells).

Sur la Rod Laver Arena, c'est sans euphorie mais avec émotion, accroupie sur le court et les larmes au coin des yeux, qu'Osaka a accueilli son double couronnement.

Car elle a traversé des montagnes russes émotionnelles au cours de la finale. Victorieuse du premier set au jeu décisif, quelques jeux après avoir écarté une série de balles de break, la Japonaise se dirigeait vers une victoire relativement tranquille en deux manches quand elle s'est procuré trois balles de match sur le service de Kvitova, à 5-3.

La gauchère tchèque (28 ans) a alors remporté neuf des dix points suivants, commençant par sauver son service puis recollant à 5 jeux partout alors qu'Osaka servait pour le gain du tournoi. Deux jeux plus tard, Kvitova égalisait à un set partout, sur une double faute de son adversaire, et Osaka s'échappait aux vestiaires, larmes coulant sur la joue et serviette sur la tête.

Revenue sur le court visage fermé - une expression qu'elle a gardé tout au long du troisième set - la joueuse nippone a néanmoins trouvé les ressources pour dominer la manche décisive en s'appuyant sur sa qualité de frappe rare.

Kvitova «n'arrive pas à y croire»

Comment a-t-elle réussi à se ressaisir ?

«Bien sûr, j'étais très déçue et triste quand j'ai eu ces trois balles de match. Puis je me suis dit que je ne pouvais pas agir de façon immature, que j'étais en finale de Grand Chelem», a expliqué Osaka, passée au troisième tour à deux jeux de l'élimination (7-5, 4-1) contre la Taïwanaise Su-Wei Hsieh (27e).

La gagnante de l'Open d'Australie, la Japonaise Naomi Osaka (g), et son adversaire en finale, la Tchèque Petra Kvitova, à Melbourne, le 26 janvier 2019 [DAVID GRAY / AFP]
La gagnante de l'Open d'Australie, la Japonaise Naomi Osaka (g), et son adversaire en finale, la Tchèque Petra Kvitova, à Melbourne, le 26 janvier 2019 [DAVID GRAY / AFP]

Quant à Kvitova, même si sa quinzaine australienne s'achève sur une défaite, son retour vers les sommets est admirable quand on se souvient que sa carrière a été un temps en péril après une agression au couteau fin décembre 2016, au cours d'un cambriolage à son domicile en République tchèque.

Blessée à la main gauche, la joueuse tchèque avait dû être opérée et avait été éloignée des courts pendant cinq mois.

«C'est fou ! Je n'arrive pas à croire que je viens de rejouer une finale de Grand Chelem», a-t-elle lâché les yeux brillants et la voix tremblante.

«Merci d'être restée auprès de moi même si on ne savait pas si j'allais pouvoir tenir de nouveau une raquette», a adressé à son équipe celle qui grimpera lundi à la deuxième place mondiale. Juste derrière la nouvelle reine du circuit.

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