Yannick Agnel : «L’esport mérite plus d’attention»

Yannick Agnel est directeur sportif d’une structure esport. Yannick Agnel est directeur sportif d’une structure esport.[Visual / Icon Sport]

Sa carrière de nageur terminée, Yannick Agnel (26 ans), double champion olympique en 2012 à Londres (200m, 4x100), a plongé dans le domaine de l’esport. Directeur sportif de la structure Mon Club E-Sport (MCES), il s’épanouit pleinement dans son nouveau rôle. Sans oublier la natation.

Comment vous êtes-vous arrivé dans l’eSport ?

J’ai toujours été amateur de jeux vidéo, depuis ma plus tendre enfance. Le jeu vidéo possède une longue histoire compétitive, et son évolution, aujourd’hui, dans ce que l’on appelle la sphère de l’eSport, rejoint par beaucoup d’aspects celui du sport dit «traditionnel». J’ai ainsi fait la connaissance de Romain Sombret, il y a quelques mois, qui montait avec beaucoup de passion et d’ambition une structure qui s’appelle Mon Club E-Sport (MCES), dont le projet m’a beaucoup plu et dans laquelle je suis intégré aujourd’hui en tant que directeur sportif.

Justement, en quoi consiste votre rôle ?

Tout simplement : préparer les joueurs à être performant, en me chargeant de tous les domaines intrinsèquement liés à la pratique esportive. Il peut s’agir de préparation physique, mentale, un suivi personnalisé des joueurs, un suivi médical poussé, la gestion de la cohésion d’équipe… 

Qu’est-ce qu’il vous plait dans ce rôle ?

L’idée d’intégrer humblement un milieu où la passion et la performance sont les clés. Si vous avez une équipe avec de l’envie et de l’ambition et qu’ils sont à l’écoute, alors tout devient possible. Ce sont de jeunes gens au potentiel parfois prodigieux que l’on se doit d’accompagner de la meilleure manière possible. 

Pouvez-vous également nous présenter cette structure ?

MCES est une structure basée à Marseille, mêlant le meilleur de l’expertise sportive et esportive. Nous possédons une académie esportive sur le modèle d’un club de sport classique, où tous les niveaux et tous les objectifs sont les bienvenus. Les gens y sont formés, encadrés et pourquoi pas détectés. Ils pourront peut-être ensuite être amenés à intégrer notre équipe professionnelle esportive MCES. Dans cette équipe, tout un staff ainsi qu’une «gaming office» est à la disposition des joueurs afin qu’ils deviennent le plus performants possible. 

En quoi votre carrière de sportif de haut niveau peut-elle être utile pour ce poste ?

Grâce à l’expérience acquise au cours de ma carrière natatoire, avec ses hauts et ses bas, j’espère être à même de prodiguer aux joueurs le degré de professionnalisation et les conseils dont ils ont besoin pour gagner. 

L’eSport est-il considéré comme un véritable sport et comme un sport de haut niveau ?

Le fait de se poser encore la question à l’heure actuelle ne prouve qu’une seule chose : nous sommes déjà en retard sur la réponse à donner. Il s’agit aujourd’hui de fournir aux milliers de pratiquants d’esport en France un cadre concret. MCES est une de ces solutions : un club de quartier avec un contact physique, social, qui donne ensuite l’opportunité de se muer en carrière professionnelle. A l’image d’un club de football classique, finalement.  

Etes-vous un «gamer» ? A quel type de jeux jouez-vous ?

Je m’amuse sur tous types de jeux, avec une nette préférence pour les jeux de rôle, notamment ceux en ligne comme pouvaient l’être en leur temps World of Warcraft ou encore Guild Wars.

«Les JO 2024 ? Il ne faut jamais dire jamais»

Quel regard portez-vous sur votre nouvelle vie ?

Ces dernières années ont été extrêmement riches en expériences et enseignements. Je m’estime très chanceux aujourd’hui, dans la vie privée comme professionnelle. Je n’échangerais cela pour rien au monde. 

Pourquoi avoir choisi l’eSport plutôt que de rester dans le domaine de la natation ?

Le fait de plonger dans un nouveau domaine ne signifie pas délaisser un autre pour autant ! Je suis toujours d’un œil l’actualité sportive et natatoire. 

La perspective de JO 2024 à Paris peut-elle être une motivation pour replonger ?

Il ne faut jamais dire jamais, mais je crois avoir trouvé un équilibre qui me satisfait maintenant en dehors de l’eau. Passer cette barrière d’«entraîné» à «entraîneur» me convient amplement et l’esport mérite qu’on lui prête plus d’attention !

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