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Equipe de France : Diacre et Deschamps, complicité sans ingérence

Les sélectionneurs des équipes de France féminine et masculine, Corinne Diacre et Didier Deschamps, à Clairefontaine, le 18 mars 2019 [FRANCK FIFE / AFP/Archives] Les sélectionneurs des équipes de France féminine et masculine, Corinne Diacre et Didier Deschamps, à Clairefontaine, le 18 mars 2019 [FRANCK FIFE / AFP/Archives]

Ils se parlent souvent, s'échangent des amabilités mais «pas de conseil» : une réelle complicité s'est nouée entre la sélectionneuse des Bleues Corinne Diacre et son homologue Didier Deschamps, toujours prêt à livrer son «avis» mais soucieux d'éviter toute ingérence.

Régulièrement interrogé sur leur relation particulière, le patron des champions du monde a toujours pris soin de la placer sur un pied d'égalité.

«On s'est vu, on a échangé», mais «Corinne a suffisamment d'expérience» pour mener sa barque seule, «elle est là pour gérer son groupe»,  a-t-il encore rappelé vendredi, à quelques heures du coup d'envoi de la Coupe du monde féminine en France.

Et d'insister : «Je n'ai pas de conseil à lui donner, je ne lui en ai jamais donné, tout au plus un avis sur différentes choses mais après c'est elle qui décide».

Les anciens internationaux (121 sélections pour Diacre, 103 pour Deschamps) ont multiplié les échanges ces derniers mois, que ce soit dans les couloirs de Clairefontaine ou au siège parisien de la Fédération française de football.

Pour la sélectionneuse des Bleues, 44 ans, l'apport de son aîné s'apprécie «essentiellement sur tout ce qui peut se faire en dehors du terrain», comme elle l'a confié lors d'un entretien croisé réalisé par la FFF.

«Beaucoup de choses à gérer»

La sélectionnneuse de l'équipe de France, Corinne Diacre, lors du match de phase de groupes du Mondial face à la Corée du Sud, au Parc des Princes, le 7 juin 2019 [Lionel BONAVENTURE / AFP/Archives]
 
La sélectionnneuse de l'équipe de France, Corinne Diacre, lors du match de phase de groupes du Mondial face à la Corée du Sud, au Parc des Princes, le 7 juin 2019

«On ne s'imagine pas tout ce que à quoi il faut penser. Être sélectionneur ne se limite pas à diriger une séance d'entraînement par jour ou à établir une composition d'équipe. Il y a beaucoup de choses à gérer et à anticiper, et encore davantage lorsque l'on joue à la maison. Je pense notamment à la gestion du staff, des médias, des supporters et même des familles», expliquait-elle alors.

En mars, les journalistes présents lors de l'annonce de la liste de Deschamps pour les matches des qualification pour l'Euro-2020 contre la Moldavie et l'Islande ont ainsi pu l'apercevoir au fond de la salle, observant la façon dont le Basque gérait l'exercice.

L'ancien entraîneur de la Juventus Turin et de Marseille, 50 ans, en avait profité pour montrer sa «totale confiance en Corinne pour mener ce groupe le plus loin possible», un soutien parmi d'autres.

La plupart du temps, Deschamps insiste sur la riche carrière de l'ancienne défenseure de Soyaux (Charente), patronne des Bleues depuis septembre 2017 après être devenue à Clermont (2e division) la première femme à diriger une équipe masculine dans l'élite.

«Au-delà de cette relation professionnelle, j'ai beaucoup de respect pour le parcours de Corinne et pour sa réussite sportive, de joueuse puis d'entraîneure, notamment avec une équipe professionnelle masculine, où les problématiques sont bien différentes qu'en sélection», affirmait «DD» dans l'entretien publié par la Fédération.

Mêmes ressorts, même réussite ?

Diacre puise dans les discussions avec son aîné des éléments pour éventuellement «gagner un peu de temps et m'éviter de faire des erreurs», et espère insuffler dans son groupe «l'état d'esprit» solidaire affiché par les Bleus l'été dernier au Mondial russe.

«On ne va pas loin dans une compétition s'il n'y a pas un état d'esprit, un groupe qui travaille ensemble, qui a envie de faire des efforts les unes pour les autres», a ainsi martelé la technicienne après le sacre des garçons, qui ont «montré la bonne voie» selon elle.

Le sélectionneur de l'équipe de France, Didier Deschamps, lors du match de qualification à l'Euro 2020 face à la Turquie, à Kony, le 8 juin 2019 [FRANCK FIFE / AFP]
 
Le sélectionneur de l'équipe de France, Didier Deschamps, lors du match de qualification à l'Euro 2020 face à la Turquie, à Kony, le 8 juin 2019

«Le collectif avant tout» pourrait être le credo commun de Diacre et Deschamps qui, sans être pour autant des clones, usent parfois des mêmes ressorts pour piquer une individualité qui sort du rang.

Chez les hommes, Benjamin Mendy en a fait les frais en octobre, par exemple : «Les exigences du très haut niveau, ça va venir... Je ne désespère pas qu'il les fasse rentrer dans son cerveau», avait lâché Deschamps à propos du latéral gauche de Manchester City, à qui il avait conseillé de «prendre soin de son corps sur le terrain et en dehors».

La pépite parisienne Marie-Antoinette Katoto, finalement non sélectionnée pour le Mondial, avait eu droit à un recadrage en règle en janvier pour un manque d'implication à l'entraînement. «Il va falloir qu'elle réfléchisse bien à ce qu'elle veut, il y a des choses qui sont incompréhensibles», avait lancé Diacre.

Diacre-Deschamps, «DD» flingueurs par moments, tirent souvent dans le même sens. Le 7 juillet, jour de la finale mondiale des filles, on saura si la première atteindra sa cible avec la même réussite.

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