Tour de France 2019 : Julian Alaphilippe peut-il tenir jusqu’à Paris ?

Julian Alaphilippe compte plus d’une minute d’avance sur Geraint Thomas après les dix premières étapes. Julian Alaphilippe compte plus d’une minute d’avance sur Geraint Thomas après les dix premières étapes.[Belga / Icon Sport]

Le peloton a déjà englouti la moitié des 21 étapes du Tour de France 2019. Et si à mi-parcours Julian Alaphilippe est l’heureux porteur du maillot jaune, la route est encore longue jusqu’à Paris et le menu pour le moins copieux.

Au programme : les étapes de hautes montagnes dans les Pyrénées puis les Alpes avant l’arrivée sur les Champs-Élysées (28 juillet). De quoi mettre à mal la tunique dorée du Français, qui n’était pas attendu pour disputer la victoire finale au départ de Bruxelles. Mais dans son style caractéristique, qui lui a notamment permis de triompher cette année sur Milan-San Remo ou encore la Flèche wallonne, le numéro 1 mondial s’est brillamment distingué en même temps qu’il a surpris son monde. A sa plus grande joie. «Ces dix premiers jours sont au-delà de ce que je pouvais imaginer, a-t-il confié. Mon Tour est déjà presque réussi. Maintenant, tout ce qui va se passer n’est que du bonus.»

Et maintenant justement ? Que peut-il viser ? Peut-il devenir l’héritier de Bernard Hinault, dernier vainqueur tricolore sur la Grande Boucle en 1985 ? Pour le moment, il préfère profiter du moment présent et ne pas se projeter. «Je continue de courir pour le défendre, pour l’honorer. Ce que j’ai réalisé, c’est déjà incroyable. (…) Plus longtemps je garde le maillot, plus longtemps le rêve continue. Je prends chaque jour comme il vient», a-t-il indiqué sans se bercer d’illusions. «Le plus dur reste à venir. Je suis lucide sur ce qui va arriver. Je sais qu’il y a les Pyrénées, le contre-la-montre qui arrivent très vite», a ajouté Alaphilippe.

Mais il ne va pas rendre les armes sans lutter. A commencer par le contre-la-montre à Pau. «J’ai reconnu le parcours, il est très beau. Je sais que ce n’est pas mon domaine de prédilection, mais j’ai beaucoup progressé, j’ai beaucoup travaillé pour cela. Je ne vais pas rivaliser avec les meilleurs, mais c’est sûr que je vais tout donner comme d’habitude», a-t-il promis.

Meilleur grimpeur l’année dernière, il a également prouvé qu’il pouvait faire mieux que se défendre quand la route s’élève, lors de ses victoires au Grand-Bornand et à Bagnères-de-Luchon, malgré son profil de puncheur. Même si sa position de leader au classement général change considérablement la donne et l’attention que vont désormais lui porter les favoris. Mais Julian Alaphilippe pourra compter sur le soutien du public et son état de forme pour amener son maillot jaune le plus loin possible. «Quand tu le portes et que tu es Français, c’est tout ton pays qui vibre et qui rêve. Jusqu'à maintenant, je me sens très bien, je n’ai jamais été aussi bien, je me sens encore assez frais. J’espère me surprendre, réaliser de belles choses.»

Une chose est sûre, Julian Alaphilippe sera surveillé comme le lait sur le feu, et notamment par son dauphin Geraint Thomas. «On aurait aimé n'être qu’à quelques secondes de lui et pas à une minute (1’12 de retard, ndlr), mais tout va bien. On va le surveiller au fur et à mesure que la course avance, a indiqué le vainqueur sortant. Il y a de grands jours qui nous attendent dans les montagnes et d'ici le deuxième jour en altitude, nous en saurons plus. Si Alaphilippe accroît son avance, ça deviendra un problème.» Preuve que la menace Julian Alaphilippe n’est pas complétement fantôme… 

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