Evan Fournier : «Il faut qu’on arrête de se contenter de certaines places»

Evan Fournier, l’arrière des Bleus qui viennent de décrocher la médaille de bronze lors de la Coupe du monde en Chine, a répondu à nos questions. Evan Fournier, l’arrière des Bleus qui viennent de décrocher la médaille de bronze lors de la Coupe du monde en Chine, a répondu à nos questions. [Xavier Trèfle]

Toujours plus haut. Ça pourrait être la devise d’Evan Fournier, l’arrière des Bleus qui viennent de décrocher la médaille de bronze lors de la Coupe du monde en Chine. Une belle récompense mais le joueur d’Orlando et ses partenaires avaient un autre objectif : l’or.

Alors au moment de recevoir sa breloque, Fournier l’a immédiatement retirée de son cou. Un geste qui a fait parler sur les réseaux. Du haut de ses 26 ans, l’un des leaders de l’équipe de France a fait comme sur le terrain, il n’a pas fui ses responsabilités au moment de répondre, lundi, lors du retour des Bleus en France, au pavillon Gabriel à Paris.

Sur le podium, on vous a senti touché par cette troisième place, vous qui visiez l’or…

J’étais ému. Ça s’est vu sur ma tête, mes yeux, etc. Mais il y a énormément de choses positives dans ce championnat du monde. Comme l’a dit Vincent (Collet), c’est un groupe qui s’est créé. On peut tirer beaucoup d’enseignements sur nous-mêmes, sur nos adversaires et ça nous fera avancer c’est sûr.

À titre personnel, quel bilan tirez-vous de ce Mondial?

J’ai fait une Coupe du monde à l’image de celle de l’équipe de France : je suis passé au travers de ma demi-finale. Globalement, on a fait un très gros tournoi. C’est aussi pour cela que j’en ai fait une affaire personnelle. J’aurais aimé en faire plus durant cette demi-finale. Mener les gars vers une finale. Ouais, c’est vrai que je m’en veux. C’est un mélange de plusieurs choses en fait. Certains joueurs ont plus de responsabilités sur le terrain. Les leaders doivent trouver les ressources personnelles pour pouvoir aider leur équipe quand elle en a le plus besoin et je n’ai pas réussi à le faire donc je m’en veux.

On dirait que l’équipe de France a formé une famille durant ce Mondial…

C’est exactement ça. On a vraiment créé un groupe. C’est un peu bizarre à expliquer. Quand tu crées une alchimie comme ça, tu ne sais pas vraiment comment c’est venu. On a eu une entente extraordinaire. Je pense que le fait qu’il y ait eu une vraie hiérarchie avec des leaders, des soldats, des lieutenants etc. ça aide. Le groupe vivait très bien et même dans les moments durs on est restés soudés et solidaires. Je ne m’attendais pas forcément à ça pour être honnête.

Des joueurs t’ont impressionné pendant la compétition ?

(Il réfléchit) Le match que Luis Scola (28 points contre les Bleus) fait c’est impressionnant. Ce sont des gars comme ça qui te donnent envie de jouer longtemps au basket et de croire qu’on peut rester performant très longtemps (l’Argentin a 39 ans).

Sur le podium, vous avez directement retiré votre médaille. Comment expliquez vous ce geste ?

Je n’étais pas dans l’analyse. J’étais juste déçu. Je suis comme ça. Je ne sais pas faire semblant. Cette médaille, si je n’ai pas envie de la mettre autour de mon cou, je ne la mets pas autour de mon cou. Je vis dans ce milieu depuis que je suis gamin. A la maison, je n’ai jamais entendu que troisième c’était bien.

Je pense qu’on doit évoluer sur nos mentalités. Il faut qu’on arrête de se contenter de certaines places et qu’on vise l’or maintenant. Même si les Américains ont une meilleure équipe, quand tu fais une compétition c’est pour la gagner. Ce n’est pas que dans le sport. Quand t’es journaliste tu veux faire le meilleur papier possible. Il faut qu’on vise l’élite dans tout ce que l’on fait et je pense que c’est comme ça que les choses avanceront.

L’objectif est donc de remporter les Jeux olympiques à Tokyo ?

Tu ne peux pas commencer une compétition en disant je veux être deuxième, ce n’est pas possible. Il faut être conscient de la réalité. Si les Américains viennent avec une équipe au complet, bien sûr ils seront favoris et les battre sera très dur mais ça reste du sport, tout est possible. Il faut y aller pour gagner.

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