Un phénomène nommé Romane Dicko

Drôle, attachante et surtout impressionnante, la Française fait partie de la nouvelle génération dorée du judo.[Adidas]

Attention, prodige droit devant. La très jeune Romane Dicko, qui souffle sa vingtième bougie ce lundi, est considérée comme l'une des futures reines du judo. Avec elle, la relève est déjà assurée.

Mais si les éloges ne cessent de pleuvoir autour d'elle, la jeune femme ne se laisse absolument pas distraire. Bien au contraire. La native de Clamart garde la tête sur les épaules. Et si, au premier abord, elle paraît très « cool et insouciante », Romane Dicko est une personne très sérieuse qui sait ce qu’elle veut. Et surtout où elle va. Rencontrée à l’Insep mi-septembre lors d’une «rentrée à l’Américaine» organisée par Adidas, la judoka s’est confiée sur son statut et surtout ses objectifs à venir. Sans filtre.

Cette ancienne nageuse de niveau régional, arrivée sur le tard au judo (12 ans), à la fois drôle et attachante, est une véritable bouffée d’oxygène, qui sort de l’ordinaire. « J’adore la veste (VRCT d’Adidas). Par contre je préfère le t-shirt des mecs alors j’ai triché et j’en ai pris », s’amuse celle qui impressionne à la fois par sa carrure (1,80m pour 98kg) mais aussi par son sourire et sa décontraction. Mais attention à ses adversaires. Si elle aime rire, sur le tatami, elle n’est pas là pour rire. La jeune francilienne ne perd pas de temps.

Celle qui a fait ses débuts au club de Villeneuve-le-Roi avait marqué les esprits en étant sacrée championne de France de judo en 2016, alors qu’elle n’était que cadette, et surtout, qu’elle n’était pas encore ceinture noire. Rien d’étonnant alors de la voir championne d’Europe des lourdes (+78kg) l’an dernier à Tel-Aviv deux ans plus tard. A titre de comparaison, Teddy Riner décrochait son premier titre continental au même âge. Mais la comparaison s’arrête là car elle compte bien se faire son propre nom et son propre palmarès, «même si évidemment ce sont des exemples à suivre.»

Si je vais aux Jeux, ce n'est pas pour faire de la figuration

Et c’est fort logiquement que désormais elle prépare les Jeux olympiques de Tokyo en 2020. «C’est la compétition ultime, il n’y a rien au-dessus, c’est le Graal, il faut être là au bon moment», a-t-elle confié. Et lorsqu’on lui demande quel est son objectif pour ses premiers Jeux, Romane ne se cache pas. «Je m’entraine pour être championne, il n’y a pas d’âge pour ça, coupe-t-elle. Si je vais aux Jeux ce n’est pas pour faire de la figuration.»

Évidemment, elle est ambitieuse mais garde les pieds sur terre. Et celle qui aime prendre exemple sur les «plus grandes» (Clarisse Agbegnenou, Audrey Tcheuméo, Madeleine Malonga) ne compte pas brûler les étapes. «Je suis en phase de reprise, confie-t-elle. Je dois reprendre la compétition dans quelques semaines sur une petite compétition et ensuite il y aura le championnat de France. L’objectif est de monter en puissance petit à petit.»

Preuve qu’elle fait attention à tout, cette talentueuse judoka prépare une licence en physique-chimie en même temps qu’elle mène sa carrière professionnelle. «Le judo, ce n’est pas toute ma vie, précise-t-elle. J’espère durer mais un jour il faudra que j’arrête. Et on ne sait jamais ce qu’il peut arriver alors mieux vaut préparer l’avenir, il faut avoir un bagage.»

 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

Stay Strong #TDVES

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