Salut militaire, crâne rasé, Poing dressé, genou à terre… quand le sport rime avec gestes politiques

A la Coupe du monde 2018, le Suisse d'origine kosovare, Granit Xhaka avait fait le signe de l'Aigle à deux têtes albanais contre la Serbie.

Le sport est l’un des meilleurs moyens pour faire passer un message. Entre soutien à son pays, défiance envers un gouvernement ou une politique, les sportifs ont souvent réussi à faire passer leurs revendications aux yeux du monde entier.

1968 : le poing dressé des Black Panthers à Mexico

C’est sûrement la première image qui vient à l’esprit lorsque l’on évoque ce sujet. A Mexico, aux Jeux de 1968, les deux athlètes noirs américains Tommie Smith et John Carlos décrochent respectivement les médailles d’or et de bronze du 200m. Sur le podium, les deux hommes montent sans chaussures, en chaussettes noires. Et au moment où retentit l’hymne américain, ils baissent la tête et lèvent le bras au ciel, point fermé et gant noir. Un geste, associé aux Black Panthers (mouvement révolutionnaire afro-américain qui luttait pour les droits des Noirs, auquel les deux athlètes n’ont jamais fait partie), en signe de protestation contre la ségrégation raciale aux États-Unis.

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1980 : le bras d’honneur

Douze ans plus tard dans le stade olympique de Moscou, le Polonais Wladyslaw Kozakiewicz décroche l’or olympique à la perche et battant le record du monde. Sifflé tout au long du concours par le public soviétique, il leur adressera un bras d’honneur après son triomphe comme pour montrer que lui et son pays n’étaient pas dépendants de l’URSS.

2000 : un drapeau pour la cause aborigène

A Sydney, aux Jeux de 2000, c’est l’athlète australienne d’origine aborigène, Cathy Freeman, qui marquera la compétition. Après son magnifique succès sur le 400m devant les 112 524 spectateurs de l’ANZ Stadium, la championne olympique effectue un tour d’honneur avec deux drapeaux. L’un bleu, avec ses étoiles et l’Union Jack anglais, la bannière australienne. L’autre rouge et noir, teinté d’un soleil doré, l’étendard des Aborigènes, de ses origines et de sa terre. «Ce qui est arrivé ce soir est un symbole, avait confié Freeman. Quelque chose va changer pour les Aborigènes, l’attitude des gens dans la rue, les décisions des politiques… Je sais que j’ai rendu beaucoup de gens heureux, quelle que soit leur vie, leur histoire, et moi aussi je suis heureuse d’avoir accompli ça.»

2004 : la prise de poids volontaire

Arash Miresmaeili aurait pu décrocher une médaille olympique au judo pour l’Iran aux Jeux de 2004 à Athènes. Mais il en a décidé autrement. Inscrit dans la catégorie des moins de 66kg, l’Iranien est disqualifié pour avoir 5,5 kg de trop à la pesée. Le porte-drapeau de sa nation devait affronter l’Israélien Ehoud Vaks. «Je me suis entraîné pendant des mois, je suis en forme, mais je refuse de combattre contre un Israélien, par sympathie pour les souffrances du peuple palestinien, et cette élimination ne me bouleverse pas», avait-il déclaré à l’agence officielle Irna.

2005 : le discours unificateur

Alors que la guerre civile fait rage en Côte d'Ivoire, la sélection ivoirienne emmenée par Didier Drogba décide de se servir du football pour réclamer la paix et de nouvelles éléctions.

2008 : le maillot de bain anti-kosovo indépendant

Aux Jeux de Pékin, le nageur serbe Milorad Cavic arbore un maillot sur lequel il est inscrit «Le Kosovo est Serbe». Dans le même temps, le Kosovo, territoire serbe, est en pleine demande de son indépendance.

2008 : le crane rasé pour le tibet

Toujours lors des Jeux de Pékin, Szymon Kolecki, un haltérophile polonais, s’est rasé la tête en signe de solidarité avec les moines tibétains et la répression au Tibet. «Je peine à croire que je vais concourir dans un pays qui réprime dans le sang des manifestations de rues et persécute les gens qui ne sont pas d'accord avec le parti au pouvoir», avait-il indiqué quelques mois avant les JO.

2009 : le t-shirt à message pour les palestiniens

Attaquant du FC Séville, le buteur malien Frédéric Kanouté célèbre un but en montrant un t-shirt sur lequel figure le mot «Palestine» en soutien aux Palestiniens en marge de la guerre de Gaza.

2010 : le maillot en espagnol des suns en soutien aux immigrés

Alors que l’adoption d’une loi est votée contre les immigrés dans leur Etat (Arizona), la franchise NBA des Phoenix Suns décide de jouer plusieurs rencontres de championnat avec l’inscription «Los Suns» en soutien aux immigrés.

2014 : le t-shirt hommage de lBJ

Alors joueur de Cleveland, LeBron James arbore un t-shirt tout noir avec l’inscription « I can’t breathe » avant un match NBA. Il rend hommage à l’Afro-Américain Eric Garner, tué par des policiers en décembre 2013.

2014 : le départ anticipé des athlètes

Pour soutenir leur pays, des athlètes ukrainiens vont quitter les Jeux de Sotchi. Une façon pour eux de protester contre l’usage de la force par le gouvernement de Viktor Ianoukovitch qui a fait de nombreux morts à Kiev.

2016 : le genou à terre de kaepernick 

Lors d’un match de préparation de football américain, Colin Kaepernick refuse de se lever pendant l'hymne américain pour protester contre le traitement des Afro-Américains et des minorités aux États-Unis. Son geste sera repris et deviendra historique.

2016 : le portrait de Poutine exhibé

Alors que les relations de la Russie et la Turquie sont tendues, à la fin d’un match de Ligue Europa entre le club turc du Fenerbahçe et le Lokomotiv Moscou, Dmitri Tarasov a exhibé un t-shirt floqué du portrait de Vladimir Poutine portant un béret vert, avec l’inscription en russe «Le plus poli des présidents».

2018 : l’aigle albanais mimé avec les mains 

Alors que la Serbie affronte la Suisse, Granit Xhaka et Xherdan Shaqiri, joueur suisse d’origine kosovare marqueront et célébreront leur but en mimant, avec leurs mains, l’aigle à deux têtes du drapeau albanais.

2019 : le salut militaire des turcs

Alors que la Turquie s’engage dans le nord de la Syrie sur des positions kurdes, la sélection turque, face à l’Albanie et la France, effectuera un salut militaire en soutien à leurs soldats.

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