NBA 2K20 : Entretien avec Tony Parker sur son profil de gamer, les Spurs et la saison NBA à venir

Tony Parker a eu le sentiment de voir les Spurs tutôyer la perfection lors des NBA Finals 2014. [Rob Carr / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP]

De passage à Paris pour la promotion de NBA 2K20, Tony Parker a accepté de répondre à nos questions sur son profil de gamer, sur l’épopée des Spurs en 2014, et la saison NBA à venir.

Cette interview est également l’occasion rêvée pour demander personnellement à la légende du basketball français d’intervenir auprès de Boris Diaw pour forcer ce dernier à s’occuper de la paperasse nécessaire afin de le voir figurer dans cet effectif des Spurs 2014, dont il est aujourd’hui absent.

Quel genre de gamer êtes-vous ?

J’aime bien jouer aux jeux vidéo. Bien évidemment, je jouais beaucoup étant plus jeune. Maintenant, un peu moins. Mais c’est toujours un plaisir. Je suis moins compétiteur qu’avant. Je joue plus pour le fun. Et j’ai hâte que mes enfants puissent se mettre à jouer pour découvrir 2K.

Il y a une équipe que vous prenez à coup sûr pour être certain de battre votre adversaire ?

Non, je joue avec toutes les équipes. Ça ne me dérange pas.

Avez-vous utilisé l’outil de construction de joueurs dans NBA 2K20 ?

Non. Je joue avec les équipes existantes.

Si vous deviez créer un profil de joueur en particulier, ce serait lequel ?

Ce serait un joueur similaire à Michael Jordan. C’est le joueur parfait.

Avez-vous déjà eu l’occasion de jouer en ligne ?

Pas vraiment. Je joue avec mes amis et mes frères.

Certains joueurs NBA, comme Kyrie Irving et J.R. Smith, jouent contre ou avec des Youtubeurs américains. C’est quelque chose que vous pourriez faire ?

Oui pourquoi pas. Je n’ai jamais eu vraiment l’opportunité de faire cela. Mais un jour peut-être.

© 2K France

NBA 2K20 a ajouté les San Antonio Spurs de 2014 à sa liste des équipes historiques. Cela a-t-il une signification particulière à vos yeux ?

Pour moi, c’est probablement le plus beau titre. Ne serait-ce que pour l’histoire qu’il y a derrière, avec cette défaite cruelle en 2013, et le fait de revenir comme nous l’avons fait la saison suivante. C’était une année particulière en plus pour moi, une saison incroyable, parce que je suis All-Star, dans la All-NBA Second Team. Je fais peut-être une de mes meilleures années en NBA. Et la façon dont on jouait, c’est probablement le plus beau basket que j’ai joué, et que nous avons joué collectivement, de notre carrière. Nous étions tous sur la même longueur d’onde. Comment on se passait la balle, la défense, etc… c’était vraiment beau à voir. Et même nous, quand on jouait, on sentait que nous avions atteint un niveau de jeu très rarement atteint collectivement dans une équipe.

C’est aussi le résultat de 15 saisons à jouer avec Tim (Duncan, ndlr) et Manu (Giobili, ndlr), et l’équipe était parfaitement construite autour de nous. C’est aussi une époque où tous les systèmes passaient par moi, après que Gregg Popovich ait décidé en 2011 de faire la transition entre Tim et moi. C’était un jeu avec beaucoup de pick&roll, ça jouait vite, ça tirait à trois points, on défendait. C’était vraiment bien.

C’est cette finale-là où vous marquez un panier décisif pour entamer la série ?

Non, ça, c’était en 2013.

(Le journaliste est alors envahi par le sentiment de culpabilité de n’avoir pas pu se souvenir correctement de ce détail… ULTRA IMPORTANT. Mais Tony Parker, grand prince, lance une perche pour le sauver des eaux tumultueuses dans lesquelles il pensait se noyer).

Non, mais ces deux finales, 2013 et 2014, étaient très belles. Le niveau de jeu était très élevé. Miami avait une grosse équipe, avec LeBron James, Dwyane Wade, et Chris Bosh.

En 2014, il y a eu cette montée en puissance tout au long des playoffs, avant d’atteindre ce nirvana lors des NBA Finals. C’est quoi la sensation que vous aviez sur le terrain à ce moment-là, où tout semble s’enchaîner à la perfection ?

J’avais l’impression de jouer à un niveau que nous n’avions jamais atteint auparavant. L’impression d’atteindre la perfection.

Dans NBA 2K20, on peut jouer avec les Spurs 2005 et les Spurs 2014. Deux équipes au style de jeu très différent. Que pouvez-vous nous dire sur cette évolution au fil des saisons ?

Gregg Popovich a eu l’intelligence d’évoluer avec ses équipes, de savoir qui était en forme, qui vieillissait. En 2005, le jeu est axé à l’intérieur, sur Tim Duncan. A cette époque, il est double-MVP (2002 et 2003). Manu Ginobili commence à se révéler. C’était un peu le début du «Big Three», au moment où le terme se popularise au sein de la ligue.

En 2014, le jeu tourne plus autour de moi, avec un jeu en pick&roll. Duncan et Ginobili vieillissaient, donc on jouait un peu différemment, avec beaucoup de contre-attaques, plus de tirs à trois points, avec un rythme plus élevé. Pop (Gregg Popovich, ndlr) a eu cette intelligence de construire le jeu autour du joueur le plus en forme. Parce que, quand tous les soirs le jeu tourne autour de toi, il faut être en forme (rires).

Gregg Popovich est également un coach qui s’est beaucoup inspiré du basketball international, notamment avec ses expériences avec le Team USA où il a été assistant coach avant d’en prendre le contrôle cet été.

Je pense qu’il a commencé à s’en inspirer bien avant Team USA. Moi je suis drafté en 2001, et Manu Ginobili en 1999. Donc il avait déjà entamé ce processus. Les Spurs sont précurseurs en la matière selon moi. Ils sont les premiers à drafter des joueurs européens à une époque où cela était rare. Quand je suis arrivé dans la ligue, aucun meneur venant d’Europe n'avait réussi à s’imposer en NBA. Donc c’était un gros risque pour eux de sélectionner un joueur français. En 1999, ils choisissent Manu alors qu’il n’a que 18 ans et vient d'Argentine. C’est une vraie prise de risque.

Une déception est présente dans cette équipe des Spurs 2014 sur NBA 2K20. C’est l’absence de Boris Diaw dans l’effectif. Pourquoi Boris n’est pas dans le jeu ?

Y’a pas Boris ?

Non, il n’est pas là. Donc il faut que vous preniez votre téléphone pour lui demander de corriger cette erreur, de signer l’accord avec 2K, je ne sais pas...

Je n’avais pas remarqué ça, je n’ai pas encore joué avec les Spurs 2014.

Un mot sur la présence de la WNBA dans NBA 2K20. A quel point est-ce important ?

Je trouve ça génial. Je suis à 100% pour le basket féminin, et cela se voit dans mes investissements (Tony Parker est devenu l’actionnaire majoritaire de l’équipe féminine de l’ASVEL il y a deux ans, et le club enchaîne les résultats depuis). Je trouve cela logique, tout simplement. Et je me demande pourquoi cela n’avait pas été fait avant. La présence de la WNBA dans le jeu, je trouve cela génial.

Quelles équipes NBA allez-vous suivre particulièrement cette saison ?

J’ai envie de dire toutes les équipes. Je pense qu’on est parti pour une saison passionnante. Il y a eu tellement de changements. Le visage de la NBA n’est plus le même avec tous les mouvements de joueurs. Et ça va être intéressant de voir comment la mayonnaise va prendre dans chaque club.

Il n’y a pas deux ou trois clubs qui t’intriguent vraiment plus que les autres ?

Les Los Angeles Lakers, bien sûr. Ça va être intéressant de voir ce que cela va donner avec Anthony Davis. Les Houston Rockets, avec toutes les questions autour de l’association entre James Harden et Russell Westbrook. Et les Los Angeles Clippers, pareil, avec Kawhi Leonard et Paul George. Toutes les équipes ont changé, et ça va être très intéressant de suivre tout cela.

Et la conférence Ouest reste un coupe-gorge…

Oui, la conférence Ouest, c’est n’importe quoi !

À suivre aussi

J.-B. Djebbari : «Il y a des sujets de sécurité sur lesquels il faut tirer les enseignements»
Interview Jean-Baptiste Djebbari : «Il y a des sujets de sécurité sur lesquels il faut absolument tirer les enseignements»
Jean-Christophe Lagarde sur le Brexit :«C'est un mauvais accord, je pense qu'il ne peut pas marcher»
Interview Jean-Christophe Lagarde sur le Brexit : «C'est un mauvais accord, je pense qu'il ne peut pas marcher»
Hubert Védrine : «Je pense que la priorité absolue est de bloquer l'islamisme»
Interview Hubert Védrine : «Je pense que la priorité absolue est de bloquer l'islamisme»

Ailleurs sur le web

Derniers articles