Coupe du monde de rugby : l’Afrique du Sud et Siya Kolisi en route vers l’histoire contre l’Angleterre

Les Springnoks peuvent décrocher un troisième titre mondial, comme les All Blacks.[PA Images / Icon Sport]

Une finale pour entrer dans la légende. Opposée à l’Angleterre, samedi, en finale de la Coupe du monde de rugby, l’Afrique du Sud a l’occasion d’inscrire une troisième fois son nom au palmarès après 1995 et 2007.

Terminées les années de galère. Les Springboks sont de retour sur le devant de la scène. Après une période très compliquée, marquée entre autres par un revers marquant contre le Japon au Mondial 2015 (malgré le fait d’avoir atteint la demi-finale), la plus lourde défaite de son histoire (57-0 contre la Nouvelle-Zélande en 2017) et la première contre l’Italie (20-18 en 2016), l’Afrique du Sud a subi un incroyable redressement. Et ce en seulement un an et demi.

L’arrivée sur le banc de Rassie Erasmus en urgence début 2018 devait stopper l’hémorragie de n’importe quelle manière. Et l’ancien international, âgé de 46 ans, y est parvenu à la fois sur le plan mental et sportif. «En 2016 et 2017, toutes les équipes qu’on a affrontées nous ont mis une raclée, a résumé celui qui deviendra seulement directeur technique de la Fédération après la Coupe du monde. L’un de nos défis a toujours été de nous racheter et de redevenir ce que nous étions, à savoir une grande puissance du rugby, avec l’objectif de devenir numéro un ou deux mondial, raconte Rassie Erasmus. Pour y parvenir, il faut avoir un socle. On a suivi un plan de route et on a joué en fonction des statistiques et de la manière dont le jeu est arbitré en ce moment. Et à court terme, ça se traduit par de bons résultats.»

«Nous voulons assister à l'histoire»

Il faut dire que depuis le début de la compétition hormis la défaite (23-13) contre la Nouvelle-Zélande en phase de poules, les Boks n’ont rencontré aucune difficulté sauf en demi-finale contre le pays de Galles (16-19). Enfin, si le score était serré, ils n’ont pas forcément été dominés par les Gallois. Au contraire, ils ont imposé, comme depuis le début de l’ère Erasmus, leur physique. Depuis l’arrivée d’Erasmus, en remplacement d’Allister Coetzee, le rugby sud-africain a renoué avec son ADN passé (la domination des avants, le jeu au pied d’occupation, la conquête solide).  

«Avant d’être sélectionneur, Rassie Erasmus a été nommé directeur du rugby début 2017 et a été chargé de recréer le style du rugby national. L’objectif était que tous les niveaux de rugby jouent un style similaire, explique Sundesh Maes, manager commercial pour le groupe Independant Media (qui possède plusieurs quotidiens nationaux). Il a accepté cette tâche et en récolte maintenant les fruits.» Le manager est en passe de réussir son pari et offrir un troisième sacre Mondial à son pays (ce que seule la Nouvelle-Zélande a déjà fait) même si contre l’Angleterre, il aura fort à faire.

En tout cas, les Boks auront le soutien de toute une nation pour y arriver. Le pays se retrouve en effet dans cette équipe où les joueurs noirs sont désormais plus nombreux. D’ailleurs Siya Kolisi est le premier capitaine noir de l’histoire de l’Afrique du Sud. Ce qui prouve que les mentalités ont évolué dans un pays qui a connu l’Apartheid au début des années 1990. «C’est quelque chose qu’a toujours dit Rassie, qu’il fallait que l’équilibre soit juste et que l’équipe représente réellement notre pays. Je pense que nous avons accompli ça», a confié le pilier Tendai Mtawarira. 

«Le pays les soutient.  Et le #Stongertogether ne cesse d’être repris sur les réseaux sociaux, détaille Sundesh Maes. Nous sommes unis et croyons que les Boks peuvent aller jusqu’au bout cette année. Toute la nation sera en arrêt samedi à 11 heures (heure locale). Le match sera diffusé à travers le pays sur la chaîne gratuite SABC afin que toute la nation ait accès à cet événement. Nous voulons assister à l’histoire... Et voir Siya Kolisi lève la coupe Webb Ellis !»

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