Boxe, cyclisme, foot, catch, Dakar… le sport, nouveau terrain de jeu de l'Arabie Saoudite

Le catch a investi le royaume saoudien depuis quelque temps.[FAYEZ NURELDINE / AFP]

L’Arabie Saoudite entre dans la danse. Alors que l'un des plus gros combats de boxe (Anthony Joshua-Andy Ruiz Jr) aura lieu le samedi 7 décembre à Riyad, le royaume veut prouver qu'il souhaite certes se tourner vers la culture mais aussi - et surtout - vers le sport.

Il s’y est déjà passé quelque chose d’inhabituel, le 31 octobre dernier. A Riyad, avant de voir le boxeur Tyson Fury se tester, la Canadienne Natalie Katherine Neidhart et l’Américaine Lacey Evans ont pu s'affronter, dans le cadre du «Crown Jewel», l’un des plus grands événements de catch au monde. Un combat féminin en Arabie Saoudite ? Encore impensable il y a quelques années.

Et pourtant, avec la volonté du prince héritier Mohammed ben Salmane d’investir dans le sport en 2016 avec le «Vision 2030», le royaume s’est ouvert à l’organisation d’événements sportifs comme le catch, pour la plus grande joie des Saoudiens, très friands de cette discipline spectacle. C’est ainsi qu’en 2018, la fédération nord-américaine WWE a signé un partenariat de dix ans avec le royaume.

La stratégie du «soft power»

Dernièrement, c’est le Dakar qui est entré dans l’escarcelle des Saoudiens. Amaury Sport Organisation, organisateur du célèbre rallye-raid, a en effet signé un contrat de cinq ans avec le pays, afin d’y organiser l’épreuve, après une dizaine d’années en Amérique du sud. Quelques mois après cette annonce, ASO a également fait part de la création du Saudi Tour, une course cycliste professionnelle en cinq étapes.

Le football, sport le plus populaire de la planète, est également, et évidemment, de la partie. Si le championnat national se porte bien et attire souvent des joueurs en fin de carrière (le Français Bafétimbi Gomis évolue à Al-Hilal et a notamment remporté la Ligue des champions asiatique), un pas a été franchi le 15 novembre dernier lorsque l’Argentine est venue battre le Brésil (1-0) grâce à un but de Lionel Messi devant 22.000 spectateurs. L’été dernier, la fédération saoudienne s’est aussi offert Hervé Renard comme sélectionneur national. Histoire de passer un cap avec l’ancien patron du Maroc. Et en janvier, c'est surtout la Supercoupe d'Espagne, nouvelle formule (demi-finale et finale) avec le Real Madrid et le FC Barcelone notamment, qui s'y déroulera… deux ans après celle d'Italie (Juventus-Milan).

Le 7 décembre prochain, c’est sur un ring (de 15 000 places) que l’attention sera tournée en Arabie Saoudie. La très attendue revanche entre le Britannique Anthony Joshua et l'Américain Andy Ruiz Jr se déroulera à Dariya. Puis un tournoi de tennis d’exhibition aura lieu dans la même ville (12-14 décembre). Sans oublier, la Formule E qui fera son apparition dans le pays du Golfe en 2020.

A noter que les femmes ont le droit de faire du sport depuis quelques années. Le ministère de l’Education a décidé d’introduire la pratique du sport en milieu scolaire pour les jeunes filles dans les écoles publiques en mars 2017. Une grande avancée.

De quoi mettre encore en lumière le royaume qui souhaite s’ouvrir au monde avec ce «soft power» (stratégie d’influence), qui a une image négative, à cause notamment de la guerre au Yémen et de l'affaire Khashoggi. Mais aussi concurrencer ses voisins (Qatar, Emirats Arabes Unis) qui ont de l’avance dans ce domaine. Prochaines étapes, l’achat d’un club de football européen ?

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