La championne olympique Emilie Andéol, désormais au chômage, se confie sur sa «galère»

Emilie Andéol avait été sacrée championne olympique aux JO de Rio en 2016. Emilie Andéol avait été sacrée championne olympique aux JO de Rio en 2016.[Nolwenn Le Gouic/Icon Sport]

On se souvient de ses larmes sur la plus haute marche aux JO de Rio en 2016. Emilie Andéol n’a pu les retenir en évoquant sa terrible histoire, ce mardi, au Parisien avec des révélations poignantes.

La judokate tricolore, âgée de 32 ans, «est en pleine galère». Trois ans et demi après son sacre olympique au Brésil, elle est sans emploi. «Oui, je suis championne olympique et je suis au chômage», confie-t-elle au quotidien. Sa médaille d’or n’a pas eu l’effet escompté sur sa carrière et sa vie. «J’ai gagné les Jeux, je me suis dit : Je vais en profiter. Et finalement, rien», déplore-t-elle au point de regretter «d’avoir été championne olympique».

Malgré un titre, il est difficile pour Emilie Andéol comme les autres judokas français de sortir de l’ombre de Teddy Riner. «On me disait : ‘Tu comprends, il y a Teddy Riner’. Et alors ? Je suis une femme, j’ai mon histoire», lance-t-elle. Une histoire qu’elle s’est forgée depuis sa plus tendre enfance sur les tatamis, elle qui a raccroché le kimono un an après les Jeux. «Le judo me permettait de faire sortir tout ce que j’enfouissais au fond de moi… Ce n’est pas simple quand on est une adolescente d’être pas très grande, ronde et noire, le sport m’a permis de prendre confiance en moi. J’aimerais que mon parcours aide des jeunes», déclare la championne.

Désormais installée à Bordeaux, elle traverse une période très compliquée et son moral est au plus bas. «J’ai pris 10 kg, depuis je fais un gros travail sur moi-même pour extérioriser, je me suis mise à écrire… Mes parents s’inquiètent, je les rassure mais je ne m’attendais pas à ça», assure-t-elle. Et le pire est peut-être à venir, notamment sur le plan financier. «La Fédération de judo a prolongé ma bourse d’un an car j’ai mis en place une tournée, mais, en janvier, tout ça va s’arrêter», prévient Emilie Andéol, qui a fait «un bilan de compétences», «repris des études» et envoyé «des CV», mais aussi «des lettres» dans l’espoir de s’en sortir. D’autant qu’elle est loin de se laisser abattre. «J’ai plein d’idées, plein d’envies», lance-t-elle. La mentalité d’une battante.

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