Sarah Herzali : «Les femmes ont leur place dans le monde du poker»

Sarah Herzali fait partie de la Team Pro PMU poker depuis 2016. Sarah Herzali fait partie de la Team Pro PMU poker depuis 2016.[Sophie Pons/PMU]

Elle est l'une des figures phares du poker féminin en France. Originaire de Marseille, Sarah Herzali, qui sera présente, à partir du 2 janvier 2020, au France Poker Open by PMU au club Montmartre à Paris, brille dans un monde où les femmes sont rares.

Comment avez-vous commencé à jouer ?

Un peu par hasard. J’étais avec mon copain de l’époque qui était croupier et il m’a appris un peu les règles. Je me suis toute de suite prise au jeu car j’ai toujours aimé les jeux d’argent. Quand j’étais plus jeune, j’avais hâte d’avoir 18 ans pour aller au casino. Pour moi, c’était mieux qu’un parc d’attractions.

Et depuis vous n’avez jamais décroché ?

J’ai joué pendant près de six ans sans sponsor, ni rien. Et puis, je suis arrivé à un stade de ma vie où j’étais lassé. J’ai décidé d’arrêter le circuit, même si je continuais à jouer en partie privée pour gagner de l’argent. J’avais repris mes études à distance. Mais au bout d’à peu près un an, j’ai reçu un appel d’un ami pour me dire que PMU souhaitait avoir mon numéro. J’ai été très surprise. Et au final, je me suis laissée convaincre et je viens de signer pour une 4e année avec la Team Pro.

Est-ce facile d’être une femme à une table de poker ?

Je suis dans le milieu depuis plus de dix ans et je n’ai jamais rencontré le moindre problème jusqu’à maintenant. Mais toutes les femmes n’ont eu pas cette chance. J’ai eu des échos de certaines qui ne se sont pas senties à l’aise en s’installant à une table et qui n’ont pas toujours été très bien accueillies.

Cela peut-il expliquer que le poker reste un univers très masculin ?

C’est sûrement une des raisons. Mais ce n’est pas la seule. Le poker reste un jeu de d’argent et les femmes sont peut-être un peu plus conservatrices. Il y a cette barrière de l’argent. Il peut également y avoir une barrière familiale. Une femme avec des enfants aura plus de mal à se dégager du temps pour jouer au poker. En tout cas, ce n’est en aucun cas une question de compétences. Les hommes et les femmes sont sur le même pied d’égalité.

Comment faire pour féminiser davantage le poker ?

Il y a eu la création de tournois exclusivement réservés aux femmes. Ils ont permis à certaines de se lancer. Les sites en ligne permettent également de franchir le pas. De mon côté, j’ai lancé ma chaine Twitch, que j’anime plusieurs soirs par semaine, pour parler poker et pourquoi pas inciter certaines femmes à se laisser tenter.

Regrettez-vous qu’il y ait peu de femmes qui jouent au poker ?

C’est vraiment dommage. Mais je reste convaincu que cela va s’améliorer avec le temps. D’autant qu’il y a de plus en plus de femmes qui percent sur le circuit et qui prouvent que les femmes ont largement leur place dans le monde du poker. Cela peut servir d’exemples et de source de motivation.

Comme vous par exemple…

Si je peux, tant mieux. Après je suis consciente que j’ai obtenu de bons résultats, mais je n’ai pas encore réussi de grandes performances sur des tournois très relevés. Je me sens peut-être mieux sur des petits tournois que sur des tournois très cher où le niveau très élevé. Mais ça me va très bien. Je ne cherche pas à être la meilleure joueuse du monde, je veux juste continuer prendre du plaisir.

Justement, quel est votre meilleur souvenir ?

Il est très récent. C’est ma victoire au France Poker Open à Saint-Amand-les-Eaux en septembre. Je traversais un moment un peu difficile dans ma vie et cette victoire est arrivée au bon moment. Elle m’a fait beaucoup de bien. J’ai eu un sentiment de bien-être après ce tournoi.

Combien de temps vous voyez vous encore jouer ?

Honnêtement, je ne sais pas encore. Mais, tant que j’ai mon sponsor, je ne me vois pas arrêter. C’est clairement une place privilégiée et j’ai une vie assez sympa. Mais je ne vois pas non plus jouer encore à 60 ans.

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