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Cyclisme : un ancien meilleur grimpeur du Tour de France accusé d’avoir fait tuer ses voisins en Colombie

Lucho Herrera avec son maillot à pois lors du Tour de France 1987. [AFP]

Maillot à pois des Tours de France 1985 et 1987, Luis (ou Lucho) Herrera fait l'objet d'une enquête en Colombie pour un quadruple meurtre. 

Une histoire sordide. Meilleur grimpeur des Tours de France 1985 et 1987 et vainqueur de la Vuelta la même année, Lucho Herrera est accusé d'avoir été le commanditaire de quatre meurtres en Colombie il y a plus de vingt ans. Une enquête a été ouverte par le tribunal de Fusagasugá, ville située au sud de Bogota, contre l'ancien cycliste suite aux témoignages de trois ex-paramilitaires. 

Selon la chaîne d'information colombienne Noticias Uno, qui a eu accès aux déclarations judiciaires des témoins, le cycliste aurait demandé au chef d'un groupe armé l'enlèvement puis le meurtre de quatre de ses voisins pour récupérer leurs terres. 

Dans ces témoignages, les ex-paramilitaires, anciens membres de «l'Autodefensas Campesinas del Casanare» affirment que Lucho Herrera est le commanditaire de la disparition et de l'assassinat des quatre paysans, qui étaient désignés à l'époque par l'ancien cycliste comme étant des membres des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie). 

Le parquet a qualifié les meurtres de «crimes contre l'humanité», leur conférant un caractère imprescriptible.

Des témoignages précis 

Selon les informations de Noticias Uno, «Ojitos» et «Menudencias», deux des trois témoins, ont assuré que Lucho Herrera faisait partie des proches de Martin Llanos, à l'époque chef de «l'Autodefensas Campesinas del Casanare». Selon eux, les quatre personnes assassinées (Gonzalo Guerrero Jimenez, Victor Manuel Rodriguez Martinez, José del Carmen Rodriguez Martinez et Diuviseldo Torres Vega) n'étaient pas des membres des FARC, et Lucho Herrera les aurait fait éliminer pour les déposséder de leurs terres. 

«Il nous a dit qu'ils étaient des miliciens de la guérilla», a d'abord raconté «Ojitos», avant de poursuivre : «M. Herrera m'attendait à la ferme, il m'a offert quelque chose à boire, m'a donné une bouteille d'eau et m'a dit qu'il avait quelque chose à me donner. Puis, il a sorti deux enveloppes, dans l'une d'elles il y avait des photos de quatre personnes que nous devions ramasser, il a dit qu'ils étaient des miliciens de la guérilla, qu'ils allaient le kidnapper. Dans l'autre enveloppe, il y avait 40 millions de pesos (8.000 euros, ndlr) et il nous a demandé si nous voulions acheter des fusils et des motos». 

L'autre témoin, «Menudencias», a par la suite livré des détails très précis de l'enlèvement et du meurtre : «nous en avons pris deux à un endroit et les deux autres à des endroits différents, nous avons utilisé des badges du DAS (Département Administratif de Sécurité, ndlr), avec des gilets et des casquettes. Il était environ 6h ou 7h du matin. Nous en avons mis deux à l'arrière de la voiture et deux à l'avant. Puis, nous les avons enterrés sur la route de Novilleros à La Aguadita, dans une ferme (appartenant à Lucho Herrera) au bord de la route. Nous les avons égorgés et découpés à la machette. Nous les avons découpés en six morceaux : la tête, les bras, les jambes et le tronc». 

Selon les informations de Noticias Uno, le dénommé «Ojitos» aurait assuré que ce n'est qu'après le crime que les trois ex-paramilitaires ont découvert que les quatre personnes assassinées n'étaient pas des membres des FARC. 

«Ojitos» a été condamné à vingt-deux ans de prison par le juge, qui a ordonné l'ouverture d'une enquête contre Lucho Herrera, avant de transmettre le dossier au procureur général. L'ancien cycliste, quant à lui, a affirmé dans un communiqué paru ce mardi ne jamais avoir «appartenu à des organisations criminelles». «Je n'ai jamais eu l'intention de nuire à qui que ce soit. J'ai consacré ma vie au sport et, après ma retraite du cyclisme professionnel, à un travail honnête. Je rejette catégoriquement les accusations qui cherchent à salit mon nom et mon parcours de citoyen, de travailleur et de père de famille», a-t-il ajouté. 

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