L’athlète transgenre et non-binaire Nikki Hiltz a vivement réagi, ce samedi, à la décision de World Athletics d’imposer des tests génétiques aux concurrentes féminines lors des prochains Championnats du monde à Tokyo.
Une décision qu'elle n'apprécie pas. L’athlète transgenre et non-binaire Nikki Hiltz a critiqué la volonté de World Athletics d'administrer des tests génétiques aux sportives féminines lors des mondiaux de Tokyo en septembre prochain (13 au 21).
«Les tests de sexe sont une pente glissante. Évidemment, je vais le faire. Je ne vais pas protester ou quoi que ce soit. Je n’aime simplement pas le précédent que cela crée», a déclaré l'athlète spécialiste du demi-fond, après sa victoire lors des sélections américaines, synonyme de qualification pour les Championnats du monde.
Adopté mercredi, le nouveau règlement prévoit qu’un test génétique soit réalisé une seule fois dans la vie de l’athlète, par prélèvement buccal ou analyse sanguine. Il doit permettre de détecter la présence du gène SRY, situé sur le chromosome Y et responsable du développement des caractéristiques masculines.
La crainte de techniques plus invasives
Si le test est négatif, l’athlète peut concourir dans la catégorie féminine pour toutes les compétitions officielles. En revanche, s’il est positif, elle ne pourra participer aux épreuves féminines que lors de compétitions ne comptant pas pour le classement mondial, ou devra concourir dans une autre catégorie.
«Je crains que cela ouvre la porte à des techniques plus invasives dans d’autres fédérations», a expliqué l'athlète, tout en appelant à consacrer plutôt du temps, de l’énergie et de l’argent à la lutte contre «les entraîneurs violents» ou aux «allégations de dopage».
Depuis plusieurs années, l’athlétisme mondial tente de définir des critères d’éligibilité pour les épreuves féminines. Les femmes transgenres ayant connu la puberté masculine sont actuellement interdites de participation en catégorie féminine, tandis que les athlètes dont le corps produit des niveaux élevés de testostérone doivent suivre un traitement médical pour pouvoir concourir.