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Roland-Garros 2026 : grandissime favori, Jannik Sinner face au piège de l'évidence

Battu en finale l'an passé par Carlos Alcaraz au terme d'un match immense, il revient à Paris avec un statut encore plus fort. [Alfredo Falcone/ Icon Sport]

Propulsé seul en haut de l’affiche après le forfait de Carlos Alcaraz, Jannik Sinner arrive à Roland-Garros dans une position aussi enviable que périlleuse. Intouchable depuis janvier en faisant mainmise sur les Masters 1000, l’Italien a un coup d'avance certain sur le circuit.

La Coupe des Mousquetaires n'attend que lui. Jannik Sinner débarque à Roland-Garros avec l'assurance de ceux qui ne tremblent pas. Aucun joueur dans l'histoire n'avait remporté les cinq premiers Masters 1000 de la saison. Jannik Sinner l'a fait. Indian Wells, Miami, Monte-Carlo, Madrid, Rome : une razzia inédite, un tableau de chasse qui place l'italien au sommet absolu du tennis mondial.

À Rome, en remportant le titre face à Casper Ruud, Sinner est devenu le deuxième homme à obtenir la collection complète des Masters 1000 après Novak Djokovic, mais lui l'a réalisé à 24 ans, là où le Serbe avait attendu ses 31 ans. 

Un parcours sans embûches ?

Surtout, l'absence de Carlos Alcaraz, blessé depuis sa finale perdue à Monte-Carlo, lui a permis d'accélérer sa moisson en faisant main basse sur les trois Masters 1000 sur terre battue, comme seul Rafael Nadal avant lui. D'ici à trois semaines, il aura peut-être gagné tous les titres les plus prestigieux du tennis, à l'exception de l'or olympique. 

Car Sinner fait désormais figure de grandissime favori de Roland-Garros (24 mai-7 juin) où il pourrait compléter sa collection en Grand Chelem, après ses deux sacres en Australie (2024, 2025), son titre à Wimbledon l'an dernier et son triomphe à l'US Open (2024).

Son parcours potentiel où il devrait retrouver la wild-card Clément Tabur au premier tour, le français Corentin Moutet au second, ou encore l'Américain Ben Shelton en quarts, n'a pas de quoi l'effrayer. 

La chaleur, ennemie numéro 1 de l'Italien

Sinner domine. Sinner écrase. Reste que Roland-Garros est le seul Grand Chelem qui manque à son palmarès. Loin de là, le griser certes. Mais s'adjuger un Roland Garros n'a rien d'anodin. D'autant que lors de sa dernière sortie à Rome, le numéro 1 mondial a souffert. Bousculé, fatigué, il a affiché des signes de faiblesse rares : mains sur les hanches, tête baissée, le Transalpin semblait payer son incroyable enchaînement de quatre Masters 1000 glanés consécutivement. 

En demi-finale face à Medvedev, pour une grande partie du deuxième set, l'Italien peinait à reprendre son souffle entre les points. C'est Sinner lui-même qui a causé sa perte dans ce set en multipliant les mauvais choix, voulant à tout prix raccourcir les échanges. Il y a aussi cette statistique qui mérite attention : dans sa carrière, l'homme aux quatre titres du Grand Chelem n'a encore jamais remporté un match de plus de quatre heures. 

Un Grand Chelem peut en réclamer plusieurs, surtout si la chaleur parisienne s'en mêle (28 °C en moyenne prévu). Or la Porte d'Auteuil, avec ses cinq sets et ses après-midi étouffants, est le théâtre idéal pour faire craquer même les certitudes les mieux établies.

L'évidence, ce piège

Jannik Sinner est le meilleur joueur du monde. De loin. Battu en finale l'an passé par Carlos Alcaraz au terme d'un match immense, il revient à Paris avec un statut renforcé et sans son rival espagnol pour lui barrer la route. Mais c'est peut-être là le paradoxe le plus cruel du sport : quand tout semble acquis, la pression est telle qu'il semble difficile de la contenir. 

Pour autant, la Coupe des Mousquetaires n'attend que lui. Paris aussi, d'ailleurs. La question n'est plus de savoir si Sinner peut gagner Roland-Garros. Elle est de savoir si l'évidence, parfois, ne se retourne pas contre ceux qui la portent.

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