Free Mobile et Orange: l'accord d'itinérance examiné à la loupe

Le contrat entre Orange et Free Mobile, qui permet à ce dernier d'utiliser le réseau mobile de l'opérateur historique en attendant de développer le sien est devenu un enjeu entre les deux groupes, poussant l'autorité de régulation Arcep à annoncer vendredi son intervention.[AFP/Archives]

Le contrat entre Orange et Free Mobile, qui permet à ce dernier d'utiliser le réseau mobile de l'opérateur historique en attendant de développer le sien, est devenu un enjeu entre les deux groupes, poussant l'autorité de régulation Arcep à annoncer vendredi son intervention.

Free Mobile s'est engagé à couvrir 27% de la population avec son propre réseau à son lancement et a signé un contrat d'itinérance avec Orange pour couvrir les trois quarts restants, en attendant de développer son propre réseau.

Mais ce quatrième opérateur mobile, dont l'arrivée a provoqué un séisme dans le secteur, pourrait être victime de son succès, au grand dam d'Orange qui se retrouve à gérer le trafic de Free.

Dès le lancement, les autres opérateurs ont assuré que ce dernier ne respectait pas ses obligations de couverture.

Par la suite, SFR a communiqué à l'autorité de régulation du secteur, l'Arcep, des mesures réalisées sur la couverture de Free, révélant que "dans certaines communes réputées couvertes par Free Mobile, les appels ont transité majoritairement, voire quasi-exclusivement par le réseau en itinérance d'Orange", indique SFR.

Le plus embarrassé reste cependant Orange, qui prendrait en fait en charge sur son réseau plus de 90% des appels effectués par les clients Free Mobile, selon des sources concordantes, mais qui est attaché au groupe dirigé par Xavier Niel par cet accord commercial.

Le PDG d'Orange, Stéphane Richard, a toutefois fini par taper du poing sur la table mardi, clamant qu'il était "hors de question" que les clients mobile du groupe "subissent les conséquences" du contrat d'itinérance avec Free.

"La montée en puissance du trafic de Free Mobile est très importante. Plus importante et plus rapide que ce qui avait été anticipé et annoncé par Free", a résumé M. Richard dans un entretien mercredi au Point, qui a estimé que Free Mobile comptait "environ 1,5 million d'abonnés".

"J'espère que nous pourrons faire en sorte que l'accord puisse continuer", a-t-il ajouté.

Plusieurs semaines de polémiques

L'Arcep, après avoir donné son approbation au lancement de Free Mobile, estimant que l'opérateur respectait le niveau de déploiement 3G demandé, avait finalement décidé fin janvier de vérifier de nouveau que le quatrième opérateur respectait bien ses obligations de couverture.

Un fait exceptionnel, qui survenait après plusieurs semaines de polémiques.

L'Autorité n'a pourtant été saisie que d'une seule plainte officielle, celle des syndicats CFE-CGC et UNSA des principaux opérateurs mobiles.

L’Autorité est de nouveau intervenue vendredi pour annoncer qu'elle allait "prochainement" procéder à l'audition conjointe de France Télécom et Free Mobile "notamment sur la mise en oeuvre de l'accord d'itinérance signé par les deux opérateurs".

L'Arcep compte aussi entendre tous les opérateurs à propos de l'arrivée de Free Mobile début 2012. Bouygues Telecom sera donc également auditionné par le collège de l'Arcep à une date non précisée, tandis que SFR a "déjà été auditionné le 9 févier", a souligné l'Autorité.

L'Arcep prévoit de communiquer officiellement début mars sur "le résultat des nouvelles mesures de couverture des différents opérateurs mobiles" et de "dresser un premier bilan de l'arrivée de Free Mobile sur le marché" de la téléphonie mobile.

Vous aimerez aussi

téléphonie Monaco sera le premier État couvert en 5G
Terrorisme tchétchène : un réseau très actif
Terrorisme Terrorisme tchétchène : un réseau très actif
Réseaux sociaux Edward Snowden estime que Facebook est une société de surveillance se présentant comme un réseau social

Ailleurs sur le web

Derniers articles