Musique : les indépendants veulent un "droit à rémunération"

Le PDG d'Universal Music France, Pascal Nègre, le 28 janvier 2012 à Cannes [Valery Hache / AFP/Archives] Le PDG d'Universal Music France, Pascal Nègre, le 28 janvier 2012 à Cannes [Valery Hache / AFP/Archives]

Les producteurs de disques indépendants (UPFI) demandent mercredi au gouvernement d'instaurer un "droit à rémunération" pour compenser le "transfert de valeur considérable" dont bénéficient certains opérateurs internet, et en premier lieu les moteurs de recherche, au détriment des industries culturelles.

"Pour nous, la question du rééquilibrage de l'exception numérique par rapport à l'exception culturelle est un enjeu majeur", a déclaré à l'AFP Jérôme Roger, le directeur général de l'Union des producteurs phonographiques indépendants.

"Le gouvernement a encouragé au cours des douze dernières années le développement du haut débit et des réseaux numériques et cette volonté politique s'est accompagnée d'un sacrifice des industries de contenus qui ont largement subventionné les tuyaux. Aujourd'hui, il est temps de rééquilibrer cette situation", a-t-il estimé.

Toutefois, "il ne s'agit en aucune façon de mettre en place un mécanisme de licence globale, puisque que la mesure que nous souhaitons n'aurait pas pour contrepartie de légaliser les échanges illicites", a-t-il précisé.

A quelques jours du Midem, le rendez-vous annuel de l'industrie musicale à Cannes, cette revendication est portée par plusieurs grands acteurs de la filière, comme la Sacem ou le PDG d'Universal Music France, Pascal Nègre.

Le sujet, qui fait écho à la demande des éditeurs de presse de l'instauration d'une "taxe Google", entre dans le champ de la mission Lescure sur l'"acte II de l'exception culturelle".

L'UPFI souhaite que les fournisseurs d'accès internet (FAI) participent également au financement de la production musicale à travers l'instauration d'un compte de soutien, un dispositif prévu par le précédent gouvernement dans le cadre de la création du Centre national de la musique (CNM), aujourd'hui abandonné.

Le syndicat demande aussi la revalorisation du crédit d'impôt à la production phonographique et une plus grande diversité musicale à la radio et à la télévision.

Après dix ans de crise du disque, "les mesures prises (par les pouvoirs publics, NDLR) pèsent au total quelques dizaines de millions d'euros, mais c'est peu significatif face à l'hémorragie des revenus que les producteurs et les artistes ont subie au cours de la période", a-t-il déploré, en espérant des annonces lors de la venue de la ministre de la Culture au Midem.

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