Birmanie : le patron de Google plaide pour la liberté d'internet

Eric Schmidt lors d'une conférence à Rangoun, le 22 mars 2013 [Ye Aung Thu / AFP] Eric Schmidt lors d'une conférence à Rangoun, le 22 mars 2013 [Ye Aung Thu / AFP]

Le patron de Google, Eric Schmidt, s'est adressé vendredi à des étudiants et entrepreneurs de Rangoun, promettant un brillant avenir à l'internet alors que la Birmanie s'ouvre sur l'extérieur et avec un message essentiel: ne laissez-pas le gouvernement contrôler la toile.

"Quelque chose d'extraordinaire" va se passer en Birmanie, où la junte militaire a cédé le pouvoir, et il appartient au secteur privé de prendre en charge le développement des télécommunications, a-t-il estimé.

"Essayez de garder le gouvernement hors de toute règlementation d'internet. Tous les gouvernements que je connais ne veulent voir que des choses positives sur internet", a-t-il ajouté au cours d'une brève visite dans le cadre d'une tournée en Asie, précisant que le groupe souhaitait s'établir localement "très bientôt".

Les réformes politiques menées par le nouveau gouvernement, au pouvoir depuis la dissolution de la junte en mars 2011, ont bouleversé le paysage réel comme virtuel. En septembre 2011, des sites comme la BBC ou le groupe de média en exil Democratic Voice of Burma sont devenus disponibles après avoir été longtemps interdits.

"J'ai voyagé dans le monde et assisté aux premiers pas d'internet", a expliqué Eric Schmidt. "Je suis allé en Libye post-Kadhafi, en Afghanistan bien sûr. Je suis même allé en Corée du Nord, qui est vraiment un endroit hallucinant. Et je suis convaincu que vous vivez en ce moment le voyage de votre vie".

Le gouvernement a, selon lui, pris une "décision politique incroyablement importante" en ouvrant le pays sur l'extérieur. "L'internet va rendre impossible de revenir en arrière".

Malgré une nouvelle liberté, l'accès à internet reste faible et les connexions lentes en Birmanie.

En 2007, lors d'une puissante révolte emmenée par des moines bouddhistes, les militants avaient utilisé la toile pour diffuser à l'étranger les images d'une répression sanglante, avant que les autorités ne musèlent le réseau.

Et internet était régulièrement coupé certains jours, notamment le 8 août qui commémore les émeutes de 1988, les plus violentes de l'histoire de la junte militaire.

"Ce que je vais dire à vos dirigeants, c'est qu'ils ont franchi une étape courageuse en ouvrant le pays. Maintenant ils doivent continuer. La meilleure façon de le faire c'est de promouvoir l'internet sous toutes ses formes", a insisté l'Américain.

Schmidt avait effectué en janvier une visite controversée en Corée du Nord, estimant à son retour que Pyongyang devait permettre à sa population de se servir d'internet, sous peine de demeurer sous-développé.

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