Fukushima : Google propose une visite virtuelle d'une cité fantôme

Photo fournie le 28 mars 2013 par Google d'un véhicule cartographiant Namie pour le système Street View [ / Google/AFP] Photo fournie le 28 mars 2013 par Google d'un véhicule cartographiant Namie pour le système Street View [ / Google/AFP]

Depuis jeudi, il est possible de se promener virtuellement dans les rues d'une ville fantôme du Japon, désertée après la catastrophe survenue à la centrale nucléaire de Fukushima, grâce au système de cartographie illustrée StreetView du géant américain de l'internet Google.

A Namie (prononcez: Namié), une ville d'autrefois 21.000 habitants, il n'y a plus une âme. Le temps s'y est arrêté, le 11 mars 2011, jour de la catastrophe nucléaire à la centrale que l'on peut apercevoir des toits de la ville.

Namie reste une zone évacuée à cause des radiations émises par la centrale Fukushima Daiichi, ravagée il y a deux ans par un tsunami gigantesque sur la côte Pacifique du Japon. Le raz-de-marée, couplé à un séisme surpuissant, avait fait 19.000 morts dans le nord-est du pays.

La terre, l'air, l'eau: tout a été gravement contaminé par la radioactivité.

L'accès à la ville sera à nouveau autorisé lundi prochain mais pour une toute petite partie seulement et une très courte durée de temps pour les habitants qui souhaitent revoir ce qui fut leur maison, leur rue, leur quartier.

La plus grande partie de la cité reste très contaminée et sera inhabitable pour des années encore.

Capture d'écran effectuée le 28 mars 2013 d'une vue de Namie grâce au système Google Street View [ / Google/AFP]
Photo
ci-dessus
Capture d'écran effectuée le 28 mars 2013 d'une vue de Namie grâce au système Google Street View
 

C'est le maire de la commune, Tamotsu Baba, qui a eu l'idée de contacter Google pour que ses équipes viennent photographier et cartographier sa ville.

Une équipe du groupe internet a sillonné en voiture une partie normalement interdite de la cité, munie d'une autorisation spéciale. Les techniciens ont filmé pendant deux semaines, équipés de combinaisons de protection et sans descendre de leur véhicule.

"Le monde bouge, regarde vers l'avenir. Mais ici le temps s'est arrêté", a écrit le maire Baba sur un blog de Google Japan pour expliquer sa demande.

"J'espère que ces vues des rues feront comprendre aux générations futures ce que le grand tremblement de terre et le désastre nucléaire ont fait ici", a-t-il expliqué. "Il nous faudra encore de longues années et l'aide de beaucoup de gens pour nous relever de cette catastrophe nucléaire. Nous n'abandonnerons jamais l'idée de rentrer chez nous, dans nos maisons".

Désormais, avec un clic de souris vous pouvez faire une déprimante balade au milieu de maisons intactes abandonnées en toute hâte, sans le moindre signe de vie. Même les images traduisent le silence de mort.

 
 

Dans la ville elle-même, tout dit que la vie s'en est allée. Des pots de fleurs mortes devant les maisons, des salons de coiffure et des écoles figés, des rues sans personne ni voiture.

Selon un responsable municipal, les images désormais disponibles ont été prises dans une partie très contaminée de la ville.

"Je suis sûr que beaucoup de gens dans le monde veulent voir l'effet d'une tragédie nucléaire comme celle-là", insiste le maire.

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