Les 3 films à voir cette semaine au cinéma

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Un western signé Jacques Audiard, une immersion dans le porno des années 1970-1980 et une comédie politique avec Alexandra Lamy... Voici les meilleurs films à l'affiche cette semaine. 

«les frères sisters», de jacques audiard

Couronné du prix de la mise en scène à la 75e Mostra de Venise, Jacques Audiard revisite le western dans «Les frères Sisters», son premier long-métrage entièrement tourné en anglais. Dans cette adaptation du roman éponyme du Canadien Patrick deWitt, qui s’ouvre sur le plan d’une maison en flammes, il est question de mâles, de vrais, sans foi ni loi et à la gâchette facile. Dans l’Oregon du XIXe siècle, Charlie (Joaquin Phoenix) et Eli (John C. Reilly, également producteur), deux frangins marqués au fer rouge par la mort de leur père, sont engagés par leur chef – le Commodore – pour assassiner un chercheur d’or idéaliste et utopiste (Riz Ahmed), lui-même traqué jusqu’en Californie par le détective John Morris (Jake Gyllenhaal).

Eloigné du western traditionnel à la sauce hollywoodienne à la trame narrative parfois simpliste, «Les frères Sisters» prend davantage des allures de récit initiatique malgré la présence de colts, de chevaux et de santiags. S’inspirant de «La nuit du chasseur» (1956), Jacques Audiard aborde des thématiques récurrentes dans sa filmographie, comme cette question de la filiation, l’héritage de la violence des pères fondateurs, ainsi que la fraternité. Après sa Palme d’or à Cannes pour «Dheepan» il y a trois ans, le cinéaste prouve de nouveau la maîtrise parfaite de son art, grâce à ce conte à la fois sombre, optimiste et onirique, servi par la partition d’Alexandre Desplat et la force de l’interprétation de ses acteurs. Une œuvre que l’auteur du «Prophète» dédie à son frère aîné, disparu en 1975 à seulement 26 ans.

«l'amour est une fête», de cédric anger

Changement de cap pour Cédric Anger qui, après le thriller «La prochaine fois je viserai le cœur» (2014) avec Guillaume Canet, retrouve l’acteur pour disséquer l’univers du cinéma porno dans les années 1970-1980. Dans «L’amour est une fête», deux flics infiltrés dans le milieu deviennent propriétaires d’un peep-show de Pigalle, en pleine libération des mœurs post-68. Ce binôme haut en couleur – remarquable Gilles Lellouche – se prend au jeu, délaissant leur mission première, et s’acoquine avec un microcosme plus attachant qu’il n’y paraît. Un poil trash mais jamais vulgaire, cette comédie à l’esthétique à la fois pop et rétro relève davantage d’un feel good movie jubilatoire et plein d’insouciance, que d’une simple enquête sur le milieu du X. Cédric Anger réussit à montrer «des gens qui s’amusent et pour qui les tournages (de films porno) sont des moments de vacances et de plaisir».

«le poulain», de mathieu sapin

Alors qu’il avait pour projet de sauver les Inuits au Canada avec sa copine, qu’il surnomme affectueusement «poussin», Arnaud Jaurès (Finnegan Oldfield) se retrouve embarqué bien malgré lui dans la campagne présidentielle, devenant l’assistant en communication d’Agnès Karadzic (Alexandra Lamy), femme de pouvoir cynique et froide comme «un réfrigérateur». Peu à peu, ce novice en politique va faire ses armes dans un monde «bourré de phéromones». S’il excelle dans le domaine de la bande dessinée, Mathieu Sapin, qui a croqué les différentes étapes de la campagne de François Hollande en 2012, peine à émouvoir avec «Le poulain», comédie au scénario peu original. On applaudit néanmoins les seconds rôles que sont Philippe Katerine et Valérie Karsenti, crédible dans son rôle de candidate au palais présidentiel.

 

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