Echirolles : huit suspects mis en examen

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Huit suspects présentés aux juges d'instruction après la rixe qui a coûté la vie à deux jeunes à Echirolles (Isère) ont été mis en examen pour "assassinats" et placés en détention provisoire, a-t-on appris jeudi auprès du parquet.

"Nous estimons (que ces personnes) ont participé de façon directe à la mort des deux victimes", avait déclaré dans l'après-midi le procureur de la République de Grenoble, Jean-Yves Coquillat, au cours d'une conférence de presse.

"Aucun n'a reconnu sa participation aux faits", avait-il toutefois précisé. "Ceux qui reconnaissent leur présence sur les lieux sont peu nombreux. Ils disent qu'ils n'ont rien fait".

Sur les 12 personnes en garde à vue mercredi matin, quatre avaient été relâchées car "il n'y avait pas de charges suffisantes" contre eux ou "parce que des éléments nous permettent d'affirmer qu'ils n'étaient pas sur place au moment des faits", avait précisé le procureur.

Le plus jeune des deux frères militaires était par exemple en train de recevoir des soins dans une clinique d'Echirolles au moment de la rixe mortelle, après avoir été blessé à la lèvre et au visage au cours d'une altercation précédente.

La mère des deux frères a aussi été relâchée, de même qu'un troisième militaire qui avait été interpellé mardi, a précisé M. Coquillat.

Plusieurs éléments à charge ont été recueillis à l'encontre des huit suspects: des témoignages des trois survivants de la rixe, les dépositions de certains gardés à vue, l'analyse des images de vidéosurveillance et des objets dont les agresseurs étaient porteurs lors de la rixe.

Trois juges d'instruction seront chargés de l'enquête. Le parquet avait requis des mandats de dépôt pour l'ensemble des personnes déférées car les suspects, ayant "des attaches à l'étranger", présentaient un risque de fuite.

Lors de cette rixe mortelle, avec usage de couteaux, manches de pioche, bâtons ou encore marteau, Kevin, étudiant, et Sofiane, éducateur, âgés de 21 ans, ont reçu plusieurs coups de couteau, sept à huit pour Kevin, et une trentaine pour Sofiane.

Le procureur a souligné qu'il avait choisi la qualification "la plus haute", celle pour assassinat, car "le fait de venir à plusieurs, armés, constitue la préméditation des homicides".

L'avocat de deux des huit suspects, Me Arnaud Lévy-Soussan, a jugé cette qualification "excessive". "Cela implique que l'ensemble des personnes qui sont poursuivies avaient une intention homicide lorsqu'elles se sont rendues dans le parc" où a eu lieu la rixe, a-t-il souligné, affirmant qu'il n'y avait "aucun élément" dans le dossier allant dans ce sens. "Il faudra déterminer le rôle de chacun" lors de l'instruction, a mis en garde le procureur, ajoutant que la qualification des faits pourrait évoluer au cours de l'instruction.

Dès 8H30 mercredi, l'un des trois fuyards recherchés depuis mardi s'était constitué prisonnier en se rendant à l'Hôtel de police de Grenoble.

Un autre jeune, âgé de 17 ans, qui ne faisait pas l'objet d'un mandat de recherche, s'est également "rendu" spontanément mardi soir, accompagné de son oncle, au commissariat de Cachan dans le Val-de-Marne.

Deux fuyards sont toujours recherchés activement. Ces personnes ont déjà été condamnées pour des faits de grande violence "et vont faire l'objet d'une diffusion nationale urgente avec leurs photos dans tous les commissariats et gendarmeries de France", a indiqué une source proche de l'enquête.

Les obsèques de Kevin et Sofiane, se sont déroulées mercredi après-midi à la mosquée d'Echirolles mercredi en présence de plus d'un millier de personnes.

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