Plastic Odyssey, un projet de catamaran carburant aux déchets plastiques

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Lutter contre la pollution des océans en faisant le tour du monde sur un catamaran propulsé grâce aux déchets plastiques : c'est le défi du projet Plastic Odyssey, qui vient de mettre son prototype à l'eau.

Inauguré vendredi à Concarneau dans le Finistère, en France, le bateau démonstrateur de 6 mètres de long, baptisé «Ulysse», est un avant-goût du catamaran de 25 mètres qui doit prendre la mer en mars 2020.

À l'origine de ce projet quatre jeunes hommes de 24 à 30 ans. L'idée est née il y a quelques années, à Dakar, au Sénégal, raconte Simon Bernard, 27 ans, officier de la marine marchande et co-fondateur du projet Plastic Odyssey. «On a vu du plastique partout et des gens qui cherchaient un petit boulot pour survivre. On s'est dit qu'il fallait rendre le recyclage plus accessible», explique-t-il.

Sensibiliser les populations

Le but du projet n'est pas de nettoyer les océans, déjà largement pollués par le plastique. En effet, «une fois en mer, il est trop tard : seulement 1% des déchets plastiques flottent à la surface», soulignent les concepteurs. «Les 99% restants se décomposent en microparticules et tapissent les fonds marins».

Ce bateau, à travers un périple de trois ans et trente-trois étapes, va avant tout sensibiliser les populations à la réutilisation, au tri et au recyclage du plastique, en proposant notamment des machines libres de droit pour créer des objets à partir de déchets.

Selon l'ONU, seulement 9% des neuf milliards de tonnes de plastique que le monde a produites ont été recyclées et 12% ont été incinérées. Le reste a fini dans les décharges, les océans, les canalisations, où il mettra des milliers d'années à se décomposer totalement.

Le «Couteau suisse du recyclage»

Si les modes de consommation actuels et les pratiques de gestion des déchets se poursuivent, on comptera environ 12 milliards de tonnes de déchets plastiques dans les décharges et dans l'environnement à l'horizon 2050. «L'objectif est de fournir une sorte de couteau suisse du recyclage» à des prix accessibles pour les pays émergents, explique Simon Bernard.

Des broyeurs, compresseurs, extrudeuses et capteurs de tri, seront proposés en Afrique, Asie et Amérique latine, d'où vient l'essentiel du plastique déversé dans l'océan.

Le plastique qui ne peut pas être recyclé sera transformé en carburant grâce à la «pyrolyse plastique» et alimentera ainsi le catamaran pour la suite de son odyssée. Construit notamment pour tester ce système de plastique-carburant, le démonstrateur Ulysse est d'ailleurs «le premier bateau au monde à avancer aux déchets plastiques», selon ses concepteurs. Le prototype a une capacité de 5 kg/heure de plastique traité, pour une production de 3 litres de diesel et 2 litres d'essence maximum.

Le projet, d'un coût total de 11 millions d'euros, a été dans sa phase initiale financé grâce à des sponsors privés (Clarins, Crédit Agricole, Veolia, etc). Mais les fonds ne sont pas encore réunis pour la construction du bateau, censée commencer au mois de septembre. «On commence à avoir des gens qui nous contactent du monde entier : des entrepreneurs africains, un chercheur du Costa Rica...», affirme Simon Bernard.

Prochaine étape : un tour de France avec le prototype afin de promouvoir le projet et trouver des financements.

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