Des agriculteurs organisent une «opération sangliers» aux Invalides

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Les pelouses de l'esplanade des Invalides, à Paris, ont subi mercredi une invasion peu banale : une quarantaine d'agriculteurs de la Confédération paysanne, dont certains déguisés en sangliers, y ont retourné la terre pour sensibiliser aux dégâts causés par ce grand gibier.

Sous le regard incrédule de touristes profitant du soleil dans leur bus à impériale, devant le musée de l'Armée, un commando de paysans a biné et pioché la terre afin de dénoncer «l'inaction des pouvoirs publics».

«On est vraiment là pour interpeller de manière symbolique les députés. Les trous qu'on voit là, c'est exactement ce qu'on vit sur nos fermes», a affirmé Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, devant des mottes de terre retournées.

«On demande que l’État reprenne ses responsabilités. On demande que le sanglier soit classé nuisible, on demande que l'agrainage (répandre du grain pour nourrir le gibier, NDLR) soit interdit et on demande une augmentation des prélèvements» de gibier, a déclaré micro à la main, devant le petit champ de bataille, Jean-Michel Granjon, responsable de ces questions à la Confédération paysanne.

Accouru en voisin de l'Assemblée nationale, Alain Perea, député LREM de l'Aude et coprésident du groupe d'étude chasse, a tenté de calmer l'assemblée, annonçant la création prochaine d'une mission parlementaire sur le sujet.

«Si on aborde le problème agriculteurs contre chasseurs, on ne s'en sortira pas», estime-t-il : «Nous avancerons ensemble, avec des positions équilibrées», conclut le député de Narbonne.

Les syndicats agricole pointent la responsabilité de certaines sociétés de chasse auxquelles ils reprochent d'avoir favorisé la prolifération des sangliers pour organiser des chasses. «Filer la gestion des sangliers aux fédérations de chasseurs, c'est comme demander à Total de faire en sorte de diminuer la consommation de pétrole», grinçait Gilles Delaunay, agriculteur en polyculture élevage installé dans l'Orne, un masque de sanglier sur la tête.

Le gouvernement a annoncé début septembre la création d'un comité de lutte contre les dégâts causés par le gibier et notamment des sangliers, chargé de «définir les modalités opérationnelles et de faire des propositions complémentaires».

Parmi les mesures d'ores et déjà proposées figuraient notamment la gestion des plans de chasse par les fédérations départementales de chasseurs et la possibilité pour le préfet, «en cas de défaillance» de leur part, de déclencher des battues administratives à la charge des fédérations.

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