Ce qu'il faut retenir des annonces d'Emmanuel Macron

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Une intervention plus qu'attendue. Emmanuel Macron a livré ce jeudi ses réponses au grand débat, face à 320 journalistes, dont environ un tiers de correspondants étrangers. Avec l'objectif d'éteindre la crise des gilets jaunes, et relancer son quinquennat.

A un mois des élections européennes, le président de la République s'exprimait depuis la salle des fêtes de l'Elysée. Après une déclaration d'une vingtaine de minutes, il a échangé avec les journalistes présents dans la salle.

Lors de son allocution, il a commencé par revenir sur le mouvement des gilets jaunes, qui selon lui s'est peu à peu «transformé selon des injonctions contradictoires», et a été «récupéré par les violences de la société, l'antisémitisme (...) la violence contre les journalistes, les force de l'ordre.» «Je ne veux pas que les dérives de quelques uns occultent les revendications légitimes», a-t-il poursuivi. 

Tirant la leçon du Grand débat, il a dit avoir entendu «un profond sentiment d'injustice (...) de manque de considération, par nos institutions, nos organisations collectives. Un manque de confiance dans les élites. Il est difficile de construire lorsque la confiance n'est pas rétablie». «Nous vivons avec des politiques publiques qui n'ont pas évolué depuis la Seconde Guerre mondiale», a-t-il ajouté. 

Emmanuel Macron a également évoqué «la peur des grands changements : le climat avec son urgence l'immigration, le numérique, le déclassement social, le vieillissement.» 

Alexandre Benalla n'a «jamais été protégé par l'Elysée»

Alexandre Benalla n'a «jamais été protégé par l'Elysée», a assuré jeudi Emmanuel Macron, ajoutant que son ex-collaborateur, au coeur d'un scandale qui a ébranlé le pouvoir, avait commis «des fautes très graves». «Il n'y a jamais eu de prébende pour Alexandre Benalla à l'Élysée, il n'a jamais été protégé par l'Elysée», a souligné le chef de l'Etat. «Est-ce que je regrette de l'avoir embauché à l'Élysée ? Non parce que je pense que c'était extrêmement cohérent avec les valeurs que je porte (...) C'est sans doute pour ça que je lui en veux encore plus», a-t-il ajouté.

un référendum d'initiative partagée simplifié

Le vote obligatoire n'a pas été retenu. «Je ne crois pas qu'on réponde à la crise démocratique par la contrainte», a-t-il estimé.

La reconnaissance du vote blanc ne sera pas non plus mise en place. «Quand on vit une période difficile, 'blanc' c'est l'agrégation des rejets, on ne décide pas».

Le référendum d'initative citoyenne (RIC) ne sera pas non plus mis en place. Mais Emmanuel Macron souhaite «aller plus loin sur le référendum d'initative partagée, en le simplifiant». Il propose d'abaisser à un million le nombre de signatures nécessaires pour pousser les parlementaires à discuter d'un texte. Cette mesure figurerait dans la réforme constitutionnelle que le chef de l'Etat veut voir revenir au Parlement «à l'été».

150 citoyens tirés au sort dans un «Conseil de participation citoyenne»

Emmanuel Macron souhaite également une réforme du conseil économique, social et environnemental (CESE), qui deviendrait un «Conseil de la participation citoyenne» avec notamment la présence en son sein de 150 citoyens tirés au sort.

Le président de la Répblique souhaite mener «un nouvel acte de décentralisation», sur le logement, le transport, la transition écologique. Il devra aboutir au premier trimestre 2020, a-t-il précisé. 

Redéployer les services publics

Emmanuel Macron entend également s'appuyer sur les fonctionnaires, médecins, professeurs, artistes... pour redéfinir un nouveau pacte territorial : «Nous devons remettre de la présence du service public».

Le président a ainsi promis qu'il n'y aurait plus de nouvelles fermetures d'écoles ou d'hôpitaux sans l'accord du maire, et souhaite développer les projets patrimoniaux, culturels, développer des campus connectés dans les villes moyennes. «Nous avons trop de monde à Paris qui prend des décisions sans voir les problèmes ou les gens», a-t-il estimé.

D’ici la fin du quinquennat, Emmanuel Macron souhaite que «dans chaque canton» soit créée «une maison France services». «Un lieu où sont regroupés l’accueil pour le public des services de l’État, des collectivités locales et de tous les opérateurs».

La réforme de l'ENA

Emmanuel Macron a confirmé jeudi son intention de «supprimer, entre autres, l'ENA», l'École nationale d'administration, en déclinant devant la presse ses mesures pour répondre au grand débat et à la crise des «gilets jaunes». «(Non) pas pour se donner le plaisir de supprimer» l'École nationale d'administration, mais «pour bâtir quelque chose qui fonctionne mieux», a justifié le président de la République. «Sur ce sujet, je ne crois pas du tout au rafistolage : si vous gardez les mêmes structures, les habitudes sont trop fortes, les habitudes sont là», a-t-il dit.

pas de remise en cause de la suppression de l'isf

Emmanuel Macron souhaite «remettre humain et justice au coeur du projet national». La Cour des comptes va être chargée d'évaluer les sommes qui échappent à l'impôt.

L'impôt sur la fortune ne sera pas remis en place, mais sa suppression sera évaluée en 2020. «C'est une réforme pour produire, pas un cadeau pour les plus fortunés», a-t-il déclaré.

Baisser les impôts des classes moyennes

«Je veux des baisses sur l'impôt sur le revenu», a déclaré Emmanuel Macron. Des niches fiscales pour les entreprises seront notamment supprimées pour les financer. 

Lutter contre les inégalités à la naissance

«Les vraies inégalités ne sont pas fiscales, ce sont des inégalités d'origines», a estimé Emmanuel Macron. Il veut «agir dès la petite enfance (...) Les 1000 premiers jours de vie sont décisifs».

Le chef de l'Etat souhaite ainsi étendre le dédoublement des classes à la grande section de maternelle et qu'il n'y ait pas de classes de plus de 24 élèves jusqu'au CE1.

Autre axe, mieux former les professeurs, «revaloriser ce métier essentiel à la République».

Aider les familles monoparentales

Pour les mères seuless, Emmanuel Macron souhaite que la prérogative de puissance publique soit donnée à la CAF, pour qu'elle puisse prélever les pensions alimentaires lorsqu'elles ne sont pas données par les anciens conjoints.

Aider les aidants familiaux

«Des millions de concitoyens oubliés qui ont sacrifié leur vie professionnelle pour s'occuper d'un proche dépendant. Il faut leur construire des droits», a estimé Emmanuel Macron.

La formation au long de la vie

Le président souhaite aussi développer les formations professionnelles courtes, avec un système de formation tout au long de la vie. Il souhaite des investissements massifs vers les jeunes décrocheurs, ainsi qu'une réforme du système d'assurance chômage. Autre axe, favoriser les aides aux déplacements : les partenaires sociaux, élus, associations, seront chargés de proposer des solutions concrètes d'ici septembre. 

La prime exceptionnelle renouvelée

Emmanuel Macron souhaite «que le travail paie». La prime exceptionnelle défiscalisée de 1000 euros sera reconduite, et un revenu universel d'activité créé dans les prochains mois.

Pas de sous-indexation des retraites

Au 1er janvier, sera mise en place une réindexation des retraites de moins de 2.000 euros, et il n'y aura plus de sous-indexation dès 2021.

La lutte contre le réchauffement climatique

Le climat doit être au coeur du projet national et européen, a estimé Emmanuel Macron. Le Conseil de la participation citoyenne aura pour première mission de redéfinir toutes les aides écologiques et de définir d'autres mesures, de proposer des ressources supplémentaires. «Ce qui sortira de cette convention sera soumis soit au vote du parlement soit à un référendum», a précisé Emmanuel Macron.

Un Conseil de défense écologique

Emmanuel Macron veut mettre en place un «Conseil de défense écologique». «Il réunira l’ensemble des champs ministériels pour contrôler et agir dans tous les domaines face à l’urgence climatique », a-t-il précisé.

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