Grève contre la réforme des retraites : la mairie de Paris répond à la polémique sur son inaction

Par Pauline Landais-Barrau -
Mis à jour le Publié le

«On reproche beaucoup de choses à la maire de Paris. Il se trouve qu’elle n’est ni en charge de la réforme des retraites, ni des transports en commun parisiens, qui dépendent d’Ile-de-France Mobilités», a tenu à rappeler son premier adjoint, Emmanuel Grégoire, invité dans la matinale de Cnews ce jeudi 2 janvier.

«L'urgence pour l'instant est de sortir de la grève», assure le premier adjoint à la mairie de Paris, qui souligne qu'aucune politique publique, quelle qu'elle soit, ne saurait remplacer les transports en commun parisiens. «Les grèves viennent nous rappeler que le métro est utile à Paris. Si c'était si simple de trouver des transports de remplacement, on n’aurait pas besoin de métro», explique-t-il.

Impossible donc selon lui que la mairie mette en place un système de transports alternatif capable de tenir la cadence, d'autant que les transports en commun ne font pas partie de sa compétence mais de celle d'Ile-de-France Mobilités, l'organisme qui gère les transports dans la région. «On ne compense pas un système public qui transporte des millions de personnes par jour par des méthodes de contournement», s'insurge Emmanuel Grégoire.

A noter que la ville de Paris verse chaque année 400 millions d'euros à Ile-de-France Mobilités, soit davantage que l'ensemble des sept autres départements franciliens.

ANNE HIDALGO DU CÔTÉ DES GRÉVISTES ?

Le bras droit d'Anne Hidalgo répond ainsi aux critiques du gouvernement et plus particulièrement aux attaques de Jean-Baptiste Djebbari, le secrétaire d'Etat aux Transports, qui accusait début décembre l'élue parisienne de ne pas «assurer le service minimum d'accueil», pourtant prévu par la loi. «Je constate que la mairie réussissait mieux à le faire quand le gouvernement lui plaisait davantage», avait-il alors asséné.

«La tentation qu’a eu le gouvernement au début du mouvement d’essayer d’expliquer que [la situation dans les transports] était de la faute d’Anne Hidalgo est une faute politique tellement énorme qu’elle a fini par se voir», ironise Emmanuel Grégoire qui se réjouit que les membres du gouvernement soient «fort heureusement passés à autre chose».

Et à ceux qui penseraient que la maire prend le parti des grévistes, son premier adjoint répond que la municipalité parisienne et ses agents sont également «victimes des désagréments de la grève, que ce soit comme usager, comme citoyen ou comme opérateur de politique publique» et que la maire de Paris a seulement «fait part de son souhait qu’il y ait un dialogue, une concertation pour permettre la fin du conflit».

LA MAIRIE MOBILISÉE AUX CÔTÉS DES COMMERÇANTS

«Les plus touchés sont évidemment les cafetiers, les restaurateurs et l’industrie culturelle (les théâtres, les salles de spectacle…). On estime de 30 à 50 % la perte de chiffre d’affaires dans les quartiers les plus touchés, c’est absolument colossal», réagit le premier adjoint, qui souligne que la municipalité est donc particulièrement mobilisée aux côtés des commerçants, depuis plusieurs semaines.

Mi-décembre, cette dernière avait déjà annoncé que des aides financières seraient mises à la disposition des commerces les plus touchés par cette perte d'activité. Au total, 2,5 millions d’euros devaient être débloqués, «après une fin d’année très difficile pour les commerçants et artisans, contraints à des fermetures préventives ou victimes de dégradations», avait ainsi communiqué la municipalité.

«La ville a levé tous les leviers qui étaient à sa disposition : elle n’a pas le levier fiscal, mais elle a la compétence sur les exonérations de droit de terrasse, de droit de place et fait tout ce qu’elle peut pour aider [les commerçants]» témoigne l'élu. Mais pour lui, l'urgence est de sortir de la grève : «encore une fois, on ne compense pas une perte de chiffre d’affaires par une réforme du droit de terrasse. Ce qu’il faut, c’est que les clients puissent revenir et pour cela, il faut sortir de la grève. Il n’y a pas d’autres moyens pour revenir à un rythme normal», conclut-il.

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