Un professeur frappé par un lycéen

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Un professeur de Bordeaux a été roué de coups mardi par un élève de 18 ans après un désaccord en cours sur la situation politique au Maroc, une deuxième d'enseignant en deux jours qualifiée "d'inacceptable" par le ministre Vincent Peillon, que l'enseignant a demandé à rencontrer.

Il s'agit de la deuxième agression connue d'un enseignant depuis la rentrée: mercredi matin, une professeur a été giflée par la mère d'un élève, mécontente d'une remarque figurant dans le cahier de correspondance de son fils, élève au collège Jules-Verne de Buxerolles, près de Poitiers. La mère était encore en garde-à-vue jeudi soir.

L'enseignant de 36 ans de Bordeaux a indiqué à l'AFP être "totalement indemne" mais "très amer" moralement, et a sollicité un entretien "constructif et courtois" sur les enjeux de l'école avec le ministre de l'Education.

Le ministère a indiqué jeudi soir à l'AFP que "des contacts ont été pris" avec ce professeur.

Mardi après-midi, un élève du lycée professionnel Trégey a asséné plusieurs gifles et coups de poings au professeur d'histoire-géographie et lettres avant d'être interpellé et placé en garde à vue, selon police et parquet. Auparavant, il avait dégradé du mobilier, entraînant sa convocation chez le conseiller principal d'éducation.

Il devra comparaître en février devant le tribunal correctionnel pour "violences sur personne chargée d'une mission de service public, dégradations volontaires et menaces de destruction dangereuse".

Le désaccord est intervenu lors d'une référence au système politique du Maroc, dont la famille de l'élève est originaire, pendant un cours sur le "fait religieux en France depuis 1880", a expliqué à l'AFP l'enseignant, Christophe, qui n'a pas souhaité donner son nom.

Pour lui, "cela a éclaté sur cela, cela aurait pu éclater sur n'importe quoi d'autre", tant il avait senti son élève "plus tendu, plus susceptible, plus agressif" ce jour-là.

Selon le parquet l'accès de violence, est survenu après un passage de l'élève devant le conseiller d'éducation et est lié "à l'évocation par la direction de l'établissement scolaire que ses parents allaient être prévenus". Le parquet a souligné "l'absence de toute connotation religieuse" de l'agression.

Pour l'enseignant, l'élève, qu'il apprécie particulièrement, était "un autre" depuis la rentrée, en raison de difficultés familiales et personnelles.

Jeudi, le ministre Vincent Peillon, a condamné "fermement" les deux agressions.

"J'ai demandé à ce que l'institution soit auprès des professeurs et pas seulement dans l'indignation - je suis indigné et j'espère tous les Français avec moi - mais en même temps dans l'action judiciaire", a déclaré le ministre.

"Nous ne pouvons pas accepter que ceux qui s'occupent de nos enfants puissent être agressés (...). Nous ne le tolérerons pas. Nous mettrons en oeuvre les moyens matériels. Et en même temps nous serons aux côtés des enseignants d'un point de vue judiciaire chaque fois que cela sera nécessaire", a-t-il ajouté à Orléans, à l'issue d'une rencontre avec des enseignants.

Au lycée Trégey, le ton serait monté très vite entre l'enseignant et l'élève qui s'en est pris, dans un premier temps, au mobilier de la classe. Les autres élèves ont alors été évacués.

En sortant du bureau du conseiller principal d'éducation, l'élève a croisé le professeur qu'il a alors frappé, avant de s'en prendre à une assistante de vie scolaire qui n'a pas été blessée.

Aux portes du Lycée Trégey, jeudi, les élèves étaient surpris de la forte présence médiatique, mécontents de voir exposé un lycée qu'ils qualifient d'"assez calme", jugeant "hyper rare" un incident comme celui de mardi.

Les parents, eux, oscillaient entre inquiétude et désabusement.

"Les enfants deviennent de plus en plus violents et les professeurs ne peuvent plus dire certaines choses", a déclaré à l'AFP Anne-Marie, 39 ans, mère d'élève de 2e CAP, originaire de la proche commune de Lormont.

A Paris, réagissant dès le début de matinée, avant que les faits ne soient connus avec précision, le Front national a apporté "son plus entier soutien" au professeur bordelais "tabassé par un de ses élèves après un cours sur les religions".

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