Artsper dynamite le marché des galeries d’art

Quelque 1.200 galeries exposent leurs œuvres sur cette place de marché.[© CNEWS Matin]

Avec 55.000 œuvres et plus de 7.000 artistes réunis, le site Artsper est devenu l'une des plus importantes vitrines de l'art contemporain en France et en Europe.

Alors que la FIAC s'est achevée à Paris, cette galerie en ligne témoigne d'un nouveau tournant pour ce secteur encore très attaché à des réseaux de vente traditionnels. Conçu sur le modèle des places de marché, plus de 1.200 galeries y exposent en ligne leurs artistes, pour internationaliser leur clientèle et démocratiser leur accès.

«L'art est l'un des derniers marchés encore peu ouvert au digital, souligne Hugo Mulliez, cofondateur d'Artsper, lancé en 2013. Au début, il était même impensable pour les galeristes que des clients puissent acheter en ligne. Or dès le départ, nous avons eu un bon bouche-à-oreille et l'exemple d'Amazon, ancré dans les esprits, nous a aidé à ouvrir le marché».

Les gens n'ont pas de problème à acheter des œuvres en ligne, même chères, mais au bon prix.Hugo Mulliez

Après avoir séduit différentes galeries, notamment sur Paris, Artsper a su convaincre des galeries importantes, dont la renommée compte aux yeux des collectionneurs. Ainsi, des œuvres proposées à partir de 30 euros y côtoient certaines très cotées (plus de 100.000 euros). «Nous n'avons pas de plafond quant aux prix, par principe, précise Hugo Mulliez. Nous constatons que le panier moyen se situe entre 2.000 et 3.000 euros et nous avons même enregistré une vente record de 92.000 euros pour une seule œuvre. Nous avons la conviction que les gens n'ont pas de problème à acheter des œuvres en ligne, même chères, mais au bon prix».

Peintures, sculptures, photos, édition, dessins... Le site entend couvrir tout ce que l'art contemporain peut offrir. L'idée étant de s'adresser aussi à un public qui n'ose pas franchir la porte de galeries, souvent perçues comme des lieux élitistes ou tout simplement réservées aux habitants des grandes villes. «Les plus durs à convaincre sont finalement les vrais collectionneurs. Pour mieux s'adresser à eux, nous avons mis en place un service «art advisory». Nos conseillers en ligne vont connaître les tendances du marché et vont aussi prendre en compte les goûts des gros acheteurs pour leur proposer des œuvres susceptibles de leur plaire», explique Hugo Mulliez. En outre, la plate-forme s'est également rapprochée de Beaux Arts Magazine, dont la notoriété n'est plus à faire auprès des lecteurs avertis.

Des galeries de renom devenues partenaires

Autre versant de son business modèle, la livraison est assurée par les galeries elles-mêmes. Le site a donc opté pour le système de la «market place» en ce sens. Les galeries vont ainsi assurer l'emballage et la livraison auprès de leur client. Tandis qu'un process garantit l'authenticité de l'œuvre et des signatures. «Et si une fois livrée l'œuvre ne convient pas, les clients peuvent la renvoyer et ils seront remboursés», précise-t-on. Des galeries de renom, présentes à la FIAC, ont d'ailleurs rejoint récemment Artsper. «Tout ceci contribue à assoir notre crédibilité, nous allons d'ailleurs toujours être très sélectifs quant à nos collaborations», avance Hugo Mulliez.

Après avoir levé récemment 2 millions d'euros pour se développer, Artsper regarde désormais au-delà des frontières françaises, avec l'ambition notamment de s'installer aussi en Angleterre d'ici à l'année prochaine, avant de viser nos voisins européens (Allemagne, Italie et Espagne).

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