Dual Universe : un jeu vidéo français ambitionne de donner tout le pouvoir créatif au joueurs

La version alpha du jeu est accessible. [© Novaquark]

«Il s’agit du premier jeu vidéo d’où pourrait naître une forme de culture persistante». C’est par ces mots que Jean-Christophe Baillie, fondateur de Novaquark, définit Dual Universe.

Une œuvre qui ambitionne de devenir l’Oasis décrite dans le film Ready Player One (2018) et qui invite tout un chacun à bâtir un univers de toute pièce, depuis la construction de ses bâtiments jusqu’à l'élaboration d'un parti politique, en passant par l'exploration d'autres planètes et même leur exploitation minière. Le lancement, ce jeudi 29 novembre, de la version alpha de ce titre révèle enfin tout son potentiel, que CNEWS a pu découvrir en avant-première.

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Dans leurs locaux du 15e arrondissement de Paris, une quarantaine de développeurs de Novaquark s'escriment pour offrir un univers à mi-chemin entre Minecraft et Star Trek. Et si Dual Universe se montre si ambitieux, c'est aussi pour relevé un défi à la hauteur des 11,5 millions de dollars qui ont été investis dans son développement, porté notamment par le succès surprise de sa campagne Kickstarter de 2016, où 6,7 millions de dollars ont été récoltés.

Cette semaine, le développement de ce jeu-monde entamé en 2014 passe en vitesse supraluminique pour permettre à près de 11.000 joueurs de revêtir leurs scaphandres, avant de s'installer à ses commandes. «Il s'agit d'un univers entièrement éditable. Les joueurs vont pouvoir en devenir les architectes, en concevant les bâtiments, le réseau électrique, les types de commerces ou encore les courants politiques. Le tout prendra vie dans un univers persistant et évolutif selon leur choix, puisque Dual Universe est hébergé sur un seul et même serveur», explique en substance Jean-Christophe Baillie, polytechnicien, spécialiste en matière d'intelligence artificielle et en robotique. Chacun pourra ainsi choisir de se spécialiser dans une tâche, selon ses envies, afin de contribuer à fonder sa propre nation par exemple. Espions, soldats, pilotes d'élite, mineurs, ingénieurs, architectes, commerçants, archivistes ou journalistes... Une multitude de métiers peuvent ainsi être représentés au gré des utilités nécessaires à la construction de ce monde, véritable société virtuelle qui sera elle aussi ébranlée par des guerres de territoires.

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«Nous sommes le «Facebook» de l'entertainment, résume Jean-Christophe Baillie. Nous ne fournissons aucun contenu, mais simplement les outils aux joueurs pour en créer». Surtout, Novaquark croit en une forme de régulation et de sélection naturelle que cette microsociété opérera en fonction de son évolution. Déjà soutenu depuis deux ans par des testeurs sélectionnés, le jeu compte 2.100 organisations en tous genres, avec des joueurs ayant élaborés leurs partis politiques, leurs entreprises ou le propre association de pirates, par exemple. «Au fil des mois, nous avons été surpris par la qualité de ce que les joueurs ont pris la peine de proposer», confie Jean-Christophe Baillie. Afin de procéder à la construction de leur projet, les joueurs doivent d'abord récupérer tous les matériaux utiles, comme il est nécessaire de le faire dans le monde réel. Ils peuvent ainsi extraire de la matière première, combiner des produits ou fabriquer du carburant pour leurs véhicules... Pour les pros du code, il est même possible de programmer des ordinateurs virtuels en html pour afficher du contenu à l'intérieur de ce monde ouvert.

Et puisque l'ambiance reste portée autour de la science-fiction, une grande partie de Dual Universe reste réservée à l'exploration spatiale, avec des voyages de planètes en planètes qui prennent en compte la physique de notre univers. «Il sera ainsi possible de voyager sur plusieurs jours réels avant d'atteindre une planète», souligne Jean-Christophe Baillie. Un souci du réalisme qui ne doit pas faire oublier qu'il s'agit d'un jeu vidéo, qui se doit de rester fun dans son état d'esprit, rappellent ses créateurs.

un modèle économique sur abonnement

Ces derniers misent d'ailleurs sur un accès sur abonnement, jusqu'à 120 euros pour 2 ans, en attendant la sortie officielle du jeu programmée pour 2020. «Il s'agit d'un modèle économique qui nous assure d'avoir des joueurs motivés, qui reviennent très régulièrement dans notre univers et s'y investissent personnellement», explique Olivier Derache, responsable du marketing et de la communication. Pour les pionniers de l'espace qui veulent élargir leur horizon, les inscriptions sont ouvertes.

Dual Universe, Novaquark, sur PC.

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