Shadow écrit le futur du cloud gaming avec un réseau social pour gamers

Grâce à la puissance du cloud et du réseau, il est possible de jouer avec un ordinateur distant sur tous types d'écrans. [© Shadow]

L'avenir du jeu vidéo s'écrit en France. Alors que les géants Google, Microsoft, Sony, Electronic Arts, Ubisoft et Nvidia annoncent ouvertement leur intention de s'orienter vers les contenus en streaming pour ce secteur, la start-up parisienne Shadow, anciennement Blade, en parle déjà au présent avec son service Shadow, qui compte 50.000 abonnées dans sept pays.

La jeune pousse organise jusqu'au samedi 1er décembre à Paris, son premier Shadow World, afin d'expliquer comment le cloud gaming va redéfinir les expériences vidéoludiques. Une technologie qui devraient se démocratiser très largement durant la prochaine décennie.

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Après être passée de 70 à 200 employés répartis entre l'Hexagone et les Etats-Unis en moins d'un an, Shadow a déballé ses projets avant Noël. A commencer par un nouveau réseau social ambitieux, entièrement pensé autour de ce que le cloud gaming peut apporter pour enrichir les parties entre joueurs. Alors que son service permet d'accéder à un PC virtuel à distance et promet des parties sans latence, même en 4K, sur n'importe quel type d'écran, la nouvelle plate-forme sociale Hive entend le compléter gratuitement.

Celle-ci sera lancée début 2019 et permet par exemple, sur un même écran, de jouer à plusieurs en streaming ou de voir ce que fait un autre joueur en temps réel. Un chat sera également disponible pour échanger et trouver des joueurs. Les contrôles d'un jeu pourront même être partagés entre plusieurs intervenants. Parallèlement, Hive arbore des fonctionnalités inédites pour pimenter les parties en ligne, en permettant d'ajouter des conditions spéciales à un jeu. L'affichage en streaming permet ainsi d'apposer des surcouches à l'image d'origine. Donner le sentiment de conduire en état d'ivresse dans un jeu de course, ajouter des effets de mosaïques à un jeu de plates-formes, changer la météo en ajoutant un filtre avec de la pluie ou de la neige dans un FPS... «Il s'agit de changer la donne du jeu en réseau en offrant de nouvelles manières d'interagir et de s'amuser, et surtout d'en supprimer les limites inhérentes au jeux en ligne actuels. Nous imaginons déjà la possibilité d'organiser par exemple des battle royale [NDR : comme Fortnite] avec 10.000 personnes et non pas seulement 100, grâce à la puissance du Cloud», commente Emmanuel Freund, président de Shadow.

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La start-up a notamment conclut un accord avec le studio Ubisoft Nadeo autour du jeu Trackmania Stadium. Celui-ci sera offert gratuitement pour tous les abonnés à Shadow, avec une map inédite, mais aussi l'ajout de toutes les nouveautés liées à Hive et la possibilité d'entrouvrir l'idée de voir converger des milliers de joueurs sur une même course.

Une idée finalement très proche de l'Oasis décrite dans le film Ready Player One, de Steven Spielberg (2018), où les joueurs se retrouvent pour partager des expériences. «Nous possédons aujourd'hui la meilleure technologie au monde sur le cloud gaming et il est d'ailleurs intéressant de savoir comment celle-ci va modifier le monde actuel, estime Emmanuel Freund. Le cloud gaming retire d'emblée l'obligation d'acheter d'un ordinateur puissant par un utilisateur, mais il va aussi bien au-delà en autorisant de nouvelles manières d'interagir sur le coplaying, comme nous avons pu le voir, et aura également, à termes, un impact sur l'intelligence artificielle, la réalité virtuelle ou augmentée et d'autres domaines».

Surtout, cette technologie entend faire oublier les consoles et PC sous leur forme actuelle. Pour preuve Google et son Project Stream, Microsoft et son Project xCloud ou encore les déjà opérationnels Nvidia GeForce Now et Sony PlayStation Now dessinent aussi l'idée d'offrir un service gaming inspirée des plates-formes vidéos Netflix, Amazon Prime Vidéo ou MyCanal. «Le but de ces services est d'offrir une console dématérisalisée, mais avec une bibliothèque de jeux fermée. Je pense en réalité qu'il y aura toujours une forme de scission entre leur vision et celle des utilisateurs de PC qui voudront un cloud plus ouvert pour différents usages. Nous travaillons à cela depuis deux ans et nous avons encore un an et demi pour pousser le cloud gaming en ce sens. Nous allons d'ailleurs nouer des partenariats avec différents groupes, car nous souhaitons éviter à tout prix qu'un seul acteur s'impose dans ce secteur et y dicte ses conditions. Nous avons une responsabilité, aujourd'hui, de défendre la liberté de créer et nous souhaitons devenir le premier «GAFA» français», conclut Emmanuel Freund.

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